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Dejan Veljkovic et Mogi Bayat, les deux agents au centre du footgate © DR.

Quels changements depuis l'éclatement du Footgate?

Triste anniversaire pour le football belge. Il y a un an jour pour jour, le scandale du Footgate éclatait avec une vague de perquisitions et d’interpellations. Depuis lors, des révélations, des inculpations, mais quels changements?

10 octobre 2018. Une journée noire dans l’histoire du football belge. 44 perquisitions sont menées dans notre pays dans le cadre d’une enquête sur de possibles faits d’organisation criminelle, blanchiment d’argent et corruption privée. Plusieurs clubs de D1A sont visités par les enquêteurs. Des personnalités de premier plan sont interpellées. Ivan Leko ainsi que les arbitres Delférière et Vertenten sont notamment privés de liberté. Mogi Bayat est arrêté à son domicile. 

Le séisme ébranle le microcosme du football belge durant plusieurs jours, semaines. Une révolution est annoncée. Est-elle vraiment en marche? “Les mesures concrètes ne sont pas vraiment développées, un an plus tard”, constate Het Laatste Nieuws. 

Le gouvernement flamand a rendu obligatoire l’enregistrement et le paiement d’une avance de 25.000 euros pour les agents qui souhaitent effectuer des transactions en Flandre. “Une goutte d’eau dans l’océan”, estime le quotidien néerlandophone qui précise que Mogi Bayat a été le premier à s’inscrire.

Bayat, à nouveau leader sur le marché

L'ancien dirigeant du Sporting de Charleroi a repris son activité d’agent et est parvenu à conserver son empire intact, ou presque. L'été dernier, il s’est une nouvelle fois érigé comme le leader absolu du marché en Belgique. Zulte Waregem l’a même convié à donner une conférence sur son métier.  

Entre-temps, la Belgian Federation of Football Agents (BFFA) est née. Les objectifs poursuivis? Baliser l’activité d'agent dans notre pays et tenter de prouver que Mogi Bayat et Dejan Veljkovic sont des exceptions. “Un des points très importants de notre programme est de trouver un accord avec la Pro League et l’Union belge sur les modalités d’un transfert. Qu’est-ce qu’un agent peut faire? Quel statut? Quel niveau de transparence doit-il avoir? On veut aller le plus loin possible”, avançait Jesse De Preter, président de l'association, à nos confrères de RTL Info en décembre dernier. 

Neuf mois plus tard, à peine, Christophe Henrotay, vice-président de la BFFA, est interpellé, soupçonné de blanchiment d’argent. 

“Nous avons immédiatement pris nos distances par rapport à cette affaire. J’ai quand même le sentiment que les choses ont effectivement changé”, commente Patrick De Koster, agent de Kevin De Bruyne, interrogé par Het Laaste Nieuws. 

“Une réglementation internationale s’impose”

“Plusieurs exemples le prouvent. Lorsque vous négociez un transfert avec le Club de Bruges, on vous demande de remplir un document reprenant plusieurs données précises. Et ce n’est pas le seul club à procéder de la sorte désormais. Anderlecht veut connaître au préalable les comptes bancaires sur lesquels les commissions seront versées. Les clubs ont aussi tendance à davantage filtrer les agents invités autour de la table des négociations. Ils sont beaucoup plus prudents”, poursuit Patrick De Koster. 

De son côté, la Pro League planche sur la “Clearing House” qui devrait faire son apparition lors de l'été 2020, avec un peu de retard. Son rôle? Contrôler les pratiques au sein du football belge et assurer une transparence maximale des mouvements financiers au bénéfice des agents, entre autres. 

“Les choses sont en train d'évoluer. Mais au niveau belge, vous ne pouvez pas opérer de grands changements. Une réglementation internationale s’impose”, conclut Peter Croonen, président de la Pro League.