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Jens Stoltenberg © afp

L'Otan veut une présence militaire "continue" en Europe de l'est

UpdateLes ministres des Affaires étrangères de l'Otan devraient s'accorder mardi sur une présence "continue" de forces militaires alliées en Europe de l'est en réponse à l'attitude de la Russie, a affirmé lundi le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, assurant qu'un dispositif de réaction à très bref délai à des menaces serait opérationnel dès le début de l'an prochain.

Les chefs de la diplomatie alliée vont également approuver la mise sur pied d'une force "intérimaire" de réaction très rapide, dans l'attente de la future "task force" à très haut degré de préparation, qualifiée de "spearhead" (fer de lance), a précisé M. Stoltenberg lors d'une conférence de presse au siège bruxellois de l'Otan.

Les chefs d'Etat et de de gouvernement des 28 avaient approuvé début septembre, lors d'un sommet au pays de Galles, un plan d'action pour muscler leur défense collective en réponse à l'attitude "agressive" de la Russie, mais aussi pour parer aux menaces djihadistes au sud, alors que la Turquie, membre de l'Otan, partage une frontière avec l'Irak et la Syrie.

Ce plan, baptisé "Readiness Action Plan" (RAP), vise à permettre à l'Alliance de déployer si nécessaire très rapidement - "en quelques jours" - des milliers de soldats - jusqu'à 4000 - dans toute zone du territoire allié qui ferait l'objet d'une menace à partir de 2016. Il passe aussi par l'envoi par rotation d'unités militaires en Europe de l'est pour participer à des exercices, destinés à rassurer les alliés est-européens craignant un retour de l'expansionnisme russe.

L'élément le plus réactif sera cette "spearhead force" bâtie au départ de l'actuelle force de réaction rapide de l'Otan, la "NATO Response Force" (NRF), forte de quelque 13 000 hommes, voire, sur de plus longs délais, de 40 000 militaires.

Une force "intérimaire" avec "un niveau très élevé de réactivité"
Entre-temps s'est développée au sein de l'Otan l'idée de mettre sur pied une force "intérimaire" avec "un niveau très élevé de réactivité" de laquelle l'Allemagne, la Norvège et les Pays-Bas se sont montrés disposés à former l'ossature. Elle sera "opérationnelle au début de l'année prochaine", a précisé M. Stoltenberg à la veille d'une réunion des chefs de la diplomatie des 28 pays alliés à Bruxelles.

"Ceci fera qu'on sera encore plus prêts à dissuader et à nous défendre contre les crises qui peuvent émerger à nos frontières", a-t-il poursuivi.

L'ambassadeur américain auprès de l'Otan, Douglas Lute, a pour sa part évoqué "un bataillon test" qui servira de "prototype" dès début 2015. Un bataillon peut compter entre 300 et 1200 hommes.

"Il faut tester la logistique, les structures de commandement" et déterminer comment cette force intérimaire recevra ses ordres du commandant des forces alliées en Europe, le général américain Philip Breedlove, a-t-il expliqué.

Réagir en "deux à cinq jours"
En 2015, certaines unités de la force intérimaire devraient pouvoir réagir en "deux à cinq jours", selon une source diplomatique. "Dans le courant de l'année, ce bataillon test devra faire en sorte de pouvoir être prêt en quelques jours", a également indiqué M. Lute.

Plusieurs points restent en suspens, et notamment la façon dont le coût d'une telle force en état d'alerte permanent sera partagé entre Alliés, d'autant plus que ces troupes sont censées participer à de nombreux exercices.

"Nous n'avons pas décidé où la facture allait être imputée", a précisé M. Lute. "Des forces de cette taille et avec une telle réactivité ne sont pas bon marché", a-t-il ajouté.

Pour justifier les délais de mise en application du RAP, l'ambassadeur a rappelé que "l'Otan n'a pas plus fait cela depuis vingt ans", dans une allusion à la dissolution à l'époque de l'"Allied Mobile Force" (AMF), sacrifiée en 2002 sur l'autel des dividendes de la paix après trente ans d'existence, mais sans jamais avoir été engagée en opération réelle.