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Chantage à la sextape de Valbuena: la Cour de cassation examinera l'affaire en assemblée plénière

Le "stratagème" policier dans l'enquête sur le chantage à la sextape de Mathieu Valbuena, dans laquelle Karim Benzema est mis en examen, était-il "déloyal"? La Cour de cassation a renvoyé l'affaire mercredi en assemblée plénière, sa formation la plus solennelle.

La chambre criminelle de la Cour a ordonné "le renvoi de l'affaire devant l'assemblée plénière de la Cour de cassation", indique en effet l'arrêt rendu par la plus haute juridiction judiciaire, dont l'AFP a obtenu copie. En juillet 2017, celle-ci avait donné raison à la défense en préconisant l'annulation d'un pan de la procédure.

Mais la cour d'appel de Paris lui a résisté en validant l'enquête en novembre 2018, ouvrant ainsi la voie à un procès. Elle a en effet rejeté la requête en nullité déposée par l'attaquant du Real Madrid, qui dénonçait les agissements sous couverture d'un policier s'étant présenté comme un intermédiaire entre Valbuena et les personnes soupçonnées d'être les maîtres-chanteurs.

Rejet des pourvois “pas envisageable”

La défense de Benzema, mais aussi celles de Younes Houass et Karim Zenati, deux autres mis en examen dans ce dossier, ont alors formé un pourvoi en cassation, examiné le 9 mai dernier. Lors de cette audience, l'avocat général avait préconisé de déclarer irrecevable le pourvoi de M. Houass et demandé pour les deux autres une saisine de la Cour en formation plénière ou, à défaut, un rejet de leurs pourvois.
Patrice Spinosi, avocat de MM. Benzema et Zenati, avait, lui, déploré le fait qu'"on refa(sse) le match" avec des "arguments déjà entendus". Pour lui, un rejet des pourvois n'était "pas envisageable".

Pour Frédéric Thiriez, avocat de Mathieu Valbuena, en revanche, il n'y a "rien de condamnable dans les procédés utilisés par le policier". Cette affaire, dans laquelle six personnes sont mises en examen, a coûté sa carrière internationale à Benzema, plus jamais rappelé en Bleu depuis novembre 2015, tout comme à Valbuena qui évolue aujourd'hui en Turquie.

Outre l'attaquant vedette du Real Madrid, cinq autres personnes sont mises en cause, dont l'ex-international Djibril Cissé. Les hommes considérés comme les cerveaux du chantage, Mustapha Zouaoui et Axel Angot, deux hommes gravitant dans le milieu du football, sont soupçonnés d'avoir dérobé la vidéo intime de Mathieu Valbuena et d'avoir essayé d'en tirer profit. On leur reproche d'avoir tenté d'approcher Valbuena d'abord par le biais de Djibril Cissé, puis par Younes Houass -qui échangeait avec "Lukas", le policier agissant sous couverture- et enfin via Benzema en contactant son ami d'enfance Karim Zenati, lui aussi mis en examen.