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L'équipe CIVIX, avec Franck-Victor Laurant, cofondateur de l'application, tout à fait à droite. © CIVIX

Les jeunes et la politique, le désamour?

VideoVous êtes jeune? Vous ne comprenez rien à la politique? Vous ne savez pas pour qui voter? L'application CIVIX est faite pour vous. Elle explique de manière simplifiée le fonctionnement du système politique belge et offre un panorama des différents programmes par thème. Elle sera disponible gratuitement début avril. Ce projet développé par une vingtaine d'étudiants aux profils variés vise à sensibiliser la nouvelle génération aux enjeux des prochaines élections. Civix, ou comment réconcilier les jeunes et les politiques.

"Pourquoi doit-on voter trois fois?": voici sans doute l'une des questions que se posent beaucoup de (jeunes) citoyens à l'approche des élections du 26 mai prochain. En effet, nombreux sont ceux qui se désintéressent de la politique, convaincus que leur voix "ne changera rien" ou perdus à cause de la complexité du système belge. Pour lutter contre ce phénomène, une bande d'universitaires a décidé de lancer l'application CIVIX.

"Le projet Civix est né d'un premier cours de droit constitutionnel", nous confie Franck-Victor Laurant, étudiant en droit à Saint-Louis et cofondateur du projet. "J'ai été à ce premier cours et je me suis rendu compte à quel point le système politique belge était compliqué. Il y a plusieurs parlements, plusieurs élections. On ne comprend pas pour qui et pour quoi on doit voter. J'ai été à la rencontre d'autres étudiants et j'ai réalisé que les autres étudiants partageaient ce constat. Les jeunes se désintéressent de la politique en raison notamment de la complexité du système", poursuit-il.

"Personne n'est affilié à un parti politique"
L'objectif de cette application mobile est triple: sensibiliser les jeunes aux enjeux des élections, les aider à mieux comprendre le fonctionnement du système politique belge et leur fournir des outils pédagogiques pour voter en toute connaissance de cause au prochain scrutin du 26 mai. Il s'agit d'une initiative citoyenne, non partisane et entièrement bénévole.

"Il y a environ une trentaine de jeunes bénévoles impliqués dans le projet. On bénéficie d'un developpeur, d'un web designer mais aussi de l'aide de plusieurs professeurs. Je tiens à préciser que personne n'est affilié à un parti politique. C'est une condition pour intégrer l'équipe", explique le jeune universitaire. "En tant qu'étudiant, je n'étais pas du tout passionné par la politique. C'est ironique mais ça rend l'initiative encore plus forte. Comme j'étais désintéressé de la politique, je me suis demandé ce que ça allait devenir demain. L'initiative découle d'un constat et non d'un intérêt pour la politique", prolonge-t-il.

Interaction politiques-citoyens

Sur l'application, les utilisateurs auront la possibilité d'interpeller directement les responsables politiques et leur poser des questions. Qu'y retrouve-t-on encore? Une présentation des partis, de leurs candidats et les mesures phares de ces derniers. Mais aussi du contenu pédagogique, comme des vidéos explicatives, des fiches informatives ou des questionnaires.

"Nous avons une personne qui s'occupe d'établir les contacts avec les partis. L'appli dispose d'un tableau de bord sur lequel les partis enregistrent leur programme et peuvent répondre aux questions au fur et à mesure. L'application est développée. Maintenant, nous attendons que les partis complètent leur programme pour la lancer officiellement. On essaie d'afficher tous les partis politiques, pas uniquement les partis traditionnels mais aussi les petites listes citoyennes", nous glisse Franck-Victor Laurant.

"Ce n'est pas la faute à l'un ou à l'autre"
Retisser le lien entre citoyens et politiques s'apparente à un vaste chantier. A l'heure actuelle, la Belgique se classe dernière de toutes les nations européennes en termes de participation politique. Notre indice démocratique, établi par le magazine The Economist, s'est révélé être inférieur à celui de l'Inde ou du Botswana. En région Wallonie-Bruxelles, un électeur sur cinq ne s'est pas présenté aux urnes lors des dernières élections communales d'octobre, et ce malgré l'obligation de vote. Comment remédier à cela? Pour l'étudiant en droit, cela doit venir des deux côtés.

"A partir du moment où le citoyen s'intéresse à la politique et bien les politiques ne seront pas uniquement intéressés par lui au moment des élections. Aujourd'hui, les responsables politiques s'intéressent surtout aux citoyens au moment des élections et c'est ce qu'on leur reproche. Mais inversement, si les citoyens s'intéressaient aux politiques en dehors des élections, les politiques s'intéresseraient aux citoyens. Je ne pense pas que la faute revient à l'un ou à l'autre", analyse-t-il.

Allez voter!
Et le jeune Bruxellois de conclure par un appel aux électeurs de demain. "En Belgique, on a la chance d'avoir un système à la proportionnelle, avec des coalitions. En réalité, ça a d'autant plus d'intérêt de voter dans un système comme le nôtre que dans un système comme en Angleterre. Le problème c'est qu'il faut sensibiliser tous ces jeunes. (...) C'est bien de manifester dans la rue, de donner son avis mais les politiques gardent un certain pouvoir. Donc, si vous voulez avoir un impact sur la politique, votez pour des personnes qui vous représenteront et dont vous estimez qu'ils auront un réel impact, qui pourront changer réellement la politique climatique par exemple".