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Comment Abaaoud a déjoué les services secrets du monde entier

Avant de participer aux massacres du 13 novembre, Abdelhamid Abaaoud était recherché par tous les services secrets du monde entier. Mais ni les renseignements européens, ni la CIA, ni le Mossad n'ont réussi à l'arrêter à temps. Quand il est réapparu sur les radars, il était déjà trop tard. Une information de la BBC.

Le nom d'Abdelhamid Abaaoud est apparu pour la première fois sur le devant de la scène lors du démantèlement de la cellule de Verviers. Un téléphone portable retrouvé sur les lieux avait permis de le localiser en Grèce. Mais quand la CIA, aidée par le Mossad, a voulu l'intercepter, il avait déjà pris la fuite, probablement en Syrie.

Durant l'été 2015, la menace du réseau dirigé par Abaaoud s'est intensifiée, sur base de différents témoignages recueillis auprès d'anciens djihadistes. Comme celui d'un certain Reda H., dont nous vous parlions il y a quelques mois, arrêté en août 2015 qui évoquait déjà les projets d'attentats du terroriste belge.

La CIA a aussi compris qu'Abaaoud cherchait à revenir en Europe, notamment en se procurant des faux papiers d'identité et en contactant des passeurs à la frontière turque.

Une réunion était prévue le 13 novembre à Paris
L'inquiétude a grandi quand Mohamed Abrini, déjà connu pour être un proche d'Abaaoud, s'est rendu en Grande-Bretagne, à Birmingham, durant l'été. Il a été interrogé par les enquêteurs à son retour à Bruxelles, sans être inquiété.

En automne, la course pour retrouver Abaaoud a encore connu un coup d'accélérateur. En octobre, le MI6 et le MI5 ont rencontré leurs partenaires européens pour évoquer le cas du terroriste et l'inquiétude qu'il suscitait. On parlait alors de la possibilité qu'il fasse venir 60 combattants pour attaquer la Belgique, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne.

Tous les services de renseignements ont donc choisi d'unir leurs forces pour tenter d'arrêter Abaaoud. Mais, ironie du sort, une réunion pour finaliser les modalités de cette "task force" avait été fixée au 13 novembre à Paris, jour des attentats. Elle a finalement été reportée à une date ultérieure. Mais il était de toute façon déjà trop tard.