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La santé mentale de Mohamed Abrini en danger

Video"L'homme au chapeau" des attentats de Bruxelles est emprisonné sous de strictes conditions à la prison de Nivelles. La direction générale des établissements pénitentiaires (DGEPI) semble rester sourde aux rapports psychiatriques.

Les conditions de détention de Mohamed Abrini peuvent-elles avoir un impact sur sa santé mentale? Oui, si l'on en croit les rapports psychiatriques transmis à la DGEPI et dont Sudpresse dit avoir pris connaissance.

Selon le quotidien, les psychologues et psychiatres du seul survivant des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016 ont réclamé un aménagement de ses conditions de détention qui, jusqu'à présent, n'ont pas évolué depuis son arrestation le 8 avril 2016. Du côté de la direction des établissements pénitentiaires on se refuse  à tout commentaire, estimant qu'il s'agit "d'un cas individuel comme un autre".

Visites contrôlées et sorties limitées
Soupçonné d'avoir participé aux attentats de Paris et en aveux pour ceux
de Bruxelles, Mohamed Abrini séjourne dans une cellule isolée et ne peut
recevoir de la visite de quelques membres de sa famille qu'avec l'accord
de la DGEPI. Il lui est interdit d'entrer en contact avec les autres détenus et n'a droit qu'à deux sorties par semaine au préau intérieur. Ces restrictions pourraient influencer ses capacités à répondre aux questions de la justice sur les attaques auxquelles il est rattaché.

La question des conditions de détention des survivants des commandos de Paris et Bruxelles est centrale. Salah Abdeslam, incarcéré en France à Fleury-Mérogis, conteste à son tour le traitement qui lui est réservé. Placé à l'isolement et sous surveillance vidéo 24h/24, il a vu ses conditions de détention assouplies mi-septembre en raison de "craintes pour sa santé"
avait à l'époque expliqué la ministre française de la Justice, Nicole Belloubet qui se refusait de parler "d'allègement".

Abdeslam en Belgique
Présenté ce mercredi pour la cinquième fois devant un juge parisien, le suspect-clé des attentats du 13 novembre 2015 à Paris a à nouveau refusé de répondre à ses questions. Contre toute attente, il a par contre souhaité comparaître à son procès prévu en Belgique en décembre où il doit être jugé pour "tentative d'assassinat dans un contexte terroriste sur plusieurs policiers" survenue lors de la perquisition menée le 15 mars 2016 à la rue du Dries à Forest.

Il était arrêté trois jours plus tard à Molenbeek. Mohamed Belkaid (alias Samir Bouzid), un Algérien de 35 ans, avait été tué dans l'échange de tirs entre la police belge et les terroristes.