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La défense de Nemmouche demande son acquittement

UpdateA l'issue d'une plaidoirie qui aura duré toute la journée de jeudi, Me Courtoy, avocat de Mehdi Nemmouche, a demandé aux jurés de prononcer son acquittement pour la tuerie au Musée juif de Belgique.

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"Vous allez devoir prendre une décision lourde, je n'aimerais pas être à votre place, il n'y a pas d'appel possible. Vous allez devoir venir avec votre intelligence" et dire "qui dit la vérité", a précisé l'avocat aux jurés.

Message aux jurés
"Dans 10 ou 15 ans, lorsque vous repenserez aux juges que vous avez été en ces mois de janvier, février et mars 2019, j'espère que vous ne vous direz pas: 'est-ce que j'ai condamné quelqu'un qui est en train de crever en prison et que je me suis trompé?'", a terminé l'avocat.

Sept heures de plaidoirie
Au bout de sept heures de plaidoirie, le pénaliste a ainsi clos sa prise de parole pour défendre les intérêts du principal accusé de l'attentat au Musée juif de Belgique.

Défense de Nacer Bendrer
Vendredi, ce sera au tour des avocats de Nacer Bendrer, Mes Gilles Vanderbeck et Julien Blot, d'exposer leurs arguments. Leur client, soupçonné d'avoir fourni les armes de la tuerie à Mehdi Nemmouche, conteste lui aussi toute participation aux faits.

Argument de l'ADN
L'ADN de Mehdi Nemmouche a été décelé sur la poignée intérieure de la porte du local d'accueil du Musée juif de Belgique, un endroit que ni le tueur ni le repéreur n'a touché, a relevé avec force Me Sébastien Courtoy.

Trace "D13"
L'avocat de Mehdi Nemmouche a évoqué jeudi après-midi devant la cour d'assises de Bruxelles la trace "D13". Celle-ci concerne une empreinte mixte retrouvée sur la poignée intérieure de la porte du local d'accueil du Musée juif, comprenant entre autres l'ADN incomplet de Mehdi Nemmouche. Plus précisément, l'expert en génétique avait conclu que Mehdi Nemmouche ne pouvait être ni inclus ni exclus comme co-donneur de cette empreinte mixte.

"Un énorme scandale!"
"Le ministère public confirme que le repéreur, sur les images de vidéo-surveillance, ne touche pas la porte à cet endroit, donc ce n'est pas ce jour-là que Mehdi Nemmouche aurait pu toucher la porte", a argumenté l'avocat. 

"Le tueur non plus, sur les images de vidéo-surveillance, ne touche pas la porte à cet endroit, donc il n'a pas pu y laisser son ADN. Or, il y est! Je vois un énorme scandale!", s'est exclamé Me Courtoy, rappelant que les transferts d'ADN étaient possibles et qu'on a "mis une preuve" pour incriminer son client.

Thèse du complot
L'avocat a poursuivi dans la thèse du complot dirigé contre Mehdi Nemmouche, déclarant notamment qu'il devait "se battre contre l'Etat qui est tout puissant, qui a tous les moyens", décrivant cette fois les enquêteurs comme les "chasseurs du camp d'en face".

"Mehdi Nemmouche ne sait pas tuer un être humain"

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Me Courtoy a continué sa plaidoirie jeudi après-midi en passant d'un élément à un autre, de manière parfois déconcertante. L'avocat de Mehdi Nemmouche affirme que ce dernier "ne sait pas tuer un être humain", comme en atteste sa passivité au moment de son arrestation à Marseille, le 30 mai 2014, alors qu'il était lourdement armé.

Alarme "désactivée"
Me Courtoy est revenu sur la question de l'alarme du Musée juif, qui a selon lui été "désactivée". "Ça aussi, c'est la 'part des anges'" évoquée par Me Dalne, conseil de la famille d'Alexandre Strens, a-t-il dénoncé. Selon l'avocat de Mehdi Nemmouche, les jurés sont invités à passer outre ces détails non-expliqués et à prononcer "la condamnation qu'on attend".

"Ont-ils reçu un ordre?"
Me Courtoy s'est insurgé du manque d'investigations, selon lui, quant à une maison proche du musée "louée sous une fausse identité par une femme dont le mari est connu pour terrorisme". "Les enquêteurs y croyaient avant d'abandonner cette piste. Ont-ils reçu un ordre?", a-t-il interrogé.

"La police, c'est l'ennemi"
Sur l'attitude désinvolte de son client lors des auditions par les policiers français, l'avocat a opposé son "enfance crapuleuse". "Pour lui, la police c'est l'ennemi. On ne leur parle pas, on crâne. Ce sont les gens qui vous enferment dans des cages."

Capacité mise en doute
"L'accusation et les parties civiles nous disent que Mehdi Nemmouche avait la capacité de commettre les faits, qu'il en avait l'intelligence", a poursuivi Me Courtoy. "Mais il a essayé de braquer une supérette de quartier et s'est fait 'serrer comme une merde'. Et il serait capable de tuer quatre personnes en 80 secondes, dont des agents du Mossad?"

Aucune résistance
Lors de son arrestation à Marseille, l'accusé n'a opposé aucune résistance. "Parce qu'il est lâche et ne veut pas mourir comme l'a dit le journaliste Nicolas Hénin? Non, parce qu'il ne sait pas tuer un être humain. Il se sait surveillé et il est donc soulagé de se faire arrêter", selon son avocat. Pour Me Courtoy, ce scénario ne colle pas avec la thèse d'un individu missionné par l'Etat islamique, dont les djihadistes sont des kamikazes qui veulent mourir en martyrs pour accéder au paradis.

Recrutement
Mehdi Nemmouche a été "recruté, sélectionné" à sa sortie de prison par des services secrets étrangers. "C'est pour ça qu'il passe par le Liban, c'est comme ça qu'il est financé", a asséné son avocat.

Les affirmations de Me Courtoy suscitent des réactions décontenancées sur les bancs des parties de civiles et de l'accusation, où les sourcils se froncent, les têtes plongent entre les mains et les yeux se lèvent à chaque tirade de l'avocat.