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"Des enfants déchiquetés par des chiens et enterrés vivants"

Corée du NordUn ancien garde dans un camp de prisonniers en Corée du Nord, a expliqué l'horreur dont il a été témoin lors d'une conférence des défenseurs des droits de l'Homme à Genève.

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Ahn Myong-Chola a livré un récit poignant © afp

Ahn Myong-Chola a été garde dans un camp de prisonniers en Corée du Nord pendant huit ans. L'homme, qui a déserté, a confié les horreurs vécues pendant toutes ces années, lors d'une conférence sur les Droits de l'Homme à Genève ce mercredi.

Enterrés vivants
L'ancien garde est revenu avec émotion sur la mort de cinq enfants, déchiquetés par des chiens. "Il y avait trois chiens et ils ont tué cinq enfants", a-t-il expliqué. "Les chiens ont échappé à leurs maîtres et se sont jetés sur des enfants qui revenaient de l'école du camp. Ils en ont tué immédiatement trois, les deux autres respiraient à peine et ont été enterrés vivants par les gardes".

Mais les chiens agressifs n'ont pas été euthanasiés. Que du contraire, affirme Ahn Myong-Chola. "Le lendemain, au lieu de liquider les chiens, les gardes les ont cajolés et récompensés avec de la nourriture spéciale". "Les gens dans les camps ne sont pas traités comme des humains, ils sont comme des mouches que l'on peut écraser", a-t-il poursuivi.

Cet ancien garde de camps de prisonniers, qui s'est aujourd'hui réfugié en Corée du Sud, a été auditionné par le Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies, qui s'apprête à livrer un rapport accablant sur les crimes contre l'humanité commis en Corée du Nord. Un rapport destiné à faire réagir la communauté internationale sur les horreurs commises par Pyongyang.

Exécutions, tortures, viols
Des centaines de milliers de prisonniers politiques ont péri dans des camps pendant les 50 dernières années, selon l'ONU qui évoque des famines délibérées, le travail forcé, les exécutions, la torture et les viols. Selon eux, ces prisonniers dont la plupart ne savent même pas pourquoi ils sont là, travaillent 18 heures par jour.

Toujours selon Ahn Myong-Chola, les gardiens de camps, comme lui, recevaient un véritable lavage de cerveau afin de considérer les prisonniers comme l'incarnation du "Mal". "Nous étions encouragés à tuer ceux qui essayaient de s'échapper. Nous avions le droit de les tuer et si nous ramenions le corps, nous pouvions être récompensés par l'envoi à l'université", explique-t-il.

Et de préciser que ce n'est pas fini. "Quand on parle de goulag, avec la Corée du Nord, il faut parler au présent, ces horreurs continuent", précise celui qui est parvenu à s'échapper un jour de permission. "La population est tétanisée par la peur".