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Le lourd passé de Hakim Benladghem

VideoEn ayant neutralisé et tué Hakim Benladghem, la police a sans doute déjoué de potentiels attentats sur le territoire belge. Abattu d'une dizaine de balles sur l'autoroute A8 à proximité d'Ath, ce Franco-Algérien était bien connu des services de renseignement français.

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Depuis son arrivée en Belgique en 2008, Hakim Benladghem était dans le collimateur des services secrets belges, avertis par la DCRI française de sa dangerosité présumée. Ce trentenaire d'origine algérienne avait suivi une formation de para-commando en France, avant d'émigrer à Bruxelles.

En 2008, l'individu aurait été intercepté à trois reprises par la police égyptienne à la frontière avec Israël, où il avait tenté d'entrer clandestinement, selon Het Laatste Nieuws. A son retour en Belgique, il fut entendu par la justice belge. L'objectif de son séjour au Proche-Orient? "Mourir en martyr à Gaza", justifiait-il à l'époque. L'homme ne s'en cachait pas, il voulait défendre la cause palestinienne par les armes. Suspecté d'être lié à Jaish al-Islam, une organisation terroriste de Gaza proche d'al-Qaïda, il fait l'objet d'une instruction en 2010, pour faits de terrorisme.

En 2008, il échappe à la justice
A l'époque, on le soupçonne déjà d'appartenir à un réseau ramifié d'islamistes radicaux. Comme l'atteste le dossier judiciaire, il soutenait financièrement Youssef El Morabit, un terroriste français qui recrutait des combattants pour l'Afghanistan, proche de l'entourage de Malika El-Aroud (une activiste islamiste radicale belge d'origine marocaine). Malgré les suspicions qui pèsent sur lui, il échappe à un procès, faute de preuves, selon Het Laatste Nieuws.

Entre temps, l'homme se marie et trouve un job en tant que chauffeur de poids lourd, tout en parachevant sa formation paramilitaire. Il se familiarise avec les combats en cage, les sauts en parachute, la plongée et s'adonne intensivement au "powertraining".

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Selon sa famille, Benladghem était d'une discrétion absolue sur sa vie de djihadiste. Personne dans son entourage ne comprend comment il a pu en arriver là. Sous le choc, sa soeur Nabila (chanteuse R&B de la région de Nancy), n'a pas souhaité réagir. Mourad, l'un de ses cousins, a lui accepté de parler à Het Laatste Nieuws.

"Il habitait depuis quelques années à Bruxelles. Je ne le voyais plus. Avant, quand je le côtoyais régulièrement et que nous sortions ensemble, c'était un mec ordinaire et sympa. Des armes? Un musulman fondamentaliste? Je n'ai jamais rien remarqué de tout ça. Nous étions comme tous les garçons de notre âge", témoigne-t-il. "Bien sûr, il y a un lien du sang entre nous. Mais je comprends les Belges. Lorsqu'on voit l'arsenal d'armes qui a été saisi chez lui, il est clair qu'il prévoyait de commettre quelque chose de complètement fou. Il était dans un engrenage et ne pouvait plus en sortir. Le soulagement que vous ressentez est normal. Il ne faut pas s'en gêner", prolonge-t-il.

Voyages en Afghanistan et au Maghreb
Comment son cousin en est-il arrivé là? "Il fréquentait de mauvais amis, qui sont parvenus à l'endoctriner. C'est très grave évidemment pour ses parents et sa soeur. La dernière fois que je l'ai vu, c'était à l'enterrement de son frère il y a quelques années. A l'époque, il n'était pas du tout question de radicalisme musulman", termine-t-il.

Selon plusieurs sources françaises, Benladghem a également effectué des séjours en Afghanistan et au Maghreb, où il aurait rencontré des hautes personnalités d'al-Qaida.