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Jalabert ne devrait pas être le seul rattrapé

Laurent Jalabert, accusé d'avoir pris de l'EPO par le journal L'Équipe se basant sur le rapport des sénateurs de la commission sur l'efficacité de la lutte contre le dopage, ne devrait pas être le seul cycliste de renom à être concerné par des résultats positifs à l'erythropoïétine.

Et aussi Jalabert renonce à ses activités de consultantJalabert positif à l'EPO sur le Tour 1998 "Il y a effectivement un ensemble de documents qui correspondent aux bordereaux de prélèvements effectués durant le Tour de 98 qui seront annexés au rapport qui sera rendu public le 18 juillet prochain", a indiqué une source au Sénat.

"Il y aura sans doute un certain nombre de noms dans cette liste, mais la commission ne veut pas se focaliser sur un sport ou un autre", a ajouté cette source. De fait, Jalabert ne sera pas le seul concerné.

Car en 2004, l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a procédé à la réanalyse de 60 échantillons provenant du Tour 98, avec des résultats ne laissant aucune place au doute: 7 se sont révélés impossibles à analyser, 9 avaient donné des résultats sans EPO et 44 contenaient des traces d'EPO, selon le rapport de l'ALFD transmis à l'agence antidopage américaine (USADA) dans le cadre de son action contre Lance Armstrong.

Si Jalabert, qui n'avait pas terminé le Tour cette année-là, devrait figurer dans cette liste, on retrouvera également à coup sûr d'autres grandes figures de ce cyclisme des années 90, un cyclisme d'une autre époque, selon la formule consacrée. L'EPO était à l'époque indétectable dans les analyses. Le test de détection mis au point par le laboratoire de Châtenay-Malabry a été validé en 2001.

Le 27 mars dernier, lors de son audition devant le Sénat, le directeur du département des contrôles de l'AFLD Jean-Pierre Verdy avait ainsi indiqué avoir eu entre les mains cette liste des coureurs découverts a posteriori positifs à l'EPO, mais qu'on lui avait interdit d'en faire "une photocopie".

Prudent, il n'avait lâché devant les sénateurs que le nom de Marco Pantani, vainqueur du Tour cette année-là, et décédé depuis (en 2004). En 1998, Pantani avait remporté le Tour devant l'Allemand Jan Ullrich et l'Américain Bobby Julich, qui ont depuis tous deux avoué avoir pris de l'EPO dans leur carrière.

Lors de la publication du rapport, le 18 juillet prochain, si la liste figure bien en annexe du document, plus de quarante cyclistes devraient donc aussi voir se braquer sur eux les projecteurs.