Vandenhaute, Lefevere en Van Eetvelt.
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Vandenhaute, Lefevere en Van Eetvelt. © Joel Hoylaerts / Photonews

Révolution à Anderlecht: Coucke assure “avoir sous-estimé le défi”

Mise à jourLe Sporting d’Anderlecht a annoncé mardi une réorganisation complète de son organigramme. Karel Van Eetvelt, le patron actuel de Febelfin, a été nommé nouveau CEO du club par le conseil d’administration du RSCA alors que Wouter Vandenhaute sera son conseiller externe. Le bourgmestre bruxellois Philippe Close et Patrick Lefevere, manager de l’équipe cycliste Deceuninck - Quick Step, font aussi leur arrivée en tant que membres indépendants du conseil d’administration.Jo Van Biesbroeck et Michael Verschueren perdent leur sièges au conseil d’administration. Le fils de “Mister Michel” conserve toutefois son poste de directeur sportif. Marc Coucke assure avoir “sous-estimé le défi” anderlechtois.

Karel Van Eetvelt a annoncé mardi son intention de mettre fin à son mandat de CEO de Felbelfin le 31 mars prochain, afin de relever un nouveau défi en tant que CEO du RSC Anderlecht à partir du 1er avril. Le conseil d’administration de Febelfin a accepté sa démission, confirme la fédération su secteur bancaire par communiqué.

“Ses membres tiennent à remercier Karel pour les deux années et demi de collaboration intense et fructueuse et lui souhaitent beaucoup de succès pour ce nouveau défi”, souligne Febelfin.

Ambitions politiques

Febelfin, ses membres, son président et ses collaborateurs “m’ont accordé leur confiance et donné la chance non seulement de découvrir un secteur particulièrement complexe, mais aussi et surtout de pouvoir travailler avec ambition dans une ambiance collégiale à des projets passionnants qui doivent mener à une plus grande confiance du grand public envers le secteur financier”, a tenu a souligné M. Van Eetvelt.

Il y a quelques jours, l’homme avait pourtant révélé dans une interview qu’il préparait le lancement d’un mouvement politique “radicalement novateur”. L’ancien patron de l’Unizo avait également, un temps, été cité comme candidat potentiel à la présidence du CD&V. Karel Van Eetvelt remplacera ainsi Jo Van Biesbroeck à la tête du club anderlechtois. Il reçoit les pleins pouvoirs sur la gestion quotidienne du club. “Je suis convaincu que nous pouvons à nouveau offrir au club la stabilité opérationnelle nécessaire dans chacune de ses composantes”, a-t-il déclaré dans le communiqué du club.

Karel Van Eetvelt
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Karel Van Eetvelt © Photo News

Wouter Vandenhaute, annoncé comme candidat à la reprise du club fin 2017, devient lui le conseiller externe de Van Eetvelt. Président du conseil d’administration de De Vijver Media (Woestijnvis ainsi que les chaînes VIER, VIJF, ZES), il “voudrait contribuer à refaire du RSC Anderlecht un club dont la victoire est la culture”.

Patrick Lefevere pas au courant

Non content d’ajouter Van Eetvelt et Vandenhaute à son organigramme, Marc Coucke s’est attiré les services de Philippe Close et de Patrick Lefevere. L’arrivée au conseil d’administration de Close (PS), bourgmestre de Bruxelles depuis 2017, “souligne l’importance de l’ancrage bruxellois du RSC Anderlecht”, selon le porte-parole de ce dernier. Le bourgmestre a été flatté par l’appel de Marc Coucke. “Il est fan de longue date. Il siégera comme indépendant et ne sera pas payé pour cela”, souligne sa porte-parole. La question d’un nouveau stade n’est pour autant pas à l’ordre du jour. Le rôle exact du bourgmestre au sein du conseil d’administration n’a pas encore été précisé.

Homme fort de la formation cycliste à succès Deceuninck - Quick Step depuis des années, Patrick Lefevere devra apporter son expertise au club de Saint-Guidon. “Patrick Lefevere a toujours fait de son équipe cycliste une marque forte, grâce à la combinaison de sa connaissance du monde du cyclisme avec son grand feeling commercial”, pouvait on lire dans le communiqué.

Patrick Lefevre devient donc un membre indépendant du conseil d’administration du RSC Anderlecht. “Honnêtement, j’étais surpris par la demande”, a réagi le patron de Deceuninck-Quick Step. “Mais si on veut faire appel à mes connaissances, je le ferai avec plaisir. Je ne vais pas restructurer le club, je ne suis qu’administrateur. Je donnerai mon avis si on me le demande. Si je serai payé pour le faire? C’est une bonne question, je n’en sais rien.”

Patrick Lefevere a été pris de court par les médias ce mardi. “Je n’étais moi-même pas encore au courant”, confie-t-il. “Jusqu’à ce que les médias me demandent pourquoi j’allais exercer cette fonction. Il y a donc dû avoir une fuite. J’ai eu un contact avec Wouter Vandenhaute la semaine passée qui m’a demandé de devenir administrateur. J’étais surpris mais cela m’intéressait. Je connais Wouter depuis 20 ans et je connaissais Marc (Coucke) aussi via le vélo et ce contact n’a jamais disparu. C’est une décision importante et je pense qu’il va se mettre un peu plus en retrait. Officiellement, on devait me nommer aujourd’hui et me tenir au courant si j’étais accepté. Maintenant, je l’ai appris plus rapidement avec les médias.”

“Je ne serai pas au club tous les jours”

“Pour être clair, je ne serai pas au club tous les jours”, a ajouté Lefevere. “Le CEO, c’est Karel Van Eetvelt et je ne suis qu’un membre indépendant du conseil d’administration. Je n’ai aucun droit de décision. On fait appel à mes connaissances car je gère une équipe cycliste avec succès depuis longtemps. Anderlecht connaît des moments difficiles mais je peux peut-être apporter quelque chose.”

Malgré son travail qui lui prend beaucoup de temps chez Deceuninck-Quick Step, Lefevere est persuadé d’avoir le temps pour combiner les deux fonctions. “Je peux compter sur les bonnes personnes et je sais que mon équipe est entre de bonnes mains. Ne vous attendez cependant pas à ce que je sois présent à chaque match ou qu’Anderlecht joue mieux grâce à moi. Je ne peux changer grand-chose sur le terrain”, assure-t-il.

Lefevere est-il supporter d’Anderlecht? “J’entends cela souvent mais ce n’est pas le cas. Dans le passé, j’accompagnais des sponsors dans les loges du club et je m’entendais bien avec le papa d’Olivier Deschacht. Ces derniers temps, j’étais plus souvent dans les tribunes de Bruges peut-être grâce aux liens avec Latexco et Deceuninck en Flandre Occidentale.” 

Patrick Lefevere
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Patrick Lefevere © Photo News

“Modernisation”

Arrivé à la tête du Sporting bruxellois en décembre 2017, Marc Coucke opère donc un nouveau virage alors que son équipe végète à la 9e place du championnat vingt-deux longueurs derrière le Club de Bruges. Il est convaincu que “l’arrivée de ces quatre figures de proue issues de différents secteurs” va permettre au club de franchir de nouvelles étapes.

“Avec l’arrivée, entre autres, de Karel et Wouter, nous pouvons désormais encore plus façonner notre organisation, la moderniser davantage structurellement et nous replacer stratégiquement et sportivement sur la voie du sommet du football belge”,

Philippe Close
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Philippe Close © BELGA

Coucke: “J’ai sous-estimé le défi” 

Marc Coucke, a réagi mardi auprès de Sporza à la révolution de palais. “Il y a quelques mois, j’ai envoyé à Wouter Vandenhaute un message disant que nos dîners ensemble me manquaient et nous avons donc repris le fil. Sa passion pour le club est restée intacte, même s’il m’a tout de suite fait comprendre qu’il n’aimait pas un rôle opérationnel ni un rôle d’administrateur. Mais nous avons continué à parler avec un esprit ouvert et cela a abouti au plan que le conseil d’administration a approuvé aujourd’hui. Et je suis personnellement très heureux de cela”.

“J’ai été ouvert et honnête avec Wouter sur la façon dont j’ai sous-estimé ce défi,” a continué Coucke. “J’ai dû prendre la décision d’acheter Anderlecht rapidement. La procédure de vente a été très courte. J’ai décidé de prendre une partie de mon équipe d’Ostende à Anderlecht. En partie à cause de la situation à Anderlecht à l’époque, cela n’a pas fonctionné”.

Pour Coucke, l’une des exigences de l’entretien a été de se faire une idée de le “projet Kompany”. “L’arrivée de Vincent Kompany, je l’ai toujours soutenue” a clairement rappelé le président anderlechtois. “Vincent est l’un des plus grands joueurs de football que la Belgique ait jamais eu et il a un coeur énorme pour le club. L’impact psychologique de son choix pour le RSCA a été et est toujours très important et il a donné de l’espoir à toute la famille d’Anderlecht. Dans les conversations avec Wouter et Karel, j’ai remarqué qu’ils regardent le projet de Kompany de manière positive et constructive, et n’ont pas l’intention de jeter l’enfant avec l’eau du bain. Il ne s’agit donc pas d’un nouveau changement de cap, mais d’un nouveau pas dans la même, bonne direction”.

“Si la transparence est totale, il ne peut y avoir de conflit d’intérêts”

Les activités de Wouter Vandenhaute, qui sera le conseiller externe de Karel Van Eetvelt à Anderlecht, ont suscité plusieurs questions lors de la première rencontre entre le futur CEO et la presse depuis l’annonce de sa nomination, mardi au Lotto Park. “Je le comprends, mais je connais sa manière d’agir, je ne me fais donc aucun souci”, assure M. Van Eetvelt.

Wouter Vandenhaute, candidat malheureux à la reprise du Sporting il y a deux ans, arrive finalement au club. Cet homme de médias - président du groupe De Vijver (soit Woestijnvis, société qui produit les matchs de Pro League, ainsi que les chaînes VIER, VIJF, ZES) - et de sport - propriétaire des plus grandes courses cyclistes flamandes - sera le conseiller du nouveau CEO des Mauve et Blanc.

“Wouter a une très grande expérience et il a une vision stratégique à long terme”, loue Karel Van Eetvelt.

Mais il aussi lancé en mai 2018 “Let’s Play”, une société d’accompagnement des sportifs de haut niveau, avec notamment l’ancien entraîneur de jeunes d’Anderlecht Peter Smeets. Celle-ci gère désormais les intérêts d’une vingtaine de joueurs, parmi lesquels Youri Tielemans, Vadis Odjidja et Benito Raman.

“Il faudra effectivement être très attentif, dès le début, à ce qu’aucun conflit d’intérêts ne puisse survenir”, a concédé Karel Van Eetvelt devant la presse, enjoignant même cette dernière à se montrer attentive à la question. “N’hésitez pas me ‘challenger’ sur le sujet, à m’interroger si vous avez une question sur une décision.”

“L’important est que tout soit parfaitement transparent. Si on dit tout, il ne peut pas y avoir de conflit d’intérêts. Je n’ai aucune inquiétude quant à un éventuel problème que cela poserait à la Pro League ou à la FIFA”, assure le nouveau CEO. “D’ailleurs, avec le travail que “Let’s Play” a réalisé depuis une vingtaine de mois, je ne pense pas qu’ils aient besoin d’Anderlecht”, a-t-il conclu.