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Entre impatience et réprobation au procès Breivik

Des rires et des murmures dans le public, une juge passablement agacée: le long témoignage d'Anders Behring Breivik, qui a tour à tour invoqué Sitting Bull, le sushi et les écrans plats, a été accueilli mardi par l'impatience et la réprobation dans l'enceinte du tribunal d'Oslo.

"Vous avez bientôt fini, Breivik?". A quatre ou cinq reprises, la juge Wenche Elizabeth Arntzen a demandé d'un air strict à l'auteur des attaques du 22 juillet d'abréger la lecture d'un document de 13 pages qui tenait lieu de témoignage au deuxième jour de son procès.

Pour convaincre une Cour sceptique à l'idée de donner à l'extrémiste de droite une tribune idéologique, la défense avait promis que la lecture de ce document n'excéderait guère 30 minutes. Les juges avaient donné leur accord. "Plus que six pages", "plus que cinq pages", "plus que trois pages"...

Même si l'aplomb de ses réponses lui a valu les rires sarcastiques d'une audience jusqu'alors étonnamment disciplinée, Breivik a rejeté les rappels à l'ordre, certains abrupts. "Si je ne peux pas définir le cadre de ma défense, ça ne sert à rien que je m'explique", a-t-il dit, menaçant ainsi à mi-mots de ne pas coopérer.

Au total, il a donc lu pendant environ 75 minutes. Ironiquement, à peu près la même durée que la fusillade qu'il a perpétrée l'été dernier sur l'île d'Utoeya où ont péri 69 des 77 victimes qu'il a tuées ce jour-là.

Emaillé de passages très durs -"Oui, je le ferais de nouveau", les jeunes d'Utoeya n'étaient "pas des enfants innocents", la jeunesse travailliste est "très semblable à la jeunesse hitlérienne"-, alors qu'il disait l'avoir tempéré par égard pour les victimes, le laïus était aussi par moments échevelé.

Parmi les 200 membres du public composé pour moitié par des familles des victimes et leurs avocats et pour moitié par des journalistes, certains hochaient la tête.

Afin d'illustrer sa lutte pour protéger "les Norvégiens de souche" contre ce qu'il perçoit comme une invasion musulmane, l'accusé a invoqué les chefs indiens Sitting Bull et Crazy Horse: "Etaient-ils des terroristes (...) ou des héros?", a-t-il demandé, soulevant la stupéfaction d'une partie de l'assistance.

Puis, il a évoqué la supposée "destruction" de la société norvégienne sous l'effet du multiculturalisme: "Tout ce qui va nous rester, ce sont des sushis et des écrans plats".

A un stade, une avocate des parties civiles, Mette Yvonne Larsen a cru bon d'intervenir: "J'ai maintenant reçu tant de messages des proches des victimes et des survivants qui réagissent au fait que Breivik puisse parler de cette façon. Je dois lui demander plus de considération pour eux et qu'il cesse maintenant".

Mais tant la défense que l'accusation ont insisté pour que Breivik puisse finir de lire son texte. "Il est juste et important" que Breivik puisse continuer à s'expliquer, a affirmé le procureur Svein Holden. Présidente de l'Association norvégienne des avocats, Berit Reiss-Andersen a estimé que "la juge s'en (était) bien tirée".

"Certes, elle aurait pu faire preuve de plus d'autorité mais elle a senti venir le moment où Breivik allait refuser de parler. Lui laisser la parole était le seul moyen d'assurer que le procès continue sur la bonne voie", a-t-elle dit à l'AFP. Dans les couloirs du palais de justice, les réactions étaient contrastées parmi les survivants d'Utoeya.
 

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