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Marseille, ce dimanche. Des supporters de l’Algérie fêtant la victoire de leur équipe. © AFP

282 interpellations en France après la victoire de l'Algérie à la CAN

Mise à jourUn total de 282 personnes ont été interpellées dimanche soir et durant la nuit, principalement lors des heurts intervenus dans plusieurs villes de France en marge des célébrations de la qualification de l’Algérie pour la finale de la CAN, la Coupe d’Afrique de football, a annoncé lundi le ministère de l’Intérieur.

Sur ces 282 personnes, 249 ont été placées en garde à vue, selon un bilan du ministère réalisé à 06H00. Certaines interpellations concernent des débordements lors de festivités du 14 juillet.

A Paris notamment, la situation s’était tendue durant la nuit de dimanche à lundi sur et aux abords des Champs-Elysées, avec des interventions des forces de l’ordre pour disperser la bruyante foule de supporters de l’Algérie venus manifester leur joie après la victoire in extremis, sur le score de 2-1, des Fennecs face au Nigeria dimanche soir au stade international du Caire.

Des jets de pétards et de projectiles sur les policiers

Après des scènes de liesse et des concerts de klaxons, la situation s’est un peu dégradée, avec des jets de pétards et de projectiles sur les policiers, mobilisés en nombre face à l’éventualité d’incidents. Des jeunes ont aussi renversé des scooters et des barrières. La police a de son côté fait usage de gaz lacrymogène.

À Marseille aussi, les forces de l’ordre ont riposté aux jets de projectiles avec des tirs de gaz lacrymogène.

50 personnes ont été interpellées rien que dans la capitale dans la soirée, et 202 ont fait l’objet de “vidéoverbalisation” pour des conduites dangereuses de véhicules, a indiqué la Préfecture de police.

Jeudi dernier, les rassemblements de supporters célébrant la victoire de l’Algérie en quart de finale avaient déjà été ternis par des incidents. 

“Leurs victoires sont nos cauchemars”

Le porte-parole du Rassemblement national (ex-FN) Sébastien Chenu a dénoncé lundi un “14-juillet de la honte”, après les heurts. “J’ai le sentiment d’un 14-juillet qui était un 14-juillet de la honte du début jusqu’à la fin”, a  critiqué le porte-parole du RN, en citant aussi le président de la République conspué avant le défilé, les Black Blocks qui ont “dévasté les Champs-Élysées”, des “opposants politiques arrêtés alors qu’il n’y avait rien”.

“Leurs victoires sont nos cauchemars. À chaque fois qu’il y a un match avec l’Algérie, et depuis un certain nombre d’années, Manuel Valls Premier ministre à l’époque l’avait déjà condamné, à chaque fois il y a des problèmes”, a critiqué le député du Nord.

“Je note qu’il n’a pas de problèmes lorsque nos compatriotes qui sont d’origine italienne, portugaise etc, choisissent de fêter la victoire d’une équipe qui leur tient à cœur”, a-t-il ajouté.

“On a le sentiment, non pas d’un patriotisme algérien mais d’un rejet de ce qu’est la France, c’est-à-dire les gens qui manifestent, non pas une liesse populaire mais une liesse algérienne sur les Champs-Élysées, en réalité, se sentent plus algériens que français”, a-t-il déploré.

“Il n’y a pas de casse en Algérie lorsque l’équipe d’Algérie gagne, il n’y a pas ce type d’incidents, ça se passe très bien parce que je pense que le pouvoir algérien ne tolérerait pas cela”, a encore tenu à souligner M. Chenu.