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Après la sécession d'Alain Destexhe et la menace de certains réformateurs de créer un "véritable courant libéral", la confusion semble régner au sein du MR de Charles Michel. © photo_news

"Charles Michel doit sortir de la schizophrénie qui caractérise le MR"

Le conseiller communal MR Georges Verzin s'est fendu dans Le Vif d'une lettre ouverte au Premier ministre et président du MR Charles Michel lui demandant de clarifier la position du parti, confronté selon le groupe schaerbeekois à une "dérive droitière sans précédent" à laquelle il invite à mettre un terme sous peine de créer un "véritable courant libéral".

Évoquant la proximité d'Alain Destexhe - qui a entre-temps fait sécession - Denis Ducarme et Jacqueline Galant avec la N-VA et Theo Francken, Georges Verzin dénonce le "silence assourdissant" de Richard Miller, Françoise Schepmans et Vincent De Wolf, dont il ne veut pas se rendre complice.

Rappelant que l'ex-présidente du Sénat Christine Defraigne avait permis, avec d'autres libéraux, de faire échouer l'adoption du projet de loi sur les visites domiciliaires, qui aurait constitué un "recul démocratique", et que le Premier ministre Charles Michel s'était montré courageux en allant signer le pacte sur les migrations de l'ONU, Georges Verzin se demande quelle est aujourd'hui la voie suivie par le MR.

Quel Charles Michel faut-il croire?
Il interroge le Premier ministre qui a repris le parti en main. "Dans ces conditions, nous exigeons de Charles Michel, Premier ministre et président du MR, de sortir de la schizophrénie qui caractérise aujourd'hui le MR: qui faut-il croire? Le Premier ministre qui défend avec passion ses valeurs humanistes devant la Chambre pour faire voter le pacte de Marrakech? Ou le président de parti qui se tait et laisse des ténors du MR fouler aux pieds les valeurs au nom desquelles nous nous battons? ", s'interroge-t-il.

Le chef de groupe schaerbeekois refuse que le MR fasse de la migration un des thèmes principaux de la campagne électorale, ce qui reviendrait à "fustiger toute la communauté arabo musulmane en faisant l'amalgame entre le comportement extrême de quelques-uns et l'ensemble d'une communauté qui ne demande qu'à s'intégrer davantage au sein de notre pays si nous nous en donnons les moyens". A l'entendre, ce serait aussi renier "totalement le libéralisme social incarné par Louis Michel et Daniel Ducarme", et redevenir "un parti conservateur qui encourage toutes les dérives populistes".

Si tel devait être l'option, les "libéraux progressistes" n'auraient d'autre choix que s'en "distancier" et de former un "véritable courant libéral", prévient-il.