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Financez une idée simple et efficace pour aider les sans-abri cet hiver

L'asbl Cultures & Communications lance un nouvel appel aux dons pour la fabrication et la distribution d'"Orig-Ami", des abris d'urgence en carton pour les sans-abri dont le nom est inspiré de l'art japonais du papier plié.

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"On paie des impôts, c'est pour une solidarité... Voir des gens dormir dehors avec des températu­res négatives, ce n'est pas humaine­ment acceptable."

Xavier Van der Stappen, président de l'asbl Cultures & Communications
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La valeur d'un Orig-Ami est de 20 euros © Orig-Ami

L'idée est venue d'un constat et de l'envie d'y apporter une réponse: attirer l'attention des pouvoirs publics sur le nombre de personnes dans la rue et parer au plus pressé face au froid. "À Bruxelles, officiellement, ils ont recensé 2.600 personnes qui dorment dehors, chiffre qui ne concerne pas les migrants. L'État a les moyens, mais qu'est-ce qu'ils en font? Est-ce bien utilisé? Déjà, il n'y a pas assez de centres. Et puis, dans les centres, beaucoup de sans-abri se plaignent des conditions", entre autres de l'insécurité, nous a exposé vendredi Xavier Van der Stappen, président de Cultures & Communications et entrepreneur à l'origine de l'initiative.

Collaborations
Lors de la première opération Orig-Ami au cours de l'hiver dernier, 200 abris ont été distribués, avec une partie autofinancée. Le nouvel appel aux dons vise sociétés, clubs ou individus pour financer la production suivante. N'étant pas spécialisé dans le travail de rue, "on a confié les Orig-Ami à des associations locales, parce qu'elles sont sur le terrain et connaissent bien les bénéficiaires", ce qui facilite le suivi, explique M. Van der Stappen, précisant travailler avec 'L'Appel du Coeur' pour Bruxelles.

Protégé pour 2 mois
L'abri est fait de gros carton, recyclé et recyclable, qui a l'avantage d'être un bon isolant thermique, préférable à une tente. "D'abord, il est interdit de camper dans la plupart des villes. Et les tentes accumulent l'humidité, donc elles ne tiennent pas longtemps, en général", compare Xavier Van der Stappen, assurant que des abris ont résisté jusqu'à deux mois.

Vers la France, voire l'Inde
Le nouveau modèle est désormais fait à moindre coût par une société gantoise, et non plus par des détenus de Lantin, l'intervention humaine étant réduite par le montage simplifié. "Le concept est simplifié, l'abri est plus facilement transportable. Ce qui permet d'envisager la distribution dans d'autres pays, ou lors d'urgences (telles les catastrophes naturelles, ndlr), pour des ONG", entrevoit M. Van der Stappen. L'expansion internationale est encore à l'état de projet, en fonction des finances, dans l'attente de produire un millier d'abris supplémentaires, quantité minimum pour que leur prix soit raisonnable. L'association vise notamment l'Inde et ses 78 millions de sans-abri, dont 11 millions d'enfants, avec l'espoir de lancer un atelier qui créerait de l'emploi.

Testé et approuvé à Esperanzah
En août, en pleine canicule, le nouvel Orig-Ami a été mis à disposition des campeurs du festival Esperanzah, à Floreffe, la location amenant déjà des fonds. "Les festivaliers l'ont testé un jour, ou deux ou trois. On espère refaire la même opération avec Esperanzah, mais avec un camping spécifique. On va essayer de faire une opération spéciale dans un des deux campings du festival. Cette année, c'était un test, du nouveau modèle et de la location aux festivaliers", d'ailleurs plus à l'abri de la chaleur que sous une tente plastique ou nylon, vu les vertus isolantes du carton, selon Xavier Van der Stappen.

Choix politiques et sociétaux
"Avec nos cartons, on essaie de faire face à une urgence. Mais ce n'est pas une solution à long terme. C'est un problème global, auquel nous, on ne peut pas s'attaquer", concède l'initiateur du projet. "On fait aussi ça pour attirer l'attention des pouvoirs publics sur leur engagement. On paie des impôts, c'est pour une solidarité... Voir des gens dormir dehors avec des températures négatives, ce n'est pas humainement acceptable", estime-t-il, plaidant pour un système social plus performant, d'autres choix politiques et sociétaux. "Les Villes, les Régions ont les moyens, mais je crois que c'est un problème de reconnaissance du phénomène du sans-abrisme. On voit que beaucoup de villes essaient de les chasser du centre-ville. À Namur, Charleroi, Liège, ils ne sont pas les bienvenus. Les autorités essaient de les chasser, mais un sans-abri ne va pas s'installer au bord du Ring ou à la campagne. On interdit la mendicité, donc on les chasse, et on ne résout pas le problème de fond", regrette M. Van der Stappen.

La valeur d'un Orig-Ami est de 20 euros, mais le don individuel peut être moindre, en fonction des moyens.

Informations et parrainage sur le site orig-ami.eu

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