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Exilé en Egypte depuis fin décembre, Mahmoud Souleimane Haj Hamad pose un regard sombre sur la situation alarmante de son pays.

"La Syrie est proche du génocide"

L'ancien inspecteur financier syrien de la Défense, Mahmoud Souleimane Haj Hamad, a décrit l'horreur qui frappe Damas, où des "monstres humains" pro-gouvernementaux sont payés 100 dollars par jour pour réprimer par tous les moyens les manifestations. "Notre situation est comparable à une génocide" a-t-il déploré.

Prisons souterraines
Ancien inspecteur financier auprès du gouvernement et du ministère de la Défense, Mahmoud Souleimane Haj Hamad a émigré récemment en Egypte où une équipe de reporters de CNN l'a rencontré. Le regard qu'il porte sur la révolution qui secoue son pays depuis 10 mois est dramatique, compte tenu de la férocité avec laquelle le régime de Bachar el-Assad réprime les dissidents, arrêtés ou exécuté sans ménagements. "De mon bureau, situé au 12e étage, j'avais l'habitude de voir des dissidents, menottés et les yeux bandés, être emmenés par les forces pro-gouvernementales dans des prisons souterraines", décrit-il. "Les jours de manifestation dans les rues de Damas, je voyais les autobus remplis d'hommes armés quitter le ministère et être escortés par des 4x4".

Logement et salaire élevé
D'après lui, ce carnage n'est pas imputable aux militaires de carrière, mais plutôt aux services de renseignements du président el-Assad et à des gangs armés recrutés pour museler les protestants. "El-Assad n'est plus en mesure de contrôler ces monstres humains qui embarquent dans des ambulances frappées du Croissant-Rouge syrien et traversent la foule en lui tirant dessus. Nous pouvons assimiler notre situation à celle d'un génocide", ajoute-t-il, le ton grave. Ces hommes armés sont payés par le gouvernement qui leur fournit un logement et un salaire de 100 dollars par jour destinés à réprimer ou tuer. Une dépense mortuaire aux conséquences humaines et économiques alarmantes. "La répression des manifestations coûte au gouvernement entraînant une baisse du budget des autres ministères à hauteur de 30%" évalue-t-il.

Restrictions
Comme nombre de ses collègues, Haj Hamad s'est rapidement rangé du côté de la rebellion qu'il n'hésitait pas à rejoindre, déguisé, dans la rue. "Nous espérions voir les massacres s'arrêter, voir le gouvernement admettre la légitimité des opposants et éventuellement trouver une solution pour apaiser la situation. Mais c'était sans espoir". À mesure que l'opposition s'est intensifiée, le ministère de la Défense a imposé des restrictions sur le personnel; tout déplacement ou tout voyage devant être actés par le département des renseignements.

Inaction du Conseil de sécurité
C'est par ruse qu'Haj Hamad est parvenu à quitter son pays. "J'ai pu me rendre en Egypte en prétextant l'inscription de mon fils dans une école du Caire. Et comme ma famille m'a suivi, j'ai posé ma démission en protestation avec ce qu'il se passait en Syrie". Sur le terrain syrien, la violence, elle, ne faiblit pas. Et le régime se décharge de toute responsabilité, rejetant la faute sur des "groupes terroristes". Or, selon l'ONU, à la date du 12 décembre dernier, la répression aurait coûté la vie à plus de 5000 personnes. Des Nations Unies dont l'inaction indigne la communauté internationale.  (LS)

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