Plein écran
© Getty Images/iStockphoto

Des matches personnalisés depuis votre canapé: le futur du foot à la télé

À quoi ressemblera la vision d’un match de foot dans le futur? L’entreprise EVS, spécialisée dans les ralentis sportifs, et ses partenaires Barco et Showtex ont levé un coin du voile lors de la récente mission économique belge en Chine. Le mot d’ordre? Immersion. Confortablement installé dans votre salon, vous aurez notamment la possibilité de jouer les réalisateurs et de choisir l’angle de vue que vous souhaitez pour (re)voir une action. Des données sensorielles comme l'état de fatigue ou de stress d’un joueur sont également appelées à apparaître sur vos écrans. 

Regarder un match de foot à la maison vous ennuie? Vous vous sentez passif et peu impliqué devant le spectacle proposé? Cela sera bientôt terminé. “À l’avenir, les amateurs de foot visionneront les rencontres de manière plus personnalisée. L’idée, c’est de donner des informations supplémentaires pour alimenter l’histoire que l’on raconte en direct”, entame Sébastien Verlaine, responsable marketing et communication chez EVS. 

Spécialisée dans la collecte et le traitement d’images, l’entreprise liégeoise œuvre lors d'événements sportifs de renommée internationale comme la Coupe du Monde de foot ou les Jeux Olympiques. “On recueille des images, des données et on les assemble. On le fait essentiellement pour la télévision. Mais notre technologie est également disponible dans certains stades, à Lyon et au Parc des Princes, notamment. Les supporters qui disposent de l’application du stade concerné peuvent revoir instantanément une action ou choisir un angle de vue différent de l’emplacement auquel il se trouve.” 

Dans la peau d’un réalisateur

Des options qui tendent à se développer et qui devraient, à l’avenir, renforcer le sentiment d’immersion du téléspectateur, resté à la maison. Lors d’une diffusion classique, à peine 10% des images disponibles sont utilisées. Devant son écran, il pourra opérer en direct des choix différents de ceux posés par le réalisateur. 

“C’est surtout vrai pour les amateurs de foot adeptes du multi-tasking, principalement les jeunes. Mais il y a plusieurs profils de supporters. Celui qui est à fond dans le match et qui n’a pas envie d’être distrait va plutôt décider de revoir un but ou une action à la mi-temps ou à la fin du match”, poursuit Sébastien Verlaine. 

“Aujourd’hui, nous fournissons déjà des solutions qui permettent d’avoir accès à ce genre de contenus sur des smartphones et tablettes. C’est publié sur l’application en moyenne deux minutes après l’action. Cela fonctionne bien puisque les écrans sont tactiles.” 

Et pour la télé? “À partir du moment où vous disposez d’une télé connectée, d’une application dédiée et que vous pouvez choisir les angles de vue proposés via la télécommande ou de manière tactile... C’est possible. Mais nous sommes dépendants de la volonté des clients (NDLR: les diffuseurs des matches de foot, par exemple) car nous ne développons pas les applications. On se contente de mettre à disposition les images et données." 

Plus d’images, plus de polémiques?

Outre celui de réalisateur, vous pourrez aussi endosser le costume d’arbitre vidéo. Devant votre écran vous serez confronté à une multitude de prises de vue, à vous de choisir celle qui vous permet d'apprécier au mieux une phase litigieuse. 

De quoi exacerber, sur les réseaux sociaux notamment, les polémiques liées à l’arbitrage? “Je ne suis pas d'accord. Les polémiques existent déjà sans cette technologie. Et puis, il faut savoir que même lorsque vous regardez une diffusion classique, vous n'avez pas toujours accès aux mêmes images que celles visionnées par les opérateurs et arbitres du VAR. Pourquoi? Car les technologies sont différentes. La question qu’il convient réellement de se poser, c’est comment mieux intégrer la production TV à l’utilisation du VAR.” 

Une plus grande immersion

En complément des images, de nouvelles données sont susceptibles d’enrichir à l’avenir l’expérience du téléspectateur. “On travaille sur des solutions qui permettraient de détecter ce qui est relatif à l’aspect sensoriel. L’état de fatigue ou de stress d’un joueur pourrait faire partie des informations mises à disposition. Un état calculé notamment grâce à son rythme cardiaque ou à la quantité de transpiration relevée sur son maillot à un moment précis.”

L’objectif? Donner au téléspectateur une idée beaucoup plus claire de ce qui est en train de se passer sur le terrain. “Il est beaucoup plus immergé dans l’événement. Si vous voyez qu’un joueur s’apprête à frapper un penalty à la 92e minute et qu’on vous indique qu’il est fatigué ou stressé, cela va renforcer l’excitation derrière votre écran. Plus vous ajoutez des données à l’image, plus vous pouvez vous immerger." 

Cette interactivité, c’est pour quand? “À l’exception du domaine sensoriel, tout est déjà plus ou moins en place. Cela peut aller assez vite de notre côté. Nous développons la technologie, mais il faut qu’il y ait une demande.”