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Illustration © getty

Limogé après un dépistage de drogues à cause de son déjeuner favori

C'est le Mirror qui relate cette anecdote qu'il est bon de retenir. Un ouvrier d'une usine britannique a en effet fait les frais de sa consommation de graines de pavot lors d'un test de détection de drogue au travail. Positif aux opioïdes mais sans être consommateur de drogue, l'homme a perdu son emploi.

Marcin Konieczny était ravi d'avoir trouvé un emploi temporaire dans une fabrique de Middlesbrough au Royaume-Uni. Lorsque son employeur de l'usine Cod Beck Blenders lui a annoncé après deux semaines qu'il devrait se soumettre à un test de dépistage de drogue, le père de famille de 35 ans ne s'est pas inquiété. Et pour cause, l'ouvrier polonais n'est ni toxicomane ni consommateur occasionnel. Il n'a d'ailleurs jamais essayé aucune substance illicite. De plus, il ne fume pas et n'est pas amateur d'alcool: un verre de vin par mois tout au plus. 

"Je me sentais impuissant"
C'est donc sans ciller qu'il a remis son échantillon d'urine au contrôleur de l'entreprise. Quelle ne fut par contre pas sa surprise lorsque le patron a annoncé à Marcin Konieczny que leur collaboration s'arrêterait là: le test était revenu légèrement positif aux opiacés, un stupéfiant répertorié. 

La décision était sans appel. Dépité, l'ouvrier innocent a d'abord paniqué à l'idée de ne plus subvenir aux besoins de son épouse et de leurs deux enfants, Nicholas, 4 ans, et Tiago, 9 ans. "J'étais dévasté, je me sentais impuissant et discriminé", déplore-t-il dans les colonnes du Mirror.

"On avait décidé d'un régime alimentaire plus sain"
Le conducteur de machine et sa femme Camilla ont rapidement commencé à réfléchir à ce qui avait pu produire un tel faux positif. Le couple a donc recherché sur internet ce qui contenait des opiacés dans sa vie quotidienne. C'est là qu'il a découvert le pot aux roses: les graines de pavot. C'est en effet précisément ce que l'ouvrier mangeait au petit-déjeuner chaque jour: un pain au miel et aux graines de pavot commercialisé dans les supermarchés Aldi britanniques. Son péché mignon depuis que le couple s'était attelé à manger plus sainement. "J'en mangeais absolument chaque matin", explique l'intérimaire licencié.

L'homme a donc décidé de prouver le lien entre son alimentation et le test positif en envoyant un échantillon de ce pain au pavot à bas prix dans un laboratoire. Ses doutes étaient avérés: le test est revenu légèrement positif, comme l'échantillon d'urine qu'il avait remis à l'usine. "Cela fait un bien fou de voir mon honneur lavé car c'était terrible pour moi que personne ne me croie", commente-t-il.

"Il est à nouveau le bienvenu"
L'entreprise explique de son côté que la suspension du personnel suite à un test de routine positif relève de la procédure habituelle. Le porte-parole ajoute que Cod Becks Blenders reconnaît son erreur et qu'une deuxième analyse du laboratoire a permis de confirmer que les traces d'opiacés relevaient probablement de l'alimentation du sujet. "Nous serons ravis de le faire revenir parmi nous", affirme-t-il.

Marcin Konieczny n'est pas le premier dans cette situation, à en croire les cas répertoriés sur internet. Parmi eux, un autre ouvrier de Liverpool qui clamait son innocence après un test également positif. L'homme, licencié lui aussi, affirmait que ce sont des bagels au pavot qui avaient influencé les résultats, ce qu'a finalement confirmé un test plus poussé sur un follicule pileux.

Seuil de détection trop bas
De précédentes études avaient tout d'abord établi que les graines de pavot, consommées dans le cadre d'une alimentation variée, ne pouvaient provoquer un taux détectable chez un individu. "Il faudrait en consommer des quantités ridiculement importantes" pour être positif à un dépistage de routine, estimait pour sa part dans le Huffington Post Christopher S. Baird de la West Texas A&M University. Mais vu que les tests de dépistage et antidopage, de plus en plus précis, détectaient de mieux en mieux les substances concernées sans faire la différence entre l'héroïne et autres sources bénignes d'opiacés, le seuil de détection a dû être revu à la hausse. Le département britannique de la chaîne de supermarchés n'a de son côté pas encore réagi à la teneur en opiacés de son article.

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