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"Les 55 morts étaient tous des terroristes", selon l'ambassadrice d'Israël

UpdateSelon Simona Frankel, ambassadrice d'Israël en Belgique, "tous les Palestiniens abattus par balles étaient des terroristes", y compris les 8 enfants, a-t-elle déclaré sur les ondes de la Première ce matin.

Interrogé au micro de Matin Première par Thomas Gadisseux, Simona Frankel accuse, comme Washington, le Hamas d'avoir pris en otage la population de Gaza et désigne le parti au pouvoir dans la région d'être responsable de ces 55 morts: 

"Je regrette beaucoup pour chaque humain décédé même si ce sont des terroristes, 55 terroristes qui viennent près de la barrière pour essayer de passer sur le territoire israélien (...) Ils ont décidé de sacrifier leurs frères et soeurs, les hommes, femmes et enfants dans une guerre médiatique (...) C'est le Hamas qui est coupable de ces morts (...) Nous, nous voulons protéger et défendre notre territoire et nos citoyens. Nous préférons avoir des critiques que des condoléances plus tard", affirme la représentante israélienne en Belgique. 

Violences "inacceptables", selon Reynders
"Les violences que l'on a vécues à Gaza sont inacceptables. D'une part, le Hamas était totalement inconscient en lançant autant de milliers de personnes vers la frontière quand on voit ce qui s'est passé au cours des dernières semaines et la tension qui était présente sur le terrain. D'autre part, c'est un usage disproportionné de la force qui a été utilisé à l'égard de civils" a affirmé mardi matin le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders (MR).

Simona Frankel "ne comprend pas"
Mme Frankel n'a pas tardé à réagir à la condamnation de Didier Reynders: "Je ne comprends pas le mot 'disproportionné'. Est-ce que l'on doit attendre qu'il y ait 50 morts du côté israélien? Que doit-on entendre par disproportionné quand un groupe terroriste s'attaque à nos frontières?"

Reynders plaide pour l'ouverture d'une enquête
Didier Reynders a plaidé pour l'ouverture d'une enquête au niveau des Nations-Unies pour examiner ce qui s'est passé sur le terrain. Le ministre des Affaires Etrangères a répété que la Belgique était opposée à un transfert d'ambassade vers Jérusalem. A ses yeux, il s'agit d'un acte unilatéral qui provoque des tensions, à l'image de ce qui s'est passé lundi. M. Reynders en a appelé à un usage proportionné de la force et au dialogue, "mais on sent qu'on s'en éloigne", a-t-il ajouté. 

Solution à deux Etats
Pour lui, il faut en revenir à une solution à deux Etats. "Mais on ne pourra pas aller vers un accord sans que les Etats-Unis ne soient autour de la table.... La position américaine devient de plus en plus unilatérale. Les Etats-Unis restent favorables à une solution à deux Etats, mais on s'en éloigne de plus en plus", a-t-il encore dit.

Jérusalem, capitale d'Israël depuis "3.000 ans"

A propos du déménagement de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, l'ambassadrice a estimé que c'était "reconnaître la réalité". "Jérusalem est la capitale d'Israël. Ça fait 3.000 ans. Ce n'est pas quelque chose de nouveau", a-t-elle indiqué tout en remerciant le président américain Donald Trump. Mme Frankel a également nié l'intérêt d'une médiation internationale pour régler le conflit israélo-palestinien. "Il faut un dialogue direct, mais il n'y a personne avec qui dialoguer."

Rhétorique israélienne habituelle
Selon Olivier Corten, professeur de droit international à l'Université libre de Bruxelles (ULB), les propos tenus par l'ambassadrice sont dans la ligne de la rhétorique israélienne dans ce conflit. "On a entendu les mêmes arguments en Libye et en Syrie lors des printemps arabes. Je ne crois pas que la population de Gaza part manifester avec un fusil dans le dos. Le Hamas n'est jamais que le résultat de l'occupation et Israël porte une responsabilité dans son développement." 

Israël, l'occupant
Selon l'expert, Israël est toujours considéré par de nombreux Etats ou encore par le Comité international de la Croix Rouge (CICR) comme occupant à Gaza, malgré son retrait physique en 2005. "Ils contrôlent encore le territoire: son accès, ses ressources ainsi que son espace aérien et maritime."

"Déséquilibre des forces"
Enfin, la volonté de dialoguer sans médiation internationale lui paraît peu réaliste. "Sur le fond, Israël ne veut pas mettre fin à l'occupation de Gaza et de la Cisjordanie. La colonisation s'intensifie et l'on peut comprendre lorsque l'autorité palestinienne parle d'une annexion pure et simple de Jérusalem. Un dialogue en face à face ne peut pas voir le jour vu le déséquilibre des forces."