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La soeur de Merah se rachète une conduite

VideoAlors qu'elle fait l'objet d'une enquête pour "apologie du terrorisme" après avoir déclaré être fière de son frère Mohamed, Souad Merah revient sur ses propos et s'exprime, en niqab mais avec des paroles très posées, dans une nouvelle vidéo (voir ci-dessous).

La soeur du terroriste pose voilée pour ne pas être reconnue et explique au journaliste d'i-Télé que c'est aux médias et à son frère Abdelghani qu'incombent son inculpation et la prétendue dérive salafiste familiale révélées suite à la fusillade de Toulouse perpétrée par son frère.

"C'est lui qui en rendra compte au jugement dernier"
"Je vis ça mal, même très mal, car les journalistes et ensuite Abdel ont tout fait pour nous accuser. Mais notre seul tort, c'est d'être de la famille de Mohamed, mais c'est tout (...) Et encore, ce n'est pas un tort, Mohamed fait partie de la famille et voilà. Ce sont ses actes, c'est sa responsabilité, c'est lui qui en rendra le jour du jugement dernier. Ce n'est pas parce qu'on est parent, frère, soeur de quelqu'un qu'on est forcément complice. Ou coupable".

"On m'a fait dire ces paroles à travers un montage"
Et la jeune femme de revenir sur le terreau familial antisémite dans lequel Mohamed Merah aurait grandi: "C'est des choix qu'il a faits, c'est un combat qu'il a mené tout seul. Ca c'est sûr et certain. Nos parents ne nous ont jamais fait grandir en ayant la haine des juifs ou de n'importe qui d'autre. Ni Mohamed, ni Kader ni moi n'avons été élevés avec cette haine antisémite qu'Abdel prétend. On est pas du tout antisémites, on est pas du tout haineux de qui que ce soit ou de quoi que ce soit".

"Tout ce qu'on dit sur nous, c'est faux. Et aujourd'hui, si je me retrouve accusée de toutes ces choses, c'est pas voulu, j'ai jamais voulu ça. On m'a fait dire ces paroles à travers un montage, on m'a piégée, on m'a provoquée", accuse Souad Merah, revenant sur la caméra cachée où elle se disait "fière" que son frère ait "sauté le pas".

Des sanglots et des larmes
La jeune femme explique alors que son amour fraternel l'empêche de détester Mohamed, et ce malgré l'empathie qu'elle éprouve pour les proches des victimes. "C'est mon frère, il a beau avoir fait ce qu'il a fait, ça reste mon frère, ça reste ma chair et mon sang. Je condamne ses actes, je ne suis pas d'accord avec ce qu'il a fait. Je suis mère, je peux comprendre la douleur que les mères ont ressentie, mais ça reste mon frère, et je l'aimerai quand même", étouffe Souad Merah dans un sanglot avant d'essuyer ses larmes face à la caméra.

Un peu tard
Selon le Figaro, le virage médiatique de la soeur Merah a trop tardé. Le père d'une des victimes a immédiatemment réagi sur i-Télé, soulignant qu'un tel mea culpa aurait dû être fait d'emblée. Quant à son déni de tout antisémitisme au sein de la famille Merah, il vient contrarier les propos du directeur de l'info d'Europe 1 qui aurait récemment dû censurer des mots très durs de la mère du terroriste au sujet des victimes tombées sous ses balles.

Souad Merah, quant à elle, entend toujours porter plainte contre M6, la chaîne qui avait diffusé la vidéo où on la voyait répéter sa fierté envers son cadet et ajouter: "Il s'est bien défendu. Il a combattu jusqu'au bout" avant de déclarer: "Je pense du bien de Ben Laden, je l'ai dit aux flics, je peux te le dire à toi (...). Moi, je le dis clairement, je le dis haut et fort, les Juifs, je mets pas tout le monde dans le même panier, mais tous ceux qui sont en train de massacrer les musulmans, je les déteste". Des déclarations étrangement diamétralement opposées à son émotion d'aujourd'hui.

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