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Les clubs belges bientôt les plus taxés d’Europe? L’idée de l’Open VLD qui menace la Pro League

Le football belge retient son souffle. Si l’idée d’Egbert Lachaert (Open VLD) de supprimer les avantages fiscaux des sportifs voit le jour, les clubs de notre championnat seraient de loin les plus taxés d’Europe. La Pro League a formulé une contre-proposition.

Une majorité semble se dessiner dans le monde politique flamand pour se pencher sur la question du statut ONSS privilégié dont bénéficient les salaires des footballeurs pros. Outre le CD&V et le sp.a, l’Open Vld a préparé une proposition de loi qui vise particulièrement le foot professionnel. Egbert Lachaert réclame notamment une forte augmentation du forfait actuel et un paiement de 10% de cotisations sociales sur les énormes sommes de transferts.

Pour rappel, un sportif paie actuellement 885 euros par mois de cotisations sociales, même si son salaire annuel dépasse le million d’euros. La charge fiscale des clubs belges est dans la moyenne. Pour payer un joueur avec un salaire de 300.000 euros (soit le salaire moyen de Pro League l’an passé), un club paie actuellement 502.117 euros. Le football belge occupe la dixième place en Europe.

Un vrai frein à la progression du football belge?

Mais si les avantages fiscaux sont abolis, le même joueur avec le même salaire net coûtera presque 400.000 euros de plus: on passerait à 892.000 euros, soit 245.000 euros de plus qu’en France, pays où les clubs sont actuellement les plus taxés.

L’impact sur la compétitivité de notre championnat serait énorme: difficile dans ces conditions d’attirer des joueurs réputés, comme cela a été le cas cet été, de conserver les meilleurs talents et de rapatrier des Diables, par exemple. Alors que la Pro League est en pleine ascension, avec une belle huitième place au classement UEFA, une telle loi pourrait la faire retomber dans l’anonymat du football européen.

Consciente que l’image du football belge est dégradée par le footgate, la Pro League est prête à faire des efforts, selon le CEO Pierre François. Une contre-proposition a déjà été établie: porter le plafond de l’ONSS de 28.000 à 60.000 euros et augmenter la contribution salariale des footballeurs à plus de 180.000 euros par an.

Le footballeur moyen contribuerait alors plus que la plupart des autres travailleurs. Le joueur paierait deux fois plus, et l’employeur cinq fois plus qu’actuellement, selon la DH. La Pro League précise qu’elle n’ira pas plus loin, et que cette contre-proposition n’est pas un point de départ des négociations. Affaire à suivre…