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"La perspective d'une longue crise aura effrayé le roi"

La perspective d'une nouvelle longue crise politique après les élections de 2014 aura fait peur au roi Albert II, affaibli par l'âge et la santé, a estimé mercredi le président du Conseil européen et ancien Premier ministre belge Herman Van Rompuy.

Les cinq derniers années du règne d'Albert II ont été particulièrement difficiles pour le roi, dont le "mérite persistant" aura été d'assurer la stabilité", a commenté M. Van Rompuy sur les écrans de la VRT.

Le roi lui-même a évoqué son âge et sa santé pour justifier dans un message télévisé sa décision d'abdiquer en faveur de son fils Philippe.

Aux yeux de M. Van Rompuy, le prince est prêt pour reprendre la fonction royale. Mais il ne serait pas opportun selon lui de réfléchir aujourd'hui au futur rôle du roi. "Ce n'est pas le moment pour de grandes réformes institutionnelles", a commenté Herman Van Rompuy.

Le Roi avait "une grande empathie pour ce qui animait la population"
Le Roi Albert II avait "une grande empathie pour ce qui animait la population" et a joué un rôle déterminant dans "la réforme en profondeur des institutions belges", a réagi l'ancien Premier ministre Yves Leterme à l'annonce de la prochaine abdication du Souverain.

Le Roi n'aura eu de cesse, durant ses vingt ans de règne, d'accompagner ceux qui depuis les accords de la St-Michel, et l'approfondissement de l'État fédéral, veillaient à trouver l'équilibre entre le niveau fédéral et les Régions et Communautés, a dit Yves Leterme sur la VRT.

Ce fut parfois difficile, a souligné le secrétaire général adjoint de l'OCDE. "Le Roi est aussi une personne avec des idées, mue par le sens du devoir, qui voit la Belgique dans un certain contexte et lui donne du contenu. Qu'après cela, on puisse percevoir une communication pas toujours très neutre me paraît fort normal, tant les moments se vivent parfois de façon très personnelle, avec une vision et une impulsion particulière", selon Yves Leterme.

Ce dernier retient du discours d'abdication un certain nombre d'"éléments de continuité" et notamment le respect des institutions, l'entière confiance à son successeur et la bienveillance à l'égard de la population.

Le CD&V remercie Albert II, "roi-refuge"
Le CD&V a dit mercredi comprendre le choix du roi Albert II d'abdiquer, évoquant la fatigue physique d'un chef de l'Etat "refuge" des tensions communautaires.

"Ces dernières années, le roi s'est beaucoup investi en tant que refuge au cours des difficiles négociations communautaires et pour la formation d'un gouvernement", a fait observer le président du parti Wouter Beke.

"Ce rôle, le roi l'a rempli avec correction, mais cela lui exigeait physiquement toujours davantage. Maintenant que la sixième réforme de l'État est presque accomplie, nous comprenons que le roi lui aussi se voit octroyer un repos mérité".

Les chrétiens-démocrates flamands relèvent que le prince Philippe se trouve maintenant devant une tâche "pour laquelle il a été préparé pendant des années". "Nous lui souhaitons la force et l'inspiration pour remplir cette mission importante avec justesse", conclut Wouter Beke.