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Les mots de Klopp à Anfield, Genk, la vie sans club: Felice Mazzu à cœur ouvert

InterviewPrivé de banc pour le moment, c’est dans le fauteuil de consultant que Felice Mazzu entretient sa passion. “Couper totalement avec le milieu du foot, c’est impossible”, confie-t-il. Pas une simple formule. Trente minutes passées à ses côtés suffisent pour s’en assurer. Coup d’œil posé dans le rétro, constat lucide sur la situation actuelle et regard furtif vers l’avenir... Mazzu time. 

Une interview programmée un lundi, après un week-end foot et avant une soirée Ligue des Champions (ce mercredi soir dès 20h sur Club RTL), à première vue, l'agenda de Felice Mazzu n'a pas trop changé ces derniers mois. À première vue, seulement. En réalité, son quotidien a complètement basculé depuis le 12 novembre dernier et son départ de Genk. Un break forcé, mais salutaire après 25 années de banc rythmées par un emploi du temps surchargé? Pas vraiment. 

“Le microbe mourra en même temps que moi”

“Après la fin de l’aventure à Genk, je me suis dit que c’était le moment de profiter d’autres choses, de ne plus penser au football pendant un petit temps. Mais cela a duré un mois, pas beaucoup plus. Le microbe est là et il ne mourra qu’en même temps que moi. C’est impossible de couper totalement avec le milieu du foot”, entame Felice Mazzu. “Du côté de la famille, il y avait une attente et cela a fait du bien. Quand on entraîne, on ne voit pas souvent les enfants, on ne les suit pas dans leur quotidien. Ce break a permis également de redécouvrir des choses un peu oubliées”, poursuit-il avant d’ironiser. “Mais demandez à n’importe quelle femme qui est mariée depuis des années avec un homme qui n’est jamais là, quand il revient, c’est compliqué (rires).” 

Écarté temporairement des vestiaires, le Carolo n’a pas pour autant disparu de la sphère médiatique. Le silence assourdissant qui remplace la sonnerie répétée du téléphone, il ne le connaît pas et reste très sollicité par les journalistes. “Cela fait toujours plaisir d’être convoité par les médias. Cela prouve que malgré quelques mois difficiles, une autre partie du monde du sport vous fait encore confiance et a envie de vous voir. Mais je sais que l’objectif principal d’une interview pour la presse, c’est d’essayer de faire quelque chose de flash, qui accroche les spectateurs et je ne suis pas spécialement fan de ça. Vous n’aurez pas de déclaration tapageuse, aujourd’hui.”  

Pas grave, ce n’est pas ce que l’on était venu chercher. Notre seul souhait en amont de l’entretien, de la franchise et aucun botté en touche notamment à l’heure d’évoquer l’aventure limbourgeoise et les critiques liées à son approche jugée trop “amicale”. Un voeu exaucé. 

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Une approche trop amicale? Je ne couchais pas avec les joueurs”

Felice Mazzu

“ C’est paradoxal parce qu’à Genk, je n’ai pas été assez moi-même. J’ai toujours eu ce côté humain et cette attitude assez proche des joueurs. J’estime que le respect s’acquiert par la confiance et la communication, pas par la dictature. C’est particulièrement vrai pour les projets à long terme. J’ai toujours travaillé de cette manière, on ne me l’a jamais reproché et il y a toujours eu des résultats. Je ne sortais pas, je ne couchais pas avec les joueurs (sourire). Je ne faisais qu’entraîner et manger avec eux.  Les décisions étaient prises quand il le fallait. Quand un joueur devait prendre place sur le banc, c'était le cas. Mais quand vous ne faites pas des résultats conformes aux attentes, vous avez toujours tort.” 

Les attentes n’étaient-elles justement pas trop importantes alors que le club était en pleine reconstruction après un titre de champion? “ C’était une période compliquée, tout le monde le savait, avec des départs et l’élaboration d’un nouveau groupe. Il aurait fallu un peu plus de temps. Mais peut-être que dans un club comme celui-là, on n’a pas le temps”, philosophe l'ancien T1 du Racing qui ne regrette pas pour autant le choix posé l’été dernier. 

“Je ne me suis jamais dit que l’offre de Genk était un cadeau empoisonné. Je viens du milieu amateur, je n’ai pas eu de carrière professionnelle en tant que joueur. Cela ne fait que sept ans que j'ai investi le milieu pro comme entraîneur principal. Quand un club champion vous propose le poste de T1,et que vous avez l’ambition et l’envie de continuer à grandir,  vous ne pensez qu’au bonheur et au challenge qui  se présentent à vous.”

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Ce que Klopp m’a dit après le match à Anfield? F*** you!

Felice Mazzu

Trop courte, l'aventure à Genk a tout de même permis à Felice Mazzu de réaliser un rêve, découvrir de l'intérieur la Ligue des Champions. “J’ai ressenti beaucoup de fierté quand je me suis assis sur le banc d’Anfield. Quand on rentre dans un stade comme celui-là, on se souvient d’où on vient, de son parcours.”

Le meilleur souvenir de sa carrière? “ Sur le plan purement sportif, c’est la qualification européenne avec Charleroi. Mais en termes de fierté et de reconnaissance, oui, fouler la pelouse d’Anfield est le moment le plus marquant. J’ai un respect énorme pour Klopp. Il m’a félicité et a mis en avant les deux matches que l’on avait faits. “Il m’a dit ‘f*** you’ avec le sourire, avec respect. C’était un bon moment. On a mis Liverpool en difficulté. Cela ne m’a pas empêché d’être dehors une semaine plus tard." 

Jurgen Klopp et Felice Mazzu
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Jurgen Klopp et Felice Mazzu © Photo News

“Je suis au point zéro”

Très loin de Liverpool et de la C1, Felice Mazzu parcourait encore les stades de D3 belge (NDLR: l’actuelle D1 Amateur), il y a moins de dix ans. Une ascension fulgurante. “Ce parcours est magnifique, mais je relativise tout. Au moment où l’on se parle, je suis au point zéro. J’attends qu’un projet s’offre à moi avec un club qui me fasse confiance et qui respecte ma manière de travailler. Peu importe l’endroit.” 

“Une liberté totale sur RTL”

Consultant pour RTL depuis quelques semaines, Felice Mazzu loue “l’ambiance spéciale et familiale” de la chaîne privée et l’approche d’Anne Ruwet. 

“Anne a une manière de travailler qui met vraiment à l’aise. Même si on est coach et qu’on est habitué à avoir des gaillards devant nous, sur un plateau, c’est différent. Anne offre une certaine liberté. Les thèmes ne sont pas imposés et c’est très important quand on analyse un match car il y a des aspects et des paramètres que l’on reconnaît plus facilement ou que l’on connaît mieux. J’adhère complètement à sa manière de fonctionner.” 

Retrouvez Felice Mazzu et toute l’équipe, ce mercredi soir dès 20h10 sur Club RTL, pour suivre le choc entre le PSG et Dortmund.