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Niki Lauda a frôlé la mort lors du GP d’Allemagne en 1976. © Capture d'écran YouTube

Le terrible accident qui a changé la vie de Niki Lauda

Le triple champion du monde de Formule 1 Niki Lauda s'est éteint paisiblement ce lundi à l’âge de 70 ans. La compétition reine du sport automobile a perdu l’une de ses légendes. Outre ses trois couronnes mondiales, le Viennois est un miraculé de la F1. Les images de son terrible accident lors du GP d’Allemagne en 1976 sont encore dans toutes les mémoires. Un drame qui l’a marqué pour le restant de sa vie.

Titré pour la première fois à 26 ans en 1975, Niki Lauda poursuit sur sa lancée la saison suivante et écrase la concurrence. Lorsque le cirque de la Formule 1 débarque sur le redoutable circuit du Nürburgring, le pilote Ferrari est l’incontestable leader du championnat après avoir remporté quatre des neuf premiers GP, plus une victoire sur tapis vert après la disqualification de son rival James Hunt à Silverstone. Avant le Grand Prix d’Allemagne, Lauda compte 31 points d’avance sur Jody Scheckter et 35 sur James Hunt et est bien parti pour conserver sa couronne mondiale.

À l’époque, le terrible circuit de l’Eifel, long de quelque 22,8 kilomètres et une centaine de virages, est considéré comme l’un des plus dangereux du championnat. La pluie intense prévue durant le week-end apportant encore davantage de risques, plusieurs pilotes, dont Lauda, s’opposent au maintien de la course, la dernière sur la Nordschleife avant un déménagement à Hockenheim dès l'année suivante. Après un vote des pilotes, la course est finalement maintenue, à une voix près.

Lauda, un courage à toute épreuve

Parti en pneus pluie, Niki Lauda rentre aux stands à l’issue du premier tour pour chausser des pneus slicks. Suite au bris d’une biellette de suspension, endommagée plus tôt au cours d’un choc, l’Autrichien perd le contrôle de sa Ferrari et tape l’extérieur de la piste avant de rebondir en plein milieu de la trajectoire où elle est percutée par d’autres concurrents à pleine vitesse. Sa voiture s’embrase. Lauda, le casque arraché lors du choc, ne peut rien faire et semble condamné à la mort. Prisonnier des flammes durant plus d’une minute, le champion du monde est sorti de cet enfer par plusieurs pilotes: Arturo Merzario Brett Lunger, Guy Edwards et Harald Ertl.

Transporté à l’hôpital, Lauda est gravement brûlé au visage. Néanmoins, les médecins sont davantage inquiets quant à l'état de ses poumons en raison des fumées toxiques inhalées. Ses reins ont aussi été gravement endommagés. Tout espoir semble perdu, si bien qu’un prêtre se rend même à son chevet pour lui administrer les derniers sacrements. Pourtant, six semaines plus tard, il prend à la stupéfaction générale le départ du Grand Prix d’Italie malgré sa souffrance, et de graves lésions au visage. Avec l’ambition de conserver son titre mondial, lequel semble promis à James Hunt et sa McLaren. À la veille de la dernière course disputée sur le circuit de Fuji au Japon, Niki Lauda compte encore trois points d’avance sur son rival anglais. Mais les trombes d’eau qui s’abattent sur le circuit de Fuji poussent l’Autrichien à se retirer de la course, offrant dès lors le titre à Hunt, sacré pour l’unique fois de sa carrière.

Pour certains observateurs de la F1, Niki Lauda est fini pour le haut niveau. Le Viennois leur donnera tort, et de quelle manière, en remportant à nouveau le championnat dès la saison suivante, en 1977 (avec Ferrari), et une troisième et dernière fois en 1984, au volant d’une McLaren.

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Le 12 septembre 1976, Niki Lauda annonce à la surprise générale qu’il compte participer au GP d’Italie, six semaines seulement après son accident. © AP
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James Hunt et Niki Lauda lors du GP du Japon, dernière manche de la saison 1976. © AP
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Niki Lauda et James Hunt en 1976, après l'accident du pilote Ferrari. © kos
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Niki Lauda en 1976, avant son accident. © kos