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Des civils en cage utilisés comme boucliers humains en Syrie

VideoLes hommes et femmes aperçus dans les vidéos ci-dessous ont été kidnappés en raison de leur fidélité au président Bachar al-Assad. Les rebelles espèrent, en les faisant parader à travers la ville enfermés dans des cages hissés sur des camions, qu'ils éviteront les frappes du président syrien sur leur région.

L'ONG Human Rights Watch a accusé des groupes de rebelles syriens de crimes de guerre pour avoir utilisé des otages civils comme "boucliers humains" en vue de dissuader le régime du président Bachar al-Assad d'effectuer des raids aériens.

Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme, cette pratique constitue "une prise d'otages et une violation de la dignité humaine, qui sont tous deux des crimes de guerre".

"Rien ne peut justifier d'enfermer des gens dans des cages et de les mettre intentionnellement en danger, même dans le but de stopper les frappes aveugles du régime", a déclaré le directeur de l'ONG pour le Moyen-Orient, Nadim Houry, dans un communiqué publié lundi.

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Des femmes, fidèles au président Assad, ont été kidnappées et enfermées dans des cages transportées à l'aide de camions à travers la ville. © Capture d'écran

Vidéo

Une vidéo publiée le week-end dernier montre des dizaines de personnes, des soldats et des civils, dont des femmes alaouites (groupe ethnique issu du nord de la Syrie) transportées dans des cages dans la Ghouta orientale, une région située à l'est de Damas, contrôlée par des rebelles et assiégée par les forces gouvernementales. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, Jaïch al-Islam ("L'armée de l'islam" en arabe), considéré comme le plus important groupe rebelle près de la capitale, a eu recours à cette pratique.

D'après Human Rights Watch, une pratique similaire avait déjà été signalée en septembre dans deux localités de la province d'Idleb (nord-ouest) contrôlées par le gouvernement et assiégées par des rebelles.

La Ghouta orientale, assiégée depuis deux ans, est régulièrement visée par des bombardements du régime. Vendredi, au moins 70 personnes ont été tuées et 550 blessées dans une attaque aérienne sur un marché à Douma, selon Médecins Sans Frontières.

Plus de 250.000 personnes ont perdu la vie depuis le début du conflit en Syrie en mars 2011.