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Office des étrangers (Bruxelles, archives) © Photo News

Les pays qui refusent d'accueillir des réfugiés seront sanctionnés

La Commission européenne a renouvelé jeudi son appel aux États membres, "peu nombreux à avoir entièrement rempli leurs engagements", pour qu'ils accélèrent le rythme des relocalisations afin d'alléger la pression qui s'exerce sur l'Italie et la Grèce. Elle a également prévenu qu'elle n'hésiterait pas à lancer des procédures d'infraction contre les pays refusant d'accueillir des réfugiés.

La relocalisation consiste à transférer des personnes ayant demandé ou bénéficiant déjà d'une protection internationale d'un Etat membre de l'UE vers un autre Etat membre, qui doit leur accorder une protection similaire.

Relocalisations insuffisantes
Bien qu'un nombre mensuel record de relocalisations ait été enregistré en février, soit 1.940, le rythme actuel de celles-ci reste bien en deçà des attentes et de l'objectif approuvé par le Conseil européen, c'est-à-dire au moins 3.000 relocalisations mensuelles depuis la Grèce, et de l'objectif fixé par la Commission d'au moins 1.500 relocalisations mensuelles depuis l'Italie.

Objectif
À ce jour, 13.546 relocalisations ont été effectuées au total, dont 3.936 au départ de l'Italie et 9.610 au départ de la Grèce. Qui plus est, le rythme actuel ne permettra pas d'assurer la relocalisation, d'ici septembre 2017, de tous les candidats éligibles présents aujourd'hui en Grèce et en Italie, alors que cet objectif "est parfaitement réalisable", estime la Commission.

Bons et mauvais élèves
Jusqu'à présent, seuls Malte et la Finlande sont en bonne voie pour satisfaire à leurs obligations en ce qui concerne tant l'Italie que la Grèce, alors que certains pays - la Hongrie, l'Autriche et la Pologne - refusent toujours de participer au programme et que d'autres - la République tchèque, la Bulgarie, la Croatie et la Slovaquie - n'y prennent part que dans une mesure très limitée, détaille l'exécutif européen.

Belgique
La Belgique a, pour sa part, relocalisé effectivement 396 personnes (338 en provenance de Grèce et 58 depuis l'Italie), soit 10% de son engagement initial. Le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) a récemment indiqué vouloir accueillir cette année environ 1.200 demandeurs d'asile en provenance des deux pays du sud de l'Europe.

Sanctions envisagées
Si les États membres n'intensifient pas leurs relocalisations prochainement, la Commission "n'hésitera pas à faire usage des pouvoirs que lui confèrent les traités à l'égard de ceux qui auront manqué aux obligations découlant des décisions du Conseil", précise-t-elle, en ajoutant "que l'obligation juridique de relocaliser les migrants éligibles ne cessera pas après le mois de septembre".

Solidarité
"Sans solidarité, point de partage équitable des responsabilités. Toutes nos mesures étant interdépendantes, les États membres ne peuvent choisir celles qu'ils mettront en œuvre", a rappelé jeudi le commissaire européen en charge des Migrations, Dimitris Avramopoulos.