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"Les femmes devraient toutes avoir un homme sur lequel s'appuyer"

On donne la Palme de la sympathie à l'actrice mexicaine Salma Hayek. Nous l'avons rencontrée pendant le Festival de Cannes où elle portait cette année la casquette de productrice. Son nouveau projet s'appelle "Le prophète": il s'agit d'un film d'animation mettant en scène les poèmes du Libanais Khalil Gibran.

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Elle s'allume une cigarette en début de rencontre et nous demande de la prévenir si sa petite fille de six ans, Valentina, arrive par surprise derrière elle. "Je ne fume pas. Seulement à Cannes. Je ne veux pas lui montrer le mauvais exemple", nous explique-t-elle en souriant. En deux bouffées, et après un charmant compliment à une journaliste ("la lumière est magnifique dans vos yeux, on dirait des arcs-en-ciel"), elle nous parle boulot: "Je produis des films que je veux voir. Quand vous êtes actrice, vous n'avez pas le contrôle sur les choses. En tant que productrice, si. Je produis des choses que je ne verrais pas à l'écran si je ne les faisais pas moi-même. Je le fais parce que je dois, pas parce que je le veux."

Avant "Le prophète", Salma avait produit "Frida", "un enfer", dit-elle en rigolant. C'est à elle aussi que l'on doit "Ugly Betty". "J'avais une vision très claire d'Ugly Betty. On m'avait dit non. Mais pour moi, un non n'est pas une réponse. Je me suis battue, j'ai trouvé des gens qui voulaient investir dans ce projet. Quand je crois en quelque chose, je me bats jusqu'au bout. La preuve, ici, avec Le prophète, on parle d'un film d'animation avec neuf réalisateurs". Elle éclate de rire. Et précise: "C'est un film d'animation pour enfants et adultes. C'est une approche artistique nouvelle. Ma fille qui adore la chanson de "Frozen" chante aujourd'hui les mots de Khalil Gibran."

Sa fille, justement, parlons-en. Valentina a eu la chance de montrer les marches de Cannes. "Elle a monté les marches en tenant la main de son père et de Mika", nous confie Salma. "Elle a pris la petite pancarte Bring back our girls. C'était dingue. Elle sait que maman travaille dur et elle a pu voir le résultat à Cannes."

La montée des marches de Salma Hayek restera parmi les moments forts de ce Festival. Avec sa copine Julie Gayet ("une femme intelligente"), l'actrice a affiché son soutien aux lycéennes enlevées au Nigeria. "Je ne pense pas que ça soit important d'utiliser ma célébrité pour faire passer ce genre de message, simplement parce que je le faisais déjà avant d'être connue. J'ai travaillé dans des pays difficiles, sans caméras braquées sur moi. Mais vous ne pouvez pas gaspiller une telle opportunité: Cannes a un écho international. Le message va plus vite."

Salma Hayek n'est pas prête à produire un nouveau film tout de suite. "Cette semaine, j'ai dû tout organiser. On n'a pas de distributeur. J'ai dû organiser une fête, c'était pire que l'organisation d'un mariage. Vous savez, je deviens plus âgée. Je n'ai plus l'énergie pour me battre aussi souvent qu'avant. Je suis contente d'avoir un homme sur lequel compter, sur lequel m'appuyer. Il prend les choses en main et quand je rentre à la maison, je peux juste me coucher dans le fauteuil. J'adore ça. Les femmes se battent parce qu'elles le veulent et parce qu'elle le peuvent mais elles devraient toutes avoir un homme sur lequel s'appuyer."

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