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© Wouter Struyf

Eliot apprend à danser pour l'Eurovision: "Il faut que je bouge un minimum"

Eliot (18 ans) a profité d'un congé pédagogique pour répondre à nos questions. Le jeune montois, qui représente la Belgique à l'Eurovision, termine cette année sa rhéto. En plus de la préparation du spectacle qu'il donnera à Tel Aviv au mois de mai, cet ancien talent de "The Voice Belgique" doit aussi réviser pour ses examens de juin. "Heureusement, nous glisse-t-il, je peux compter sur les notes de mes copains."

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Si c'est un flop mondial et que je suis détesté de tous, je ferai des études de musique.

À l'école, justement, les regards ont-ils changé?
Oui, mais c'était déjà le cas après "The Voice". On a commencé à me regarder curieusement (sourire). Après, l'Eurovision, ça intéresse moins ma génération. Mes profs sont plus enthousiastes que mes copains de classe. Moi non plus d'ailleurs, je n'avais jamais regardé l'Eurovision...

Alors pourquoi avez-vous accepté d'être le représentant du concours?
Parce que c'est un super challenge! Pierre Dumoulin, qui travaille aussi avec Blanche, m'a contacté après "The Voice". On s'est mis à faire de la musique ensemble, mais pas pour l'Eurovision. Quand il m'a proposé de tenter ma chance, j'ai immédiatement accepté. C'est un honneur de représenter son pays. Puis, à titre personnel, ça m'offre pas mal de visibilité.

Vous avez un petit côté patriote?
Euh, je ne me suis jamais vraiment posé la question... Je suis fier d'être belge en tout cas. On dit souvent de nous que nous sommes gentils, amicaux et fêtards. Même si, pour le coup, je suis plutôt casanier. Puis, j'adore les frites aussi (sourire).

Blanche vous a-t-elle donné des conseils?
Oui, on se parle beaucoup. On a vécu la même chose et c'est plutôt chouette, quand on débarque dans un monde d'adultes, de pouvoir se confier à quelqu'un de son âge. On se serre les coudes!

"Wake Up", la chanson que vous défendrez, incite la jeunesse à se bouger pour réveiller la société. C'est un message qui vous tenait à cœur?
Oui! Même si j'ai écrit le texte bien avant qu'il n'y ait des manifestations pour le climat, on dirait, de façon implicite, qu'il y fait écho. Et tant mieux, car c'est une cause qui me tient vraiment à cœur et qui est dans l'air du temps. Mais attention, ce n'est pas un texte militant.

Vous avez brossé les cours pour marcher pour la planète?
Non, car je ne veux pas dépasser mon quota de jours d'absence à l'école qui va déjà être assez important à cause de l'Eurovision. Je ne veux pas risquer de devoir recommencer mon année.

Avez-vous déjà débuté les répétitions?
C'est pour très bientôt. J'ai envie de créer un univers, une atmosphère autour de mes chansons. Je suis novice, j'ai encore besoin d'être guidé, mais je tiens aussi à imposer ma personnalité. Mon équipe prend vraiment mon avis en compte. Je pense proposer quelque chose de sombre, de mystérieux...

Ce sont des adjectifs qui vous caractérisent?
Je pense. Je suis quelqu'un de discret.

C'est paradoxal quand on se destine à une carrière d'artiste, non?
Un peu, oui. Mais je ne suis pas timide. Je suis réfléchi. Je ne me fais pas remarquer et je n'aime pas parler pour ne rien dire.

Vous savez danser?
Je suis en train d'apprendre. Car, il faudra bouger un minimum...

Parmi vos concurrents, lesquels vous font le plus peur?
Je n'ai pas vraiment l'esprit de compétition... J'espère simplement rendre la Belgique fière. Même si, clairement, mon rêve serait d'atteindre le top 5... J'adore la chanson de Duncan Laurence, "Arcade", qui représente les Pays-Bas. Sinon, sur le plan humain, j'ai bien accroché avec Miki, le candidat espagnol. Et j'aimerais beaucoup rencontrer Bilal Hassani, le représentant français. Ce n'est pas facile ce qu'il vit pour l'instant mais c'est un super artiste...

Espérez-vous rencontrer Madonna, qui se produira aussi à Tel Aviv?
Ce serait intéressant, parce que c'est une superstar, elle a un gros bagage musical mais je ne suis pas fan. A vrai dire, je n'ai jamais été fan de personne et il n'y a pas de posters dans ma chambre. Depuis "The Voice", j'essaye d'explorer un peu tous les genres musicaux. Il n'y a pas un style de musique que j'affectionne particulièrement...

Avez-vous le trac?
Jamais en amont! Par exemple, j'ai une peur panique des aiguilles, mais je ne stresse pas avant d'aller chez le docteur pour me faire vacciner... Par contre, quand je vois l'aiguille approcher de mon bras, je peux très bien tomber dans les pommes. En fait, j'ai plus peur des aiguilles que de chanter devant des millions de personnes (rire).

La suite, vous la voyez comment?
Il y a deux chemins possibles. Si ça marche, je continue la musique. Si c'est un flop mondial et que je suis détesté de tous, je ferai des études de musique. Mes parents me soutiennent à 300%.

Le succès, pour vous, ce n'est pas une finalité en soi?
Ce que je veux, c'est pouvoir vivre de ma musique, mais le succès vous aide à rencontrer des gens. La musique, c'est du partage. J'ai besoin de ce contact humain.

Avez-vous encore des nouvelles de Slimane, votre ancien coach?
Non, on a perdu contact. Enfin, il m'a quand même souhaité un joyeux anniversaire en décembre dernier. C'était super sympa. On se recroisera sur le plateau de "The Voice" où je chanterai ma chanson le 16 avril prochain. J'ai très envie de le revoir.

Qu'est-ce que cette aventure a changé pour vous jusqu'ici?
Pas grand-chose. Personne ne m'aborde encore en rue (sourire).

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Eliot entouré des présentateurs de The Voice, sur la RTBF © Wouter Struyf
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