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Le président français Emmanuel Macron à son arrivée au siège du Conseil européen à Bruxelles, le 10 avril 2019. © reuters

Brexit: Macron hausse le ton

VideoLe président français Emmanuel Macron a prévenu mercredi, à son arrivée au sommet extraordinaire de Bruxelles sur le Brexit, que rien n'était acquis à ce stade concernant une demande de report du Brexit, en particulier une extension longue de ce report.

"Trente-quatre mois après le référendum, je ne veux pas que le sujet du Brexit vienne nous bloquer sur la renaissance européenne", a affirmé M. Macron, tranchant avec le ton relativement conciliant adopté par d'autres dirigeants sur l'éventualité d'une nouvelle prolongation du Brexit.

Le président français a insisté sur la nécessité de respecter le choix démocratique des Britanniques. "Il ne nous appartient pas de contester ce choix ou de tout faire pour qu'il ne soit pas appliqué".

"Rien n'est acquis"
"Pour moi à ce stade, rien n'est acquis, en particulier quand j'entends les rumeurs, aucune extension longue. Nous devons entendre pourquoi cette demande, quel est le projet politique qui la justifie et quelles sont les propositions claires", a ajouté le Français.

Selon une source européenne, trois pays seraient réticents à accorder une prolongation longue du Brexit: la France, l'Autriche et la Slovénie.

D'autres dirigeants assuraient que la Première ministre britannique Theresa May recevrait un nouveau report. "Nous allons discuter avec Mme May de manière ouverte et constructive", a assuré la chancelière allemande Angela Merkel. "Pour nous il est important que le Royaume-Uni quitte l'UE d'une manière ordonnée et que l'unité de l'Union soit garantie. Mais je ne doute pas que nous réussirons cette unité une nouvelle fois ce soir".

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar était sur la même longueur d'onde. "Les questions ouvertes sont celles de la durée et des conditions" d'un report. Selon lui, il existe parmi les Vingt-Sept un consensus pour donner suffisamment de temps aux pourparlers entre les consevateurs britanniques de Theresa May et l'opposition travailliste. L'Irlandais se dit toutefois curieux d'entendre de Mme May comment elle envisage ces pourparlers.

Un projet de conclusions du sommet laisse en blanc la date cruciale fixant le délai nécessaire pour "permettre la ratification de l'accord de retrait".

Tusk propose une "prolongation flexible"
Mais il y est précisé que si les Britanniques étaient toujours membres de l'UE à la date des élections européennes, qu'ils n'avaient toujours pas ratifié l'accord de retrait à la veille du scrutin, et qu'ils ne respectaient pas l'obligation d'organiser ces élections, le Brexit aurait lieu le 1er juin.

Le président du Conseil Donald Tusk, qui constate qu'il y a "peu de raisons de croire que le processus de ratification pourra être achevé d'ici à la fin juin", a de son côté proposé une "prolongation flexible, qui ne durerait que le temps nécessaire et pas plus d'un an". Elle pourrait être interrompue dès ratification de l'accord de retrait par les deux parties.

Angela Merkel, elle, s'est dite mercredi favorable à un report du Brexit au-delà du 30 juin. La veille, selon une source au sein de son parti, elle avait jugé "possible" un report "jusqu'à début 2020".

La présidente lituanienne Dalia Grybauskaite estimait, elle, que les 27 seraient certainement "favorables" à la demande d'un report, "mais il est très probable que ce soit une prolongation plus longue" que demandé, a-t-elle ajouté.

"Frustration"
Ouvert à un compromis, le Premier ministre suédois Stefan Löfven a tout de même reconnu "une part de frustration" côté européen dans cette saga du Brexit.

Un diplomate européen avançait quant à lui deux "précautions" qui seraient exigées de Londres: laisser les 27 se réunir sans le Royaume-Uni, et ne pas bloquer une décision prise à 27, et donc renoncer à faire usage d'un veto ou à participer à une minorité de blocage.