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Le Premier ministre albanais dénonce une "décision politique" de l'UEFA

Le Premier ministre albanais Edi Rama a jugé vendredi la décision de l'UEFA de donner match gagné à la Serbie 3-0 sans les trois points de la victoire, comme une "décision politique" mettant à égalité la partie responsable des incidents et celle qui en fait les frais.

"L'UEFA a pris une décision politique", a déclaré M. Rama lors d'une conférence de presse convoquée à Tirana pour commenter les décisions de l'instance disciplinaire du football européen.

"L'UEFA a (donné) égalité entre l'agresseur, le responsable des violences physiques, et l'impossibilité physique et psychologique (des joueurs albanais) de continuer le match", a-t-il poursuivi.

"Aujourd'hui, la justice n'a pas été rendue. La Fédération nationale (albanaise, ndlr) a très bien fait d'entamer un combat en justice", avait auparavant écrit le Premier ministre sur son compte Twitter, en référence à l'appel de la fédération albanaise.

M. Rama a indiqué que la décision d'infliger aux deux fédérations, serbes et albanaise, une amende de 100.000 euros chacune était injuste, rappelant que la Serbie, pays hôte, était seule responsable de l'organisation et du bon déroulement de la rencontre à laquelle n'assistaient pas les supporteurs albanais

L'UEFA n'a pas tenue compte, a poursuivi M. Rama, "du racisme et de la violence ouvertement manifestés pendant le match" par les supporteurs serbes.

Les faits s'étaient produits après le survol du stade par un drone auquel était accroché un drapeau d'une carte de la "Grande Albanie", projet nationaliste visant à regrouper dans un même État les communautés albanaises des Balkans alors que la rencontre se disputait sans supporteurs albanais, sur recommandation de l'UEFA.

L'apparition de cet étendard avait mené à une explosion de colère des supporteurs serbes dont certains ont lancé des fumigènes et d'autres objets sur la pelouse. Une énorme bousculade s'en était suivie avec des scènes de pugilat entre joueurs et spectateurs.