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Le chômage en cas de démission? Les patrons disent "non"

Interrogé par La Dernière Heure, Maxime Prévot, président du cdH, souhaite que les travailleurs qui quittent eux-mêmes leur emploi puissent toucher des allocations de chômage. La Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) n'est pas du même avis.

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Maxime Prévot, président du cdH © belga

En Belgique, un travailleur qui démissionne ne peut bénéficier d'allocations de chômage immédiatement. Maxime Prévot a confié à la DH sa volonté de réformer le marché du travail. Il propose une mesure phare: le droit à la démission.

Double impact négatif
Selon lui, l'impact négatif d'un travailleur en burn-out ou bore-out est double: pour le travailleur lui-même, mais aussi pour son employeur qui ne peut plus compter sur lui ni le remplacer. Le président du cdH suggère en outre que le nombre de démissions soit limité sur l'ensemble d'une carrière, et ce pour éviter les abus.

La FEB s'oppose
Contactée par 7sur7, la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) s'oppose à ce principe: "Si c'est le travailleur qui démissionne, il opte volontairement pour le chômage et ne peut prétendre à une intervention solidaire de la sécurité sociale. Une condition de base pour bénéficier de l'assurance chômage obligatoire est le caractère 'involontaire' de la situation. La FEB ne souhaite pas modifier cela. La proposition revient à lutter contre les symptômes (du burn-out/bore-out) et comporte un risque important d'abus", déclare la FEB.

"Assurance chômage"
"La FEB estime qu'il y a des réformes bien plus importantes pour le marché du travail et l'assurance chômage, à savoir une activation nettement plus poussée de l'assurance chômage. La proposition de la FEB consiste à accroître la dégressivité des allocations de chômage et, mieux encore, à les limiter dans le temps" revendique la Fédération.  

Contrat "win-win"
"Le principe de départ doit être 'Comment créer une organisation où les travailleurs peuvent et veulent donner le meilleur d'eux-mêmes?'. Des travailleurs enthousiastes, des personnes qui travaillent avec plaisir et fierté sont un win-win pour l'entreprise et pour eux-mêmes", défend-elle.

"Tâches adaptées"
"Cela signifie que nous devons être attentifs à tous les aspects du travail et du collaborateur, aujourd'hui et demain, et que nous devons miser sur le développement des travailleurs grâce au management des compétences, au management des talents et à l'accompagnement de la carrière. Il peut parfois suffire, en cas de bore-out, de prévoir des tâches adaptées. Dans d'autres cas, la solution sera peut-être une nouvelle fonction et/ou un nouveau cadre de travail qui donne de l'énergie au lieu d'épuiser", conclut la FEB.

L'ONEM ne commente pas
Hautement concerné par le débat mais tenu à un "devoir de neutralité et de réserve en tant qu'administration publique", l'ONEM n'a pas souhaité commenter cette proposition préélectorale du président du cdH.