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Comme Mogi Bayat, d'autres agents n'ont pas encore été payés par Anderlecht

UpdateLe club d'Anderlecht a communiqué mardi soir au sujet d'une "saisie de ses avoirs" par l'agent de joueurs Mogi Bayat. Celui-ci est une figure importante de la scène footballistique belge et fait partie des personnes inculpées en octobre dernier dans ce qui a été appelé par certains le "Footbelgate": une enquête qui a éclaté au grand jour le 10 octobre et qui englobe des suspicions de trucage de matches de football de la plus haute division belge, mais aussi de blanchiment d'argent et de fraudes financières. Le club reste peu loquace mercredi, se refusant à communiquer les détails de l'affaire.

Selon la porte-parole du RSCA Marie Verbeke, le huissier qui s'est présenté mardi venait "annoncer" la volonté de l'agent de bloquer un certain budget du Sporting. L'argent que Mogi Bayat estime dû correspond à des commissions pour des transferts récents mais datant d'avant l'éclatement du scandale. Selon Het Laatste Nieuws, mercredi, il serait question de plus d'un million d'euros, pour une année complète de factures, mais le club refuse de détailler les sommes et les étapes précises envisagées pour la suite.

Le Sporting avait indiqué la veille via communiqué qu'il "n'a d'autre choix que de défendre ses droits devant les tribunaux" mais, là aussi, on ne préfère pas s'étaler sur la procédure, engagée ou à engager.

Mogi Bayat n'est, nous dit-on, pas le seul agent dont des payements ont été bloqués par le RSCA dans l'attente de clarté. "Il y a plusieurs mois, nous avons dit la même chose à tout le monde (tous les agents arrangeant des transferts pour ou avec le club, NDLR): 'si vous voulez être payés, prouvez nous que tout a été fait correctement'. Certains ont réagi et apporté les preuves nécessaires, plusieurs autres non".

C'est ce que le Sporting visait dans son communiqué en indiquant vouloir la "transparence totale sur l'ensemble des transactions de transfert et sur la société qui établit la facture". Visiblement, Mogi Bayat n'aurait pas apporté les éclaircissements espérés pour les transferts dans lesquels il était impliqué et pour lesquels le Sporting devait encore le payer.

L'agent de joueurs avait été interpellé le 10 octobre, puis placé sous mandat d'arrêt. Inculpé de participation à une organisation criminelle et blanchiment, il a été libéré fin novembre, notamment après paiement d'une caution.

Les avocats de Mogi Bayat dans cette affaire, Jean-Philippe Mayence et Tom Bauwens, n'étaient pas joignables mercredi matin.

CMG regrette la communication du Sporting

La société belge via laquelle l'agent de joueurs Mogi Bayat opère, la SPRL Creative & Management Group, a regretté mercredi que le Sporting d'Anderlecht ait ouvertement communiqué au sujet de ce qu'elle appelle "un litige de nature purement contractuelle portant sur des factures commerciales impayées". Elle révèle par ailleurs qu'une procédure sur le fond a été initiée la semaine dernière devant la Cour Belge d'Arbitrage pour le Sport.

Selon CMG, les factures impayées par le club n'ont d'ailleurs pas de lien direct avec la vaste enquête menée pour trucage de matches, fraudes et organisation criminelle touchant le football belge et qui a été révélée en octobre dernier. Le Sporting présentait son refus de payer certaines sommes à Bayat (et à d'autres agents) comme découlant de sa volonté d'avoir d'abord de la part des agents avec lesquels il traite les preuves d'une "transparence totale" dans les transferts effectués, à la suite des révélations de l'enquête. Mais selon la SPRL Creative & Management Group, les factures dues par le RSCA remontent à avant l'éclatement de l'affaire, baptisée "Footbelgate" ou encore "Mains propres".

CMG a réclamé à plusieurs reprises le paiement des factures en question "depuis près d'une année, en février 2018, soit bien avant le début de l'opération Mains Propres", affirme la société, qui ajoute que le club n'a jamais répondu aux courriers et mises en demeure. Ce qui a donc mené CMG à faire appel au juge des saisies, qui a autorisé une saisie conservatoire sur les biens du Sporting "vu la situation financière difficile du club".

Selon Dirk Libotte, un des avocats de CMG, un compte du Sporting a été bloqué, ainsi que des avoirs chez des parties tierces qui elles-mêmes ont des dettes envers Anderlecht. Le montant que la société réclame est donc substantiel, mais le conseil refuse d'en donner un chiffre exact. Maintenant que des avoirs ont été bloqués, il s'agit d'attendre la suite de la procédure face à la Cour Belge d'Arbitrage pour le Sport. La procédure a été initiée la semaine dernière, Anderlecht aurait quelques jours pour répondre. Le tout ne devrait pas être très long, "peut-être quelques mois", selon Dirk Libotte. 

Plus étonnant, CMG prétend que le RSCA, qui soulignait mardi soir avoir transmis à tous ses agents il y a plusieurs mois des exigences de "transparence totale" (sur les transferts et les flux financiers liés), n'a pas formulé "quelque demande que ce soit en matière de transparence des contrats conclus (...) avec CMG".

Les transferts dont les commissions d'agent n'ont pas été payées à CMG comprennent celui de l'entraineur Hein Vanhaezebrouck de La Gantoise vers le Sporting, selon Dirk Libotte. Ce dernier laisse échapper que CMG ne serait "pas la seule partie qui n'est pas payée par Anderlecht ces derniers mois". 

La société "ne souhaite pas poursuivre ce débat dans la presse", conclut le communiqué.