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Riyad, la capitale saoudienne, une ville inaccessible pour les réfugiés syriens. © Dr.

L'Arabie saoudite: "non" aux réfugiés, mais prête à financer la construction de 200 mosquées en Allemagne

Ce n'est pas un secret, les Etats du Golfe (Qatar, Koweït, Oman, Bahreïn et les Émirats arabes unis) et l'Arabie saoudite refusent d'accueillir des réfugiés syriens, alors qu'il s'agit en grande partie de musulmans sunnites, comme eux. En revanche, Riyad propose la construction de 200 mosquées pour les migrants en Allemagne, selon le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine, qui cite le journal libanais Al Diyar.

L'afflux de réfugiés vers l'Europe de l'Ouest (Allemagne, Angleterre, France, Belgique) ne risque pas de s'arrêter de sitôt. Si ces populations privilégient surtout ces destinations, ce n'est pas un hasard. Pourquoi? Primo, les régimes totalitaires en place dans les Emirats arabes ne sont pas vus d'un bon œil. Après ce qu'ils ont vécu chez eux, les réfugiés aspirent surtout à une vie en liberté et en sécurité, à la démocratie. Deuzio, ils ne sont pas vraiment les bienvenus dans les pays du Golfe.

"Crainte de l'importation d'idées subversives"
"La réponse double: les monarchies du Golfe ont peur du syndrome libanais. Elles se souviennent que durant les années 1970-80, c'est l'arrivée des réfugiés palestiniens au Liban qui a été l'un des éléments déclencheurs de la guerre civile libanaise. En clair, les monarchies du Golfe ont peur que ces réfugiés viennent avec des idées subversives et indésirables pour la stabilité de leurs régimes. (...) Par ailleurs, les réfugiés syriens eux-mêmes ne cherchent pas vraiment à aller vers ces pays du Golfe. Pourquoi? Parce que contrairement à l'Europe, ces pays maltraitent leurs immigrés, fussent-ils de la même confession religieuse, et qu'ils ont encore un système de la Kafala - comme c'est le cas au Qatar - ce qui met tout employé à la merci de son employeur pour changer de travail ou simplement sortir du territoire", analyse Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.

Bref, pour sa main d'œuvre bon marché, l'Arabie saoudite (où un habitant sur trois est un travailleur immigré) préfère se tourner vers les Philippins ou les Indiens. Originaires de pays qui ne sont pas en guerre, ils ne risquent pas d'importer des idées menaçant l'ordre établi et la stabilité du pays. Et ce au détriment des réfugiés syriens.

Situation au Yémen
Sans visa, impossible pour les Syriens de rejoindre un pays musulman frère, que ce soit l'Algérie, le Yémen, la Mauritanie ou le Soudan. Seules exceptions: la Jordanie et le Liban qui ont déjà accueilli des millions de réfugiés sur leur territoire.

Au lieu de montrer l'exemple, les pétromonarchies font preuve d'une attitude très égoïste. Pire: elles attisent le conflit en bombardant le Yémen, pays le plus pauvre du monde arabe. 80% des Yéménites dépendent de l'aide humanitaire, qui peine à être acheminée en raison de l'isolement géographique du pays. Avec 27 millions d'habitants, le Yémen est le pays le plus peuplé de la Péninsule arabique. Il n'existe que deux voies pour fuir le pays en guerre: traverser la mer vers la Somalie et l'Ethiopie ou vers le Nord, c'est-à-dire l'Arabie saoudite.

Financement de 200 mosquées
Aujourd'hui, à défaut de se montrer solidaire, l'Arabie saoudite se dit prête à financer la construction de 200 mosquées en Allemagne, selon le journal libanais Al Diyar. Cela se fera en concertation avec les autorités germaniques. Une attitude qui provoque déjà de nombreuses critiques en Europe. La crainte majeure: l'exportation du salafisme, un courant revendiquant le retour à un islam des origines.

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