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Amsterdam aussi en a marre des touristes: allez ailleurs!

Après Barcelone, Venise et Dubrovnik (Croatie), c'est au tour d'Amsterdam de prendre des mesures "anti-touristes"...

L'heure n'est plus à la fête. Après des années de célébrations nocturnes insouciantes, certaines villes haussent désormais le ton contre les incivilités touristiques et les excès en tout genre. Barcelone et Venise ont sonné la charge, d'autres leur emboîtent le pas. Dernière destination en date: Amsterdam. 

Week-ends (trop) festifs
Bien connue des visiteurs pour ses canaux, ses ruelles pittoresques, ses musées, son Quartier Rouge, ses "coffee shops", Amsterdam possède tous les atouts pour un week-end festif à outrance. Si la capitale culturelle néerlandaise a ouvert les bras au tourisme pendant dix ans, son succès prend aujourd'hui des proportions incontrôlables: 18 millions de touristes par an et une projection estimée à 23 millions pour 2030. De quoi inquiéter logiquement les 850.000 résidents amstellodamois permanents. 

"Déluge" touristique
Régulièrement victimes de ce "déluge", les autochtones aux premières loges en voient de toutes les couleurs: canettes, bouteilles, déchets alimentaires, urine, excréments, vomi, etc. Sans parler du vandalisme, comme le confie Els Iping, 64 ans, au quotidien britannique The Guardian. La semaine passée, cette résidente a surpris plusieurs hommes, complètement ivres et affublés de robes roses, en train de déraciner les plantes de son jardin. Un "incident" malheureusement banal dans le centre-ville, confie, blasée, la principale concernée: "Le pire, c'est le vomi dans les jardinières. Parce qu'on ne peut pas se contenter de rincer, il faut l'enlever à la cuillère", ajoute-t-elle, dégoûtée. 

"Touriste" dans son propre quartier
Les cris assourdissants et les chants alcoolisés "animent" le quotidien des habitants du centre. Les commerces de proximité sont peu à peu remplacés par des boutiques opportunistes, scrupuleusement adaptées aux besoins du visiteur de base. Conséquence? Le sentiment pénible de devenir le touriste de son propre quartier. Comble de l'ironie, les touristes eux-mêmes, commencent à se plaindre de la situation. Car, manifestement, Amsterdam est devenu un parc d'attractions à ciel ouvert et perd de son authenticité.   

La municipalité réagit enfin
Contrôle des locations Airbnb, limitation des nouveaux projets hôteliers, taxe de séjour revue à la hausse, la municipalité a enfin décidé d'intervenir pour stopper l'hémorragie et répondre aux revendications de la population. Les pouvoirs locaux vont aussi désormais freiner l'octroi de permis aux initiatives touristiques déjà en surnombre dans plusieurs quartiers: "Nous avons conscience désormais que nous devons reprendre le contrôle", explique le conseiller municipal chargé de l'économie, Sebastiaan Meijer, relayé par Le Monde

Overdose touristique
Parmi les causes du problème, les compagnies aériennes bon marché endossent une part de responsabilité en facilitant les séjours dans ces destinations "classiques" que sont Barcelone, Amsterdam, Londres, Edimbourg, Rome, Berlin, Prague, Budapest, Dublin, etc. Autant de points de chute devenus en quelques années des modèles de "beuveries" organisées. Mais jeter la pierre à Ryanair, easyJet & co serait en revanche trop facile.

Changer les mentalités
Ne serait-il pas tout simplement temps de revoir sa façon de voyager, de privilégier la découverte à l'offre de masse? D'oser Gênes, Sienne, Bologne, Matera plutôt que Rome ou Venise? Valence, Salamanque, voire Gérone pour laisser souffler Barcelone? De tenter Hambourg, Munich ou Leipzig plutôt que Berlin? Utrecht, Maastricht, Rotterdam, Delft, Groningue plutôt qu'Amsterdam? D'opter pour Belfast, Bristol, Brighton, Newcastle, Manchester, Glasgow pour "désengorger" Londres et Edimbourg? De choisir Ljubljana, Timisoara, Sofia, Belgrade ou Split plutôt que d'imaginer Dubrovnik comme seule possibilité à l'est de l'Adriatique?

Élargir son horizon
L'effort ne semble pas insurmontable. D'autant plus que l'alternative ne se contente ici QUE de mentionner d'autres (grandes) villes européennes, dans l'optique d'un "city trip" abordable sans prérequis indispensables. Car si l'Europe est petite, les possibilités ne manquent pas, à tel point qu'une vie ne suffirait pas: mais pour élargir son horizon, une remise en question s'impose...

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