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Les indépendantistes catalans qui participeront au procès © epa

Le procès des indépendantistes catalans s'ouvrira mardi dans l'effervescence médiatique

Le procès historique de 12 dirigeants indépendantistes catalans s'ouvrira demain/mardi à Madrid, sous l'œil des médias nationaux et internationaux. La Cour suprême espagnole sera chargée de juger le rôle de chacun lors de la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017. Les accusés risquent de lourdes peines d'emprisonnement.

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Carles Puigdemont © photo_news
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Manifestation pour l'indépendance, en septembre 2018 © ap

Poursuivis pour rébellion, sédition ou malversations, ils encourent selon les cas de sept à 25 ans de prison pour avoir organisé, en dépit de son interdiction par le pouvoir central, un référendum d'autodétermination le 1er octobre 2017. Selon les autorités catalanes, le "oui" à la sécession avait alors remporté 90,18% des voix avec une participation de 43%. La journée avait été émaillée de violences policières.

L'indépendance déclarée en octobre 2017
Le 27 du même mois, le parlement régional avait déclaré l'indépendance, avant d'en suspendre les effets quelques minutes plus tard. Le chef de l'État Mariano Rajoy avait ensuite destitué le gouvernement indépendantiste de Carles Puigdemont et mis la Catalogne et ses 7,5 millions d'habitants sous tutelle en vertu de l'article 155 de la Constitution. Trois jours plus tard, Carles Puigdemont, grand absent du procès devant la Cour suprême, s'enfuyait en Belgique en compagnie d'autres membres de son gouvernement afin d'échapper aux poursuites judiciaires.

Les accusés
Sur le banc des accusés se côtoieront ainsi mardi l'ancien vice-président de la région Oriol Junqueras, l'ex-présidente du parlement catalan Carme Forcadell, l'ancien ministre de l'Intérieur Joaquim Forn, son collègue des Affaires extérieures Raül Romeva, ainsi que d'autres membres du gouvernement catalan déchu par Madrid: Jordi Turull, Josep Rull, Carles Mondó, Meritxell Borràs, Dolors Bassa et Santi Vila. À leurs côtés comparaissent également Jordi Sanchez, l'ex-président de l'influente association séparatiste ANC, et Jordi Cuixart, à la tête d'Òmnium Cultura, un organisme culturel qui promeut l'"identité nationale catalane". Neuf de ces "prisonniers politiques", selon les séparatistes, sont en détention provisoire depuis plusieurs mois.

Un "soulèvement violent"
La Cour suprême, la plus haute instance judiciaire d'Espagne, et ses sept membres devront déterminer si la tentative de sécession de la Catalogne correspond à un "soulèvement violent", condition qui sous-tend le délit de rébellion. Les juges se pencheront également sur la question des fonds publics possiblement alloués à l'organisation du référendum sur l'indépendance organisé le 1er octobre 2017. Un plébiscite illégal au regard de la Constitution espagnole de 1978, selon laquelle seul le Roi est habilité à convoquer une consultation populaire, sur proposition du gouvernement fédéral et avec l'accord préalable du Congrès. Les régions ne sont donc pas dotées de ce pouvoir.

Plus de 600 journalistes de 150 médias suivront les débats du procès "le plus important de la démocratie" espagnole, d'après les mots du président de la cour, Carlos Lesmes. Les audiences seront également retransmises en direct à la télévision.

La chaîne publique catalane, financée par le gouvernement sécessionniste, a d'ores et déjà annoncé qu'elle suivrait les débats en anglais également, dans la droite ligne de la stratégie d'"internationalisation" de la crise catalane. Selon les indépendantistes, cette dernière dépasse en effet le cadre de la politique intérieure espagnole.

Le gouvernement veut démonter les "fake news"
De son côté, le ministère des Affaires étrangères a lancé un secrétariat d'État, España Global, destiné à promouvoir l'image de l'Espagne à l'étranger et à "démonter, avec des arguments solides et des données vérifiées, les 'fake news'" autour du procès.

Carles Puigdemont
Depuis le début de son exil en Belgique, Carles Puigdemont ne ménage pas ses efforts pour sensibiliser les Européens à la cause catalane. Il s'était ainsi rendu notamment à Genève pour participer à un débat sur le thème de l'autodétermination, ou à Helsinki pour tenir une conférence sur la situation de la Catalogne devant des étudiants de l'université locale. À Hasselt, il avait lancé en septembre 2018 l'année académique en tant que conférencier-invité devant des étudiants de la Hogeschool PXL.

Son successeur à la présidence, l'indépendantiste Quim Torra, avait quant à lui rapidement décidé de rouvrir les premières représentations de la Catalogne à l'étranger, fermées après la levée de l'autonomie régionale, tandis que les anciens ministres catalans Meritxell Serret, Toni Comín et Lluís Puig, exilés dans la capitale européenne, promouvaient quelques mois plus tard à Bruxelles une exposition photographique intitulée "La révolte des urnes".

Signe de la fracture au sein de la société catalane, la Societat Civil Catalana (SCC), contre-poids des associations indépendantistes catalanes, avait elle aussi envoyé des représentants à Bruxelles pour faire entendre "l'autre voix" de la Catalogne, celle en faveur du maintien de la région au sein des frontières espagnoles.

Trois mois de procès
Le procès devrait durer environ trois mois. Quant au jugement, il sera rendu, au plus tôt, deux à trois mois après la fin des débats.

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