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"Bruxelles pas belle": le portrait féroce de Libération

Correspondant à Bruxelles pour le journal français "Libération", Jean Quatremer a dressé un portrait sans concessions de la capitale de l'Europe dans un article intitulé "Bruxelles, pas belle." Le propos est direct et les réactions sont déjà nombreuses.

"Pour les fortunes françaises désireuses de fuir l'impôt hexagonal, Bruxelles a deux atouts : son climat fiscal et sa proximité (une heure vingt de Paris en Thalys). Cette proximité est même une nécessité si l'on veut préserver son moral, car l'argent n'est pas tout. Le choc de l'arrivée à destination risque d'en laisser plus d'un sur le carreau tant la capitale belge est laide et sale, hormis des îlots presque miraculeusement préservés. Si les exilés fiscaux n'ont que ce qu'ils méritent, on peut avoir une pensée pour ceux qui y vivent parce que c'est le siège des institutions européennes."

Jean Quatremer commence sa démonstration par ce paragraphe "fort sympathique" sur notre capitale, dans un article intitulé "Bruxelles, pas belle." Correspondant à Bruxelles depuis des années pour le journal Libération, il vit dans la capitale de l'Europe depuis un bon bout de temps. Le journaliste français s'attaque à la ville dans deux pages soigneusement accompagnées de photos qu'on ne montre pas aux touristes.

Comme Athènes
L'homme compare notre ville à Athènes. Selon lui, les capitales belges et grecques possèdent plus d'une similitude. "Même chaos urbanistique, mêmes cicatrices laissées par une spéculation immobilière délirante, mêmes trottoirs défoncés, même saleté (c'est Test-Achats qui le dit), même folie automobile, etc. Mais la capitale grecque a réussi, elle, à éviter les autoroutes qui déchirent Bruxelles comme si elle avait la taille de New York ou de Los Angeles, alors qu'elle dépasse à peine le million d'habitants."

Déplorant une ville dirigée par les communes, "où on change trois fois de commune en cinquante mètres", Quatremer s'en prend à la gestion politique chaotique. "Si une rue s'effondre -ce qui est fréquent vu la vétusté du réseau d'égouts-, pour peu qu'elle soit à la limite de deux communes, il faudra des mois pour que les autorités se mettent d'accord sur sa réfection. Il en va de même des trottoirs, qui peuvent être entretenus sur 100m et défoncés ensuite."

Même problème concernant le parking et l'aménagement des voiries, où il prend l'exemple de l'avenue Louise qui traverse trois communes différentes: Bruxelles-Ville, Ixelles et Saint-Gilles. "Se garer en double ou triple file est ici est un sport sans danger."

"Cet empilement administratif déresponsabilise tout le monde", commente Raphaël Lederer (MR), conseiller municipal de Forest, dans l'article. "Sur tous les sujets, on entend: "C'est pas nous, c'est le régional", ce qui justifie l'inaction. Et pourtant, Bruxelles compte 685 conseillers communaux, 200 échevins, 89 députés régionaux, 5 ministres et 3 secrétaires d'état."

La petite ceinture et le ring
Quatremer enfonce le clou quand il évoque la mobilité, catastrophique comme chaque Bruxellois le sait. "Pour se rendre compte du visage qu'offre Bruxelles, il suffit de prendre le taxi de la gare du Midi jusqu'aux institutions européennes. A peine sorti de la gare, on emprunte à grande vitesse la "petite ceinture", une quatre voies isolant le centre historique, l'équivalent des Ier et IIe arrondissements de Paris. C'est une succession de tunnels et de voies de sortie qui sont en même temps des voies d'accès où les voitures se croisent comme elles le peuvent. Ensuite, la rue Belliard mène aux institutions, avant de se transformer en tunnel pour rejoindre les grands boulevards (à quatre ou six voies), puis le "ring", la troisième ceinture d'autoroutes qui enserre Bruxelles. La rue Belliard, ce sont cinq voies à sens unique, bordées d'immeubles affreux des années 50 ou 60, avec des trottoirs défoncés, sans arbres mais encombrés de panneaux de signalisation, d'armoires électriques ou téléphoniques, et de rares poubelles. Ici, on est piéton à ses risques. (Bruxelles est l'une des villes les plus dangereuses d'Europe pour les piétons et les cyclistes)"

"La ville la plus encombrée du monde occidental"
"Parcourir Bruxelles, c'est parcourir l'Europe du tout-voiture dans les années 60. Toutes les villes européennes essaient de démolir ces aspirateurs à voitures (ndlr: les tunnels). Pas Bruxelles, ville la plus encombrée du monde occidental."

Le constat dressé par Quatremer est dur. "Alors que Berlin a réussi à se transformer en une capitale moderne, Bruxelles fait du surplace." La faute à la Région, mais aussi à la surreprésentation flamande (20% à la Région pour 5% de néerlandophones à Bruxelles).

Le monde politique s'agite
L'article fait déjà du bruit. Des politiques s'en sont mêlés sur Twitter, pour interpeller le journaliste sur son constat de notre capitale. Qu'il soit justifié ou non. C'est le cas de Rudi Vervoort (PS), le nouveau ministre-président bruxellois. "@quatremer que diriez-vous d'une discussion sur #Bruxelles et d'une petite mise à niveau ? On en parle quand vous voulez. Rudi #Libération".

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Brigitte Grouwels, Ministre (CD&V) des Transports et des Travaux Publics, est également montée au créneau pour se défendre. "Dans les années 60, la vision de la mobilité était très différente. On a voulu des autoroutes jusqu'à la Grand-Place. Mais en 89, avec la création de la Région, nous avons pris notre ville en main et encore aujourd'hui, nous voulons transformer ces énormes autoroutes de ville en boulevards agréables à vivre, avec des arbres, des trams et des espaces pour la mobilité douce, les piétons et les cyclistes."

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