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La mobilisation a débuté à Paris vendredi dernier © photo_news

Les jeunes Français s'inspirent des Belges sur les grèves pour le climat: "Ils nous ont impressionnés"

Youth For ClimateLa "grève scolaire pour le climat" prend de plus en plus d'ampleur à travers le monde. La Belgique, avec "Youth for Climate", est l'une des plus grandes réussites du mouvement. Vendredi dernier, la mobilisation a timidement commencé en France. 7sur7 décrypte.

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Nous avons été très impression­nés par la mobilisati­on belge et par la rapidité à laquelle elle a avancé

Camille, Désobéissance Ecolo Paris
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Initié par la jeune Greta Thunberg en août dernier, le concept a fait mouche. De l'Australie au Canada, en passant par l'Allemagne, les Pays-Bas, et la Suède, la jeunesse se mobilise pour faire bouger les choses. C'est le cas notamment en Belgique, où les images des manifestations des jeunes deviennent virales chaque semaine. Tous les jeudis, élèves et étudiants manquent des cours pour marcher dans la rue. Ils étaient 35.000 jeunes à manifester le 24 janvier dernier dans tout le pays.

Cette mobilisation massive a traversé les frontières. "L'écho médiatique est très important en Belgique, et par extension à l'étranger. Les journalistes s'intéressent de plus en plus à ce phénomène. Cela fait partie des raisons pour lesquelles le mouvement a débarqué en France", analyse Geoffrey Pleyers, sociologue.

"Nous avons été très impressionnés par la mobilisation belge et par la rapidité à laquelle elle a avancé. On s'est rendu compte qu'on était un peu les derniers de la file alors que c'est un sujet essentiel", témoigne Camille, membre de Désobéissance écolo Paris.

Les "Fridays for future" démarrent en France

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En France, il y avait déjà d'autres mobilisati­ons relative­ment proches

Geoffrey Pleyers, sociologue
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Vendredi dernier, la première mobilisation du genre a eu lieu en France plus d'un mois après le début du mouvement en Belgique. Des centaines de jeunes, "majoritairement des étudiants", se sont rassemblés devant le ministère de la Transition écologique à Paris. Les "Fridays for future" peuvent commencer dans l'Hexagone.

Sur ce coup, la France a mis du temps avant de passer à l'action. Mais ce retard ne doit pas faire oublier les récentes manifestations qui ont eu lieu dans tout le pays. "En France, il y avait déjà d'autres mobilisations relativement proches. Il y a eu des manifestations pour le climat plus générales, qui n'étaient pas générationnelles", explique Geoffrey Pleyers, également professeur à l'UCLouvain. Environ 130.000 personnes ont marché pour le climat en France le 8 septembre dernier, les chiffres étaient environ les mêmes le 13 octobre et le 8 décembre.

"On a mis du temps à se lancer car le climat n'était pas sain"

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Alors pourquoi avoir mis autant de temps à suivre la dynamique mondiale? "Nous avons toujours été très intéressés par l'écologie en France. On a mis beaucoup de temps à se lancer, notamment car le climat n'est pas sain pour manifester ici en ce moment", estime Camille, faisant référence aux polémiques autour des manifestations des "gilets jaunes".  

Dans l'esprit, le mouvement français est similaire à ce qu'il se fait ailleurs. Avec une différence dans l'action. "On détermine chaque semaine un thème de revendications adressé au gouvernement. S'ils ne proposent rien à ce sujet, on repart sur une nouvelle grève", nous explique un membre du groupe "revendications".

Des leaders belges à Paris vendredi, une grève mondiale le 15 mars

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En Belgique, cela a pris une ampleur impression­nan­te, et c'est à notre tour d'avoir une influence

Bakou Mertens, l'initiateur de "Students for Climate"
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Greta Thunberg © belga
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La France a donc rejoint ces nombreux pays déjà en pleine action. Et la solidarité semble plus que jamais de rigueur. Greta Thunberg se joindra aujourd'hui à la jeunesse belge pour sillonner les rues bruxelloises. Demain, la jeune militante suédoise participera à la mobilisation parisienne. Des figures de proue belges, comme Anuna De Wever, Kyra Gantois ou encore Adelaïde Charlier, seront également présentes dans la capitale française. "Nous avons hâte de les écouter", se réjouit Camille.

L'effet domino est en marche. "C'est normal que des jeunes du monde entier soient inspirés par des actions d'autres jeunes. En Belgique, nous avons été inspirés par Greta Thunberg, mais aussi par des actions d'écoliers dans d'autres pays. Ici, cela a pris une ampleur impressionnante, et c'est à notre tour d'avoir une influence", nous commente Bakou Mertens, l'initiateur de "Students for Climate" en Belgique.

Toute la jeunesse engagée a en ligne de mire le vendredi 15 mars, jour où une grève à l'échelle mondiale est organisée par "Youth for Climate". Avec cette échéance bien en tête, les militants français ont un message pour leurs homologues belges. "Nous les remercions de ce qu'ils font, d'avoir véritablement lancé ce mouvement. Et bravo pour les nombreuses pancartes sur le ton de l'humour. On va essayer de les concurrencer mais je ne sais pas si on a autant de talent qu'eux", explique Camille. Le défi est lancé.