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Léa Drucker récompensée pour "Jusqu'à la garde". © belga

Aux César, "Jusqu'à la garde" meilleur film, le sacre de "Ni juge, ni soumise", rien pour Virginie Efira

Le film choc sur les violences conjugales "Jusqu'à la garde" de Xavier Legrand a remporté le César du "Meilleur film" vendredi soir à Paris. Le long métrage est le grand vainqueur de l'édition 2019 en remportant quatre prix. La Belgique a été récompensée avec notamment l'attribution du César du "Meilleur film documentaire" à "Ni Juge, ni soumise" de Jean Libon et Yves Hinant, production consacrée à la juge d'instruction Anne Gruwez.

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"Jusqu'à la garde", premier long métrage de Xavier Legrand et film marquant sur un sujet de société difficile, a reçu quatre prix, dont la récompense suprême, le César du meilleur film, et celle pour la meilleure actrice, Léa Drucker.

Celle-ci incarne Miriam une mère de famille fragile mais vaillante dans ce fim. Très émue, l'actrice de 47 ans a appelé à réagir face aux violences et rendu hommage aux femmes violentées ainsi qu'aux militantes féministes. "Il serait temps de penser aux victimes à un autre jour que le 25 novembre", journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, a également enjoint le réalisateur récompensé.

"Shéhérazade" et ses meilleurs espoirs

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Dylan Robert meilleur espoir masculin. © epa
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Kenza Fortas, espoir féminin. © belga

"Shéhérazade", histoire d'amour à Marseille entre un caïd et une jeune prostituée, a reçu vendredi soir le César du meilleur premier film, tandis que ses deux interprètes principaux, Kenza Fortas et Dylan Robert, ont été récompensés par ceux des meilleurs espoirs féminin et masculin.

"À tous ceux qui galèrent"
"Je dédie ce film à tous les gens qui galèrent", a lancé le réalisateur Jean-Bernard Marlin en recevant son prix. "Pour moi, avoir le César, c'est une bienvenue dans le monde professionnel du cinéma", avait dit un peu plus tôt Dylan Robert, ex-petit caïd passé par la case prison devenu acteur, en jouant un rôle qui lui ressemble.

"J'étais incarcéré"
Pour son premier long métrage, tourné avec des interprètes non-professionnels, Jean-Bernard Marlin a fait huit mois de castings sauvages dans des foyers de la cité phocéenne ou à la sortie des prisons. Ils aboutissent à la rencontre de Dylan Robert, qui tient le rôle principal, celui de Zachary. "J'étais incarcéré. Une éducatrice m'a parlé du casting", racontait à l'AFP ce jeune homme de 18 ans à Cannes, où le film a été présenté dans la section parallèle de la Semaine de la critique.

"Minot" à l'accent chantant
A peine libéré, le "minot" à l'accent chantant a obtenu le premier rôle du film de Jean-Bernard Marlin. Dans ce film couronné à Angoulême et Prix Jean-Vigo 2018 (ex aequo avec "Un couteau dans le coeur"), il est un jeune qui sort de prison. Il rencontre Shéhérazade, incarnée par Kenza Fortas, une jeune prostituée qu'il va prendre sous son aile avant de tomber amoureux.

"Suivre mes impulsions"
"JB (le réalisateur, ndlr) m'a demandé de suivre toutes mes impulsions", raconte le jeune acteur, bluffant de fougue et de naturel sur grand écran. Rien ne prédestinait non plus aux plateaux de cinéma Kenza Fortas, une jeune Marseillaise qui vivotait après avoir quitté l'école à 16 ans, qui est devenue Shéhérazade.

Kenza Fortas crève l'écran
A l'écran, le naturel incroyable et l'aplomb de cette petite brune, à l'accent marseillais prononcé, crève l'écran. Comme Dylan Robert, elle a été recrutée lors d'un casting sauvage. Pour jouer cette prostituée évoluant dans un milieu où les sentiments n'ont pas droit de cité, la jeune fille, alors 17 ans, a travaillé de longs mois avec l'équipe et le réalisateur Jean-Bernard Marlin.

"On s'aime avec la haine"
"Chez nous, l'amour c'est la haine, on s'aime avec la haine. C'est pour cela que c'est difficile de dire je t'aime", expliquait à l'AFP celle qui a longtemps vécu, avec sa mère, dans un camp de gitans après un passage dans un foyer. En salles, ce film salué par la critique a attiré environ 130.000 spectateurs.

Les récompenses belges

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La production belge "Ni juge, ni soumise" de Jean Libon et Yves Hinant a reçu dans la soirée le César du meilleur film documentaire. Le film de Jean Libon et Yves Hinant avait déjà gagné le Magritte du meilleur documentaire il y a trois semaines. La production avait suscité le courroux de Luc Hennart, le président du tribunal de première instance de Bruxelles, qui avait déclaré qu'Anne Gruwez y ressemblait à "un singe assis sur un orgue de barbarie". Il avait interdit à la magistrate de s'exprimer sur le film.

Meilleure photo
Le chef opérateur belge Benoît Debie a, lui, remporté vendredi le César de la meilleure photographie pour son travail sur "Les Frères Sisters" de Jacques Audiard. Il s'agissait de la première nomination du directeur de la photographie liégeois aux César, ainsi que de sa première collaboration avec Jacques Audiard.

Meilleur court métrage
Autres récompenses à ajouter au palmarès belge, le César du "Meilleur film de court métrage" a été attribué à Rémi Allier pour "Les petites mains" .

Rien pour Virginie Efira, ni pour "Girl"
Le César de la Meilleure Actrice dans un second rôle a échappé à l'actrice belge Virginie Efira au profit de l'actrice française Karin Viard qui a été récompensée pour son jeu dans le film "Les Chatouilles", vendredi soir à Paris. Virginie est également passée à côté du prix de la Meilleure Actrice au profit de Léa Drucker.

Rien pour "Girl" et "Nos batailles"
Les films belges "Girl" de Lukas Dhont et "Nos batailles" de Guillaume Senez, nommés dans la catégorie "meilleur film étranger" des César du cinéma, n'ont pas convaincu à Paris face à "Une affaire de famille" du Japonais Hirokazu Kore-eda qui ajoute cette récompense à sa Palme d'Or décernée lors du 71ème Festival de Cannes.

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Alex Lutz sacré pour "Guy"

Alex Lutz a obtenu le César 2019 du meilleur acteur pour son rôle dans "Guy" qu'il a également réalisé et où il s'est vieilli de 30 ans pour incarner une ancienne gloire de la chanson. "Je suis très impressionné (...) chaque volute et chaque cabossage de ce César me font penser à un parcours", a-t-il dit ému en recevant le prix.

Jacques Audiard, meilleur réalisateur
Jacques Audiard, 66 ans, a reçu le César de la meilleure réalisation pour "Les Frères Sisters", un western franco-américain avec Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal et John C. Reilly. "Je suis ému (...) J'admire mes confrères et mes consoeurs. Si je fais du cinéma, c'est parce que vous en faites", a déclaré en recevant son prix le réalisateur, déjà plusieurs fois récompensé aux César, dont deux fois déjà par le César de la meilleure réalisation.