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Grève du sexe jusqu'à la formation d'un gouvernement

La sénatrice flamande Marleen Temmerman (sp.a), gynécologue de formation, a lancé l'idée d'organiser une "grève du sexe" afin d'accélérer la formation du gouvernement. L'inspiration lui est venue du mouvement lancé en 2009 au Kenya.

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"Les femmes de la pièce "Lysistrata", lassées par les guerres de leurs maris, ont serré les cuisses. Cela a entraîné des disputes, mais aussi la fin de la Guerre du Péloponèse", explique Marleen Temmerman. © belga

"J'étais au Kenya lorsque Benoît Poelvoorde a lancé son idée" (de ne plus se raser jusqu'à la mise en place d'un nouveau gouvernement), raconte Mme Temmerman. "Cela nous a fait beaucoup rire, mais on s'est demandé ce que les femmes pourraient faire. Nos interlocutrices kényanes nous ont alors rappelé avec le plus grand sérieux qu'elles avaient lancé un appel à une "grève du sexe" en 2009 (...) Après un an de palabres, les mouvements féministes sont passés à l'action et ont appelé les femmes des négociateurs à ne plus faire l'amour jusqu'à l'obtention d'un accord. Une semaine plus tard, il y avait un accord sur la table", détaille la sénatrice. De retour en Belgique, Mme Temmerman a publié une tribune libre dans laquelle elle proposait aux Belges de suivre l'exemple kényan.

Make Love, Not War
"On trouve aussi trace d'une grève du sexe dans les récits mythiques de l'Antiquité, comme dans la comédie grecque "Lysistrata", d'Aristophane, par exemple. Les femmes de la pièce, lassées par les guerres de leurs maris, ont serré les cuisses. Cela a entraîné des disputes, mais aussi la fin de la Guerre du Péloponnèse", explique la socialiste.

Impuissance
"Mon appel était évidemment sur le ton de la plaisanterie, mais il s'inscrit dans la lignée des appels aux citoyens à exprimer leur colère: Poelvoorde qui appelle les hommes à se laisser pousser la barbe, la manifestation SHAME dans les rues de Bruxelles, cela reflète la rage et l'impuissance des gens", selon la sénatrice. "Je ne crois pas que beaucoup de femmes vont pratiquer l'abstinence, ni même que cela aurait un effet sur les négociations, mais il vaut mieux rire de cette situation complètement bloquée -même si c'est vraiment inquiétant- que de sombrer dans la frustration et le ressentiment", estime Mme Temmerman. (SC)