Matthew Festing et le pape François le 23 juin dernier.
Plein écran
Matthew Festing et le pape François le 23 juin dernier. © reuters

Le Grand maître de l'Ordre de Malte démissionne à la demande du pape

Après un mois d'un bras de fer inédit entre l'Ordre souverain de Malte et le Saint-Siège, le Grand maître de l'Ordre Matthew Festing a accepté de démissionner à la demande du pape François, a-t-on appris mercredi auprès de l'organisation.

"Mardi après-midi, le Grand maître a été reçu par le pape François qui lui a demandé de démissionner. Le Grand maître a accepté", a précisé une porte-parole.

L'Ordre de Malte, l'une des plus anciennes institutions chrétiennes, un Etat sans territoire, avait refusé catégoriquement au nom de sa souveraineté une enquête interne ordonnée par le pape François. Le Grand maître était même allé jusqu'à remettre en cause le choix des enquêteurs, obligeant le Vatican à réagir.

Le bras de fer est apparu après le départ forcé, le 6 décembre 2016, du numéro trois de l'Ordre, Albrecht von Boeselager, un Allemand en poste depuis 2014.

Selon des sources proches du dossier, l'affaire tourne grandement autour d'une bataille politique. Elle a également éclaté au moment où le frère d'Albrecht von Boeslager a été nommé au sein du conseil d'administration de la Banque du Vatican (IOR), en plein assainissement après avoir été éclaboussée par des scandales ces dernières années. "Le timing est très significatif", avance une source.

Le 21 décembre, le pape avait nommé une commission d'enquête de cinq membres chargés d'y voir plus clair.

Le Britannique Matthew Festing, qui était en principe nommé à vie, doit encore réunir son Conseil souverain pour que la démission soit formellement entérinée.