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Elio Di Rupo est "optimiste" à trois semaines du scrutin © DR

Ces 7 mesures fortes du PS pour repartir à la conquête du pouvoir

ÉLECTIONS 2019En vue des élections du 26 mai, 7sur7 a choisi de mettre le focus sur le scrutin fédéral en interrogeant les présidents des huit principaux partis francophones. Nous leur avons demandé de choisir sept mesures phare de leur programme et nous vous les expliquons ici afin de vous aider à faire au mieux votre choix. Après Mischaël Modrikamen (PP), Jean-Marc Nollet (Ecolo), Maxime Prévot (cdH) et Peter Mertens (PTB), c'est au tour d'Elio Di Rupo, président du Parti socialiste, de nous recevoir chez lui, à Mons.

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De nombreux citoyens en ont assez du gouverne­ment actuel et estiment que beaucoup d'argent public a été gaspillé

Elio Di Rupo
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De la position du chassé à celle du chasseur. Après un quart de siècle de présence quasi ininterrompue au pouvoir, le Parti socialiste a été relégué dans le camp de l'opposition à l'échelon fédéral en 2014, et en Wallonie en 2017. Au moment de tirer le bilan de cette période inhabituelle, Elio Di Rupo évoque des années de "combats".

Il faut dire qu'entre les différentes affaires qui ont touché les personnalités du parti (Publifin et Samusocial par exemple), l'opération reconquête auprès des Wallons et des Bruxellois, et le rôle assumé de l'opposition, le calendrier n'a effectivement pas été de tout repos. Pour quel résultat? À moins de trois semaines des élections, le président du PS est dans un état d'esprit "constructif et optimiste".

Premier parti de Wallonie, deuxième de Bruxelles
Le baromètre politique (La Libre, De Standaard, RTBF, VRT) confirme que la troupe de Di Rupo a repris quelques couleurs. Le PS reste le premier parti de Wallonie (24,7% d'intentions de vote) malgré une baisse de -7,3%, et se retrouve dans la position du second à Bruxelles (19%, et une baisse de -5,9%) derrière Ecolo.

Cette campagne est l'occasion pour les socialistes de dénoncer les "dégradations terribles provoquées par le gouvernement Michel". Avec un programme bâti à l'aide d'une "grande consultation citoyenne", le PS est notamment porteur d'une réforme fiscale majeure. Un ambitieux projet qui permettrait de financer les mesures proposées pour augmenter le pouvoir d'achat des ménages.

Les 7 propositions/mesures phare du Parti socialiste

"De nombreux citoyens en ont assez du gouvernement actuel et estiment que beaucoup d'argent public a été gaspillé. Ce sentiment est juste, nous venons avec des propositions fortes, raisonnables et sérieuses", promet Elio Di Rupo. En voici les sept principales choisies par le président socialiste pour présenter son programme.

1. LUTTE CONTRE LA FRAUDE FISCALE

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Les gens en ont marre de devoir payer des impôts et de constater que les multinatio­na­les s'arran­gent pour en payer très peu, voire ne pas en payer, voire frauder

Elio Di Rupo
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Sujet de beaucoup d'exaspération, la lutte contre la fraude fiscale est au plus bas depuis 2014. Les rentrées en caisse sont en chute libre: 253 millions d'euros en 2018. "Quand j'étais Premier ministre, on avait réussi à faire entrer un bon milliard par an. Aujourd'hui, c'est cinq fois moins", regrette Elio Di Rupo.

Face à une "très grande demande des citoyens", l'objectif est donc de repartir vers une meilleure justice fiscale. "Les gens en ont marre de devoir payer des impôts et de constater que les multinationales s'arrangent pour en payer très peu, voire ne pas en payer, voire frauder", s'agace l'homme politique.

Pour lutter efficacement, un plan national et européen est prévu, avec notamment l'accroissement du nombre d'inspecteurs des impôts du ministère des finances. L'objectif? "En tirer en moyenne entre 700 millions et 1 milliard d'euros par an, ce qui fait beaucoup d'argent sur cinq ans", annonce-t-il.

2. IMPÔT SUR LES GRANDES FORTUNES

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Cela peut rapporter entre 700 millions et 2,4 milliards d'euros

Elio Di Rupo
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"Compte tenu des difficultés de bon nombre de citoyens, c'est un impôt raisonnable sans avoir l'intention de plumer qui que ce soit", promet Elio Di Rupo. Le Parti socialiste pense à ceux qui ont un patrimoine d'au moins 1,25 million d'euros.

Une personne avec une telle fortune devra payer 5.000 euros par an. Un taux progressif est ensuite proposé: 0,8% pour la tranche entre 1,25 et 2,5 millions d'euros, 1,2% pour la tranche entre 2,5 et 5 millions d'euros, et 1,5% au-delà de 5 millions d'euros. "Selon nos calculs, cela peut rapporter entre 700 millions et 2,4 milliards d'euros en fonction du taux imposé", assure l'ancien Premier ministre.

Pour le président socialiste, les grosses fortunes auraient également tout intérêt de contribuer à la "sérénité de la société". "Elles vont plus dépenser dans une société d'inégalités, de tensions sociales et de violences afin de protéger leur maison, leurs enfants etc... Tout le monde est perdant", estime-t-il.

Tout en réfutant la crainte de voir les personnes concernées quitter la Belgique face à un tel impôt: "S'ils désertent pour 5 à 10.000 euros alors qu'ils sont très riches... Je n'y crois pas une seconde, cela ne tient pas la route".

3. DIMINUTION DE LA TVA SUR L'ÉLECTRICITÉ

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Cela soulage­rait les ménages d'environ 140 euros par an en moyenne

Elio Di Rupo
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Lors du mandat d'Elio Di Rupo en tant que Premier ministre, la TVA sur l'électricité avait déjà baissé de 21 à 6%. Une mesure annulée par le gouvernement suivant, en 2015, qui a décidé de repasser à 21% lors des mesures de financement du tax shift. Le Parti socialiste propose de reproduire son opération.

"Cela soulagerait les ménages d'environ 140 euros par an en moyenne. Mais il faut savoir que pour les familles aux revenus modestes, cela peut être davantage car ce sont celles qui ont des consommations électriques plus importantes", nous explique-t-il.

Le coût de cette mesure serait important: 700 millions d'euros selon le président du parti, qui ne s'inquiète pas: "Nous avons des propositions (comme celles-ci-dessus) pour faire rentrer des sous dans les caisses de l'État".

4. GRATUITÉ DES VISITES CHEZ LE MÉDECIN GÉNÉRALISTE ET CHEZ LE DENTISTE

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Plus de 20% des citoyens malades renoncent à aller chez le médecin car ils n'ont pas les liquidités à la fin du mois

Elio Di Rupo

Cette proposition résulte d'un constat interpellant: "Plus de 20% des citoyens malades renoncent à aller chez le médecin car ils n'ont pas les liquidités à la fin du mois", avance Elio Di Rupo. Le remboursement intégral serait mis en place pour tous les Belges. Seule différence: les citoyens aux revenus modestes n'auront rien à débourser sur place en présentant une fiche fiscale, tandis que ceux qui ont plus de moyens devront payer avant d'être rapidement remboursés.

L'intérêt est également de ne pas pénaliser les médecins. "Une consultation chez un médecin conventionné peut coûter 25 ou 26 euros. Ceux qui ne sont pas conventionnés demandent 30 à 35 euros. La Sécurité sociale, via les mutuelles, prendrait en charge ce montant par un système rapide pour ne pas que les médecins soient remboursés tardivement", promet-il.

5. RETOUR DE LA PENSION À 65 ANS

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Obliger les gens à travailler jusqu'à 67 ans est profondé­ment injuste

Elio Di Rupo

L'âge officiel de la pension est de 65 ans jusque 2024. À partir de 2025, l'âge légal sera porté à 66 ans avant de passer à 67 ans en 2030. Elio Di Rupo affiche son désaccord: "Obliger les gens à travailler jusqu'à 67 ans est profondément injuste. Bien sûr, nous vivons plus longtemps et en meilleure santé, mais pour un certain nombre de métiers, c'est impensable".

La proposition est donc de ramener l'âge légal à 65 ans, tout en donnant la liberté au citoyen de dépasser cet âge s'il en a l'envie et la force. Pour les métiers pénibles, le Parti socialiste aimerait mettre en place des fins de carrière qui permettent aux concernés de quitter leur activité bien avant 65 ans.

6. FIXER LA PENSION MINIMUM POUR UNE CARRIÈRE COMPLÈTE À 1.500 EUROS NET PAR MOIS

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1.500 euros, ce n'est pas le Nirvana, mais cela permet d'avoir la tête hors de l'eau

Elio Di Rupo
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Il s'agit du deuxième grand axe des propositions socialistes sur la pension. Actuellement, la pension moyenne après une carrière complète de plus de 40 ans oscille entre 1.000 et 1.200 euros. "Le minimum doit passer à 1.500 euros net par mois pour tous, salariés et indépendants", affirme Elio Di Rupo.

"Les gens qui ont travaillé toute leur vie, c'est indigne de les laisser dans un degré de pauvreté. 1.500 euros, ce n'est pas le Nirvana, mais cela permet d'avoir la tête hors de l'eau", poursuit-il. Une mesure onéreuse selon les calculs du PS: 3,2 milliards d'euros sur les cinq ans. "Mais par exemple, le tax shift coûte 10 milliards d'euros", sourit l'homme politique.

À l'instar de l'âge légal, la pension complète doit tenir également compte du caractère pénible de la profession. "Ce n'est pas nécessairement 45 ans de travail. À partir du moment où il y a une pénibilité, cela peut être 37 ou 40 ans", ajoute l'ancien Premier ministre.

7. ACCESSIBILITÉ DES TRANSPORTS EN COMMUN

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On demande aux employeurs de rembourser l'intégra­lité des abonne­ments de leurs salariés

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"La mobilité est un problème incroyable en Belgique", soupire Elio Di Rupo. La série de propositions du PS vise à rendre les transports en commun de meilleure qualité et plus fréquents d'abord, et tendre vers des transports en commun gratuits ensuite.

"La fréquence n'est pas suffisante, notamment en heures de pointe. Il n'y a plus de train dans des petites gares, l'offre doit être supérieure. Puis le confort est aussi un problème, des lignes ne sont pas agréables. Il faut réhabiliter les lignes existantes", estime le président socialiste.

Quant à la gratuité, le programme se porte sur le long terme. Elio Di Rupo est persuadé que la possibilité est réelle. Sa première étape serait de proposer cet avantage aux moins de 25 ans et aux plus de 65 ans.

Pour les jeunes, cela leur permettrait de "prendre cette habitude et de mettre le pied à l'étrier". Les séniors seraient priés "de ne pas prendre les transports en commun pendant les heures de pointe". Les citoyens qui travaillent seraient aussi gagnants. "On demande aux employeurs de rembourser l'intégralité des abonnements", ajoute Elio Di Rupo.

Persuadé que ces mesures sont "nécessaires pour combattre l'augmentation de la température", Elio Di Rupo veut réinvestir à hauteur de 800 millions d'euros. "Le gouvernement actuel a réduit la dotation de la SNCB de 3 milliards d'euros. Cela pose des problèmes incommensurables", constate-t-il.

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