"L'Ukraine au bord de la guerre civile"

VideoEntre menaces d'isolement et main tendue, l'Occident cherchait lundi une solution diplomatique avec la Russie alors que des commandos armés pro-russes ont pris de fait le contrôle de la Crimée, une intervention qui a semé un vent de panique sur les marchés financiers russes. La Russie avançait par ailleurs ses pions dans d'autres régions ukrainiennes. Quelque 300 manifestants pro-russes ont pris d'assaut dans l'après-midi l'administration régionale de Donetsk (est de l'Ukraine), fief du président déchu Viktor Ianoukovitch. Face à l'un des plus graves conflits entre l'Occident et la Russie depuis la chute du mur de Berlin en 1989, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé lundi à garantir "l'indépendance, l'unité et l'intégrité territoriale de l'Ukraine", exhortant la Russie à "s'abstenir de tout acte qui pourrait mener à une nouvelle escalade".

22h39 Le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch a demandé au président russe Vladimir Poutine l'aide militaire de son pays "pour défendre la population ukrainienne", a affirmé lundi l'ambassadeur russe à l'ONU.

S'exprimant devant le Conseil de sécurité, Vitali Tchourkine a cité un "message" en ce sens adressé à M. Poutine dans lequel M. Ianoukovitch affirme que "l'Ukraine est au bord de la guerre civile à la suite des événements intervenus à Kiev". "Des vies sont menacées (...) des gens persécutés", ajoute le message cité par l'ambassadeur. L'ex-président ukrainien y "demande l'utilisation des forces armées de la fédération de Russie pour protéger la population ukrainienne", a-t-il ajouté. Lire l'article

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22h14 Le président des Etats-Unis Barack Obama a brandi lundi la menace de mesures économiques et diplomatiques visant à "isoler" la Russie après son intervention en Crimée, affirmant que Moscou était "du mauvais côté de l'Histoire" dans la crise ukrainienne. Il existe un consensus pour dire que la Russie a violé le droit international en Ukraine, a assuré M. Obama aux journalistes, au début d'une rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans le Bureau ovale de la Maison Blanche.

"Je pense que le monde est largement uni pour reconnaître que les mesures prises par la Russie représentent une violation de la souveraineté ukrainienne (...) et une violation du droit international", a insisté le président.

"Le message que nous faisons passer aux Russes est que s'ils continuent sur leur trajectoire actuelle, nous examinerons un ensemble de mesures économiques et diplomatiques qui isoleront la Russie", a-t-il prévenu. "Elles auront un impact négatif sur l'économie (de la Russie) et son statut à travers le monde", a-t-il poursuivi.

"Ce que je souhaite est que le peuple ukrainien puisse décider lui-même de son destin", a souligné M. Obama. "La Russie a des liens historiques forts avec l'Ukraine. Il y a des liens commerciaux forts entre ces deux pays. Tout cela doit être reconnu, mais ce qui n'est pas acceptable est que la Russie déploie ses soldats sur le terrain en toute impunité et viole des principes fondamentaux reconnus à travers le monde", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tôt, le département d'Etat avait précisé que Etats-Unis réfléchissaient à "un large éventail de sanctions" à imposer à la Russie pour ses agissements en Ukraine.

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21h24 L'Otan tiendra mardi une nouvelle réunion de crise sur la situation en Ukraine, à la demande de la Pologne qui estime que sa sécurité est menacée, a annoncé le secrétaire général Anders Fogh Rasmussen. Pour cette deuxième réunion après celle de dimanche, Varsovie a invoqué  l'article 4 du Traité de l'Otan, qui prévoit que les 28 pays membres se consulteront "chaque fois que, de l'avis de l'une d'elles, l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties sera menacée".

20h30 L'Union européenne a exhorté lundi la Russie à faire baisser la tension en Ukraine d'ici à jeudi, en la menaçant de sanctions si ses troupes ne se retiraient pas de Crimée. Preuve de la gravité de la situation, un sommet extraordinaire rassemblera jeudi à Bruxelles les chefs d'Etat et de gouvernement des 28 pays de l'UE. Lire l'article

20h20 Les Etats-Unis n'enverront pas de délégation présidentielle aux Jeux Paralympiques de Sotchi afin de protester contre l'intervention militaire de la Russie en Ukraine, a annoncé lundi la Maison Blanche.

"Outre les mesures que nous prenons déjà en réaction à la situation en Ukraine, les Etats-Unis ont renoncé à envoyer une délégation
présidentielle aux Jeux Paralympiques d'hiver à Sotchi", a déclaré la
porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC) Caitlin Hayden.  "Le président Obama continue de soutenir fermement tous les athlètes qui participeront aux Jeux Paralympiques et leur souhaite beaucoup de succès dans leurs épreuves", a-t-elle ajouté.
 
Le Premier ministre britannique David Cameron avait déjà annoncé
dimanche que son gouvernement boycotterait les Jeux Paralympiques
débutant en fin de semaine, en raison de "la gravité de la situation en
Ukraine".

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19h57 La représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, rencontrera mardi à Madrid le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov sur la crise en Ukraine, a annoncé son porte-parole. Elle se rendra ensuite mercredi à Kiev, à la veille d'un sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE organisé à Bruxelles.

"Catherine Ashton: je rencontrerai le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov demain à Madrid et mercredi j'irai à Kiev", a annoncé son porte-parole, Michael Mann, sur son compte twitter. "Le dialogue à tous les niveaux est très important", a pour sa part souligné Mme Ashton au cours d'un point de presse après une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

"Nous voulons vraiment que cette situation soit résolue rapidement, et plus important encore, de façon pacifique", a-t-elle ajouté.

19h21 Un sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se tiendra jeudi à Bruxelles sur la crise en Ukraine, a annoncé lundi le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

A ce sommet, qui débutera à 11H30 et se terminera vers 15H00, les dirigeants "discuteront des derniers développements en Ukraine et des moyens pour faire baisser la tension", a indiqué M. Van Rompuy dans un bref communiqué publié après une réunion exceptionnelle des ministres des Affaires étrangères.

18h35 Contrairement à une information relayée par l'agence russe  Interfax, la Russie n'aurait pas pas lancé d'ultimatum aux troupes ukrainiennes et parle de désinformation de la part de Kiev.

"L'ultimatum est le suivant: reconnaître les nouvelles autorités (pro-russes) en Crimée, déposer les armes et s'en aller, ou être prêt à subir un assaut", a dit Vladislav Seleznev, ajoutant qu'il en ignorait l'échéance précise.

18h23 Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira une nouvelle fois lundi après-midi à New York à propos de la crise en Ukraine et en Crimée, a annoncé la présidence luxembourgeoise du Conseil. Cette réunion publique a été convoquée pour 15H30 (21H30 HB) à la demande de la Russie, ont indiqué des diplomates. Il s'agira de la troisième réunion d'urgence du Conseil en quatre jours sur ce dossier.

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18h20 Le président de la chambre basse du Parlement russe (Douma), Sergueï Narychkine, a estimé lundi qu'une intervention de l'armée russe en Ukraine n'était "pas nécessaire pour le moment". "La décision prise par le Conseil de la Fédération (sénat russe) nous donne ce droit, et nous pouvons l'utiliser si nécessaire, mais ce n'est pas nécessaire pour le moment", a déclaré M. Narychkine à la chaîne de télévision publique Russie 24.

Interrogé par un journaliste lui demandant s'il y avait une possibilité de trouver une solution à la situation en Ukraine par un dialogue politique, le président de la Douma a répondu "évidemment". "Je ne veux même pas, comme mes collègues, prononcer le mot 'guerre'", a-t-il ajouté. A la demande du président Vladimir Poutine, les deux chambres du Parlement russe avaient donné leur feu vert samedi pour une intervention militaire en Ukraine, "jusqu'à la normalisation de la situation politique dans ce pays" où de nouvelles autorités pro-occidentales ont été portées au pouvoir après trois mois de manifestations contre le régime du président pro-russe déchu Viktor Ianoukovitch.

Lundi, des commandos armés pro-russes ont pris de fait le contrôle de la Crimée, péninsule ukrainienne à majorité russophone, la plus farouchement opposée aux nouvelles autorités de Kiev.

17h38 A l'issue de son entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, la chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé à Barack Obama que le président russe avait perdu "tout contact avec la réalité", selon le New York Times.

La chancelière allemande Angela Merkel a affirmé au président américain Barack Obama que M. Poutine "a perdu tout contact avec la réalité." "Il est dans un autre monde", aurait ajouté Angela Merkel lorsqu'elle a contacté lundi M. Obama après son entretien téléphonique avec le président russe, selon le quotidien New York Times.

Après l'échange avec la chancelière allemande, M. Poutine a accepté de charger un groupe d'experts internationaux d'examiner la situation en République ukrainienne autonome de Crimée. Des observateurs de l'OSCE vont se rendre lundi soir en Ukraine.

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17h32 Un ultimatum aux forces ukrainiennes
La flotte russe a lancé un ultimatum au gouvernement intérimaire ukrainien. Si les forces ukrainiennes en Crimée ne se rendent pas avant 4h00 du matin (heure belge), une action militaire sera lancée, rapporte l'agence de presse Interfax, citant une source proche du ministère ukrainien de la Défense.

"S'ils ne se rendent pas avant 05h00 demain, un véritable assaut sera lancé contre les unités et les divisions des forces armées en Crimée", a-t-on déclaré, précise l'agence, selon laquelle l'ultimatum émane d'Alexandre Vitko, commandant en chef de la flotte. Le ministère ukrainien de la Défense n'a pas confirmé l'information et aucune réaction n'a pu être obtenue auprès de l'état-major de la flotte russe.

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17h15 Wall Street reculait nettement lundi matin, plombée par la vague d'angoisse saisissant les marchés financiers mondiaux face à la menace d'une escalade des tensions entre la Russie et l'Ukraine: le Dow Jones lâchait 1,05% et le Nasdaq 1,16%. Vers 15H15 GMT, le Dow Jones Industrial Average reculait de 171,72 points, à 16.149,99 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 50,14 points à 4.257,98 points.

L'indice Standard & Poor's 500, abandonnait 0,94% (-17,39 points) à 1.842,06 points. La Bourse de New York avait terminé le mois de février sur une note hésitante vendredi, mais l'indice S&P 500, très suivi par les investisseurs, s'était hissé à un nouveau sommet historique, à 1.859,45 points. Le Dow Jones Industrial Average s'était apprécié de 0,30%, à 16.321,71 points, mais le Nasdaq avait cédé 0,25%, à 4.308,12 points.

L'euphorie du nouveau record atteint vendredi par la place financière new-yorkaise a été "douchée à l'ouverture par l'émoi provoqué par l'escalade des tensions au cours du weekend entre la Russie et l'Ukraine", ont relevé les analystes de la maison de courtage Charles Schwab.

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16h46 La Russie a lancé lundi le projet de construction d'un pont reliant son territoire à la Crimée, péninsule ukrainienne à majorité russophone, dont des commandos pro-russes ont pris de fait le contrôle en plein conflit entre les deux pays.

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a signé un décret confiant à la société publique Rossavtotor la réalisation de ce projet dont les études techniques doivent être achevées d'ici à novembre. "Nous suivons attentivement l'évolution de la situation (en Ukraine), mais il y a des décisions qui ont un caractère contraignant", a déclaré M. Medvedev.

La Russie et l'Ukraine avaient signé en 2010 un protocole d'accord sur ce projet de pont enjambant le détroit de Kertch, pour relier la région russe de Krasnodar à la Crimée. La péninsule de Crimée, région la plus farouchement opposée aux nouvelles autorités à Kiev, est pour le moment accessible seulement en ferry. La futur pont, d'une longueur de 4,2 km et d'une largeur de 22 mètres, sera doté de trottoirs, d'une autoroute et d'une ou deux voies ferrées. Vingt millions de personnes environ pourront l'emprunter chaque année. Le coût du projet est évalué à 24 milliards de roubles (480 millions d'euros).

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16h36 "Des chasseurs russes ont violé l'espace aérien ukrainien"
Le ministère de la Défense ukrainien a affirmé que des avions de combat russes ont dépassé à plusieurs reprises la frontière aérienne ukrainienne dans la nuit de dimanche à lundi, annonce l'agence de presse Interfax Ukraine lundi. "Nous n'avons pas cédé à la provocation russe", explique le ministère de la Défense ukrainien.

Les avions russes auraient outrepassé à deux reprises la frontière aérienne ukrainienne, annonce l'agence de presse Interfax Ukraine lundi. Le ministère de la Défense ukrainien aurait immédiatement ordonné l'intervention de deux de ses chasseurs SU-27.

Selon l'agence de presse ukrainienne, les engins russes, identifiés également comme deux SU-27, auraient décollé de la base russe de Krasnodar pour survoler la ville de Melitopol, située à proximité de la Crimée dans le sud-est de l'Ukraine. Les avions militaires russes auraient continué à survoler la frontière ukraino-russe jusque lundi matin avant de retourner à la base aérienne de Krasnodar. Le ministère de la Défense ukrainien a dit "ne pas avoir cédé à la provocation russe."

Pour rappel, le président ukrainien par intérim, Olexandre Tourtchinov, a annoncé dimanche la fermeture de l'espace aérien du pays à tout appareil non civil.

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La Russie a jugé lundi "inadmissibles" les menaces du secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui a dénoncé "l'invasion" de l'Ukraine par la Russie et évoqué de possibles sanctions internationales contre Moscou.

"Nous estimons inadmissibles les menaces à l'égard de la Russie exprimées par le secrétaire d'Etat américain John Kerry concernant les derniers événements en Ukraine et en Crimée", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Il a accusé M. Kerry de revenir à des "clichés de la guerre froide" et ne pas avoir cherché à comprendre le processus complexe en cours dans la société ukrainienne. Le ministère accuse Washington d'avoir fermé les yeux sur "la russophobie rampante et l'antisémitisme" chez les manifestants de l'opposition, dont les représentants ont pris le pouvoir à Kiev. "Les Occidentaux sont maintenant des alliés de véritables néonazis qui détruisent des églises orthodoxes et des synagogues", selon le ministère.

M. Kerry, attendu à Kiev mardi, avait lancé samedi une très ferme mise en garde contre Moscou dans un communiqué fustigeant "l'invasion et l'occupation" de l'Ukraine par la Russie qui mettent en péril "la paix et la sécurité" dans la région.

Il avait dénoncé la "violation" par Moscou de la "souveraineté", de "l'intégrité territoriale" de l'Ukraine et des conventions internationales, notamment celles des Nations unies.

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