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Mehdi Nemmouche: "La vie continue"

Update"Nous aurions pu soutirer des larmes aux jurés et la clémence de jury, mais nous avons décidé de ne pas exhumer l'enfance 'assassinée' de Mehdi Nemmouche", a commenté lundi en fin de journée Me Sébastien Courtoy, conseil de l'auteur de la tuerie au Musée juif de Belgique.

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Sébastien Courtoy, avocat de Mehdi Nemmouche. © afp

La défense de Mehdi Nemmouche s'est refusée à réellement plaider sur la peine lundi après-midi, devant la cour d'assises de Bruxelles. Cette décision a été prise en commun accord avec son client, a précisé Me Courtoy.

"Si on avait plaidé sur la peine, on aurait immanquablement dû parler de l'enfance de Mehdi Nemmouche", a affirmé Me Courtoy dans les travées du palais de justice de Bruxelles. "Nous avons eu un jury de belles personnes, certains ont eu les larmes aux yeux en entendant les témoignages sur cette enfance", a-t-il assuré. "On aurait sans doute réussi à soutirer les larmes et la clémence du jury, mais nous n'avons pas souhaité exhumer cette enfance 'assassinée'."

"Je préfère que ce soit leur conscience qui leur dise quoi faire"
La décision sur la peine est "très intime à la conscience de chaque juré", a ajouté le pénaliste. "Nous n'avons pas voulu polluer ça, le procureur a souhaité le faire mais nous non. Ça aurait été une forme de manipulation, je préfère que ce soit leur conscience qui leur dise quoi faire."

Avant que le jury ne parte en délibération, la présidente avait donné une dernière fois la parole à Mehdi Nemmouche. "La vie continue", avait-il alors lancé, avec le sourire aux lèvres. Cela signifie qu'il s'y "accroche", même à l'isolement, même dans des conditions "aussi atroces", selon son avocat, qui qualifie sa cellule de "tombe".

"Si c'était à refaire, je referais la même plaidoirie sur la culpabilité"
Me Courtoy a enfin déploré le climat "malsain" de ce procès, la "haine" qu'il a ressenti tant "dans la salle d'audience qu'à l'extérieur". "Il y a eu les insultes, les grandes tirades contre le pseudo antisémite que je serais, parfois de la part de confrères, les menaces anonymes... Tous les acteurs judiciaires sont partis dans des dérapages, seuls les jurés ont été d'une dignité dont ces acteurs auraient bien fait de s'inspirer", juge l'avocat.

"Si c'était à refaire, je referais la même plaidoirie sur la culpabilité", a conclu Me Courtoy, qui estime que le jury a été mis "dans un toboggan". "Toutes les preuves allant dans notre sens n'ont pas été investiguées. Les jurés sont eux venus avec bienveillance envers Mehdi Nemmouche et ses avocats", a-t-il salué.

"J'ai vraiment honte", déclare Nacer Bendrer
Le dernier mot a été donné lundi après-midi à l'auteur et au co-auteur de l'attentat au Musée juif de Belgique. Nacer Bendrer, reconnu coupable d'avoir fourni les armes qui ont servi à la tuerie du Musée juif, s'est adressé au jury et a affirmé avoir "honte d'être là".

"Je ne peux pas accepter une peine comme proposée (lundi) matin", a d'emblée déclaré Nacer Bendrer, reconnu coupable jeudi dernier comme co-auteur de l'attentat au Musée juif de Belgique qui avait coûté la vie à quatre personnes en mai 2014. Le ministère public a requis 30 ans de réclusion à son encontre.

"J'aime la vie, je suis un être humain comme tout le monde", a-t-il poursuivi. "J'aimerais pouvoir faire ma vie et construire une famille. Mon destin est entre vos mains."

"J'ai honte d'être là. J'ai honte car j'ai sali le nom de ma mère et de mon père", a-t-il encore lancé. "J'ai vraiment honte d'avoir croisé ce mec. Ce n'est même pas un mec, c'est un monstre. C'est un 'fils de pute né'", a-t-il adressé à l'adresse de Mehdi Nemmouche, qui lui a répondu par un sourire.

La perpétuité requise contre Mehdi Nemmouche
Lundi matin, l'avocat général Yves Moreau a requis des peines respectives de réclusion criminelle à perpétuité et d'au moins 30 ans à l'encontre de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer. Il a également demandé une mise à disposition du tribunal de l'application des peines (TAP) de 15 ans, soit la durée maximale.

D'après lui, Mehdi Nemmouche ne mérite aucune circonstance atténuante. Le procureur a invité les jurés à prendre en compte la "froideur" de l'auteur matériel des faits lors de l'attentat, le risque de récidive, sa dangerosité et sa "lâcheté" durant le procès.

Concernant Nacer Bendrer, le ministère public a considéré que le Marseillais pouvait prétendre à une peine un peu moins sévère car il "n'a pas le sang des victimes directement sur ses mains". Ses avocats ont eux tenté de souligner les différences entre leur client et Mehdi Nemmouche. Ils ont demandé au jury de ne pas prononcer de peine supérieure à quinze ans de prison.

La présidente de la cour d'assises de Bruxelles Laurence Massart a clos les débats sur la peine peu avant 16h00 lundi. Le jury est entré en délibération et doit désormais fixer la peine de Mehdi Nemmouche et de Nacer Bendrer.

L'arrêt du jury est attendu ce lundi.

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