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Le premier irlandais, Leo Varadkar, et le chef du Brexit pour l'UE, Michel Barnier © afp

Brexit ou non, l'UE à 27 soutiendra "totalement" l'Irlande

L'Union européenne sera "totalement" solidaire de l'Irlande quel que soit le scénario du Brexit, a affirmé lundi à Dublin le négociateur en chef des 27 dans ce dossier, Michel Barnier.

"Nous appuierons totalement l'Irlande" qu'il y ait accord de divorce ou pas avec le Royaume-Uni, a souligné M. Barnier, dans une déclaration à la presse à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre irlandais Leo Varadkar. En conséquence, en cas de divorce sans accord, Londres ne pourra pas espérer ouvrir de négociations commerciales avec l'UE tant que la question de la frontière irlandaise ne sera pas réglée, a-t-il averti.

"Nous ne pourrons pas discuter de quoi que ce soit avec le Royaume-Uni s'il n'y a pas d'accord pour l'Irlande et l'Irlande du Nord, ainsi que pour les droits des citoyens (européens) et le règlement financier" de la sortie britannique de l'UE, a-t-il dit.

Ces trois questions sont couvertes par le Traité de retrait conclu entre les dirigeants européens et le gouvernement britannique fin novembre, mais ce texte a été rejeté trois fois par les députés britanniques.

Ne pas ébranler les accords de paix de 1998
Concernant la frontière irlandaise, qui deviendra, après le Brexit, une frontière extérieure de l'UE, l'accord prévoit un mécanisme baptisé "filet de sécurité" ("backstop" en anglais) qui vise à éviter le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande afin de préserver les accords de paix de 1998 et l'intégrité du marché unique européen. Il prévoit, en dernier recours, une union douanière entre le Royaume-Uni et l'UE, avec en sus, pour la province britannique d'Irlande du Nord, un alignement sur certaines réglementations européennes en matière sanitaire et de taxes.

Les opposants à ce mécanisme craignent notamment de se retrouver indéfiniment "piégés" dans l'UE et que ce dispositif n'empêche le Royaume-Uni de mener sa propre politique commerciale. "Il s'agit de la seule solution que nous avons trouvée pour maintenir le statu quo" à la frontière irlandaise, a insisté M. Barnier.

Pour sortir de l'impasse, la Première ministre britannique Theresa May a ouvert des discussions avec l'opposition travailliste et doit réclamer un nouveau report de la date du Brexit, fixé d'abord au 29 mars puis au 12 avril, lors du sommet extraordinaire européen du 10 avril à Bruxelles. "Nous sommes ouverts à repousser cette date limite pour permettre à ces discussions de se poursuivre", a déclaré Leo Varadkar.