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Image d'illustration (photo d'archives de tests en laboratoire) © ANP

Dieselgate 2.0: des singes forcés de respirer les gaz d'échappement

Volkswagen a présenté ses excuses après des révélations quant à des tests effectués sur des animaux pour prouver la non-toxicité des gaz d'échappement de ses voitures diesel. "Nous estimons que cette méthode scientifique était une erreur et nous excusons pour celle-ci", a réagi la compagnie.

Des tests ont été menés sur des singes en 2014 afin de démontrer l'innocuité des nouveaux moteurs diesel prétendument beaucoup moins polluants que leurs prédécesseurs... ce que l'histoire démentira plus tard avec le fameux "Dieselgate".

Singes vs Beetle
Ces nouveaux faits ont été dévoilés cette semaine par le New York Times qui en aurait pris connaissance lors d'un volet texan du procès des logiciels truqués des VW. Les journalistes y ont appris que des petits macaques avaient été exposés durant quatre heures à des gaz d'échappement d'une Volkswagen Beetle dans un laboratoire d'Albuquerque, aux Etats-Unis. Pour ce faire, ils avaient été placés devant des dessins animés tandis que le moteur d'une Coccinnelle tournait à plein régime dans la pièce à côté et que les gaz étaient acheminés vers les animaux.

Quel logiciel frauduleux?
Ces "recherches scientifiques" - dont les résultats n'ont jamais été publiés - devaient disculper les voitures diesel modernes et sauver le marché de ces moteurs en les lavant de tout soupçon quant aux substances qu'ils dégagent: oxyde d'azote, particules fines etc (pollution causant asthme, maladies cardiaques et cancers, ndlr). Une "évolution" qui constituait un enjeu commercial et médiatique majeur pour les constructeurs automobiles. Evidemment, les scientifiques du "European Research Group on Environment and Health in the Transport Sector" qui ont procédé à ces expériences ne savaient pas que les véhicules utilisés pour les tests étaient équipés de logiciels frauduleux et qu'ils étaient donc bien plus polluants en utilisation réelle que ce que VW ne prétendait officiellement.

Le scandale de trop
Mais que les véhicules aient été en mode "basse émission" ou non grâce au logiciel lorsque les singes innocents y ont été exposés, le recours aux animaux ne passe pas. "Faire inhaler de force des gaz à dix singes pour prouver que le plus gros des émissions toxiques n'y est plus, c'est tout aussi immonde qu'absurde", a commenté Stephan Weil, ministre-président de la Basse-Saxe qui est aussi actionnaire majoritaire de la compagnie automobile allemande.

Et des actionnaires gênés et mécontents, ce "Dieselgate 2.0" risque d'en faire bien d'autres, et pas que chez VW. En effet, le New York Times rappelle que BMW et Daimler (donc Mercedes) étaient elles aussi commanditaires des études de l'institut scientifique aujourd'hui montré du doigt. Pour l'heure, VW (comme ses concurrentes) s'est contentée de présenter des excuses sur les agissements de l'institut qu'elle rémunérait mais n'a pas commenté le fait d'avoir alors caché aux scientifiques l'existence d'un logiciel frauduleux. En attendant, le constructeur et le groupe d'études se rejette la faute au procès.