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Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA). © photo_news

"Pas de Calais dans notre capitale", martèle Francken

Update"Pas de Calais dans notre capitale". Le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, s'oppose fermement à la proposition du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort. Ce dernier a proposé vendredi soir de dégager 500.000 euros afin de financer un centre d'accueil des migrants qui se trouvent dans le quartier de la gare du Nord.

Theo Francken s'est farouchement opposé, dans un message publié sur Facebook, à la proposition de Rudi Vervoort, sur laquelle le gouvernement bruxellois ne s'est pas encore formellement accordé.

"Vervoort crée un hub pour la Grande-Bretagne"
"Nous faisons tout pour éviter un second Calais", écrit le secrétaire d'Etat. La situation problématique dans et autour du parc Maximilien, proche de la gare de Bruxelles-Nord, est selon lui sur le point d'être résolue. "Et maintenant, Vervoort vient avec la proposition de créer un hub pour les migrants. Un hub, le mot en dit assez, un hub vers la Grande-Bretagne. Le bourgmestre de Calais a sauté de joie".

Insécurité sur les parkings autoroutiers
D'après M. Francken, un tel centre entraînera davantage d'insécurité sur les parkings autoroutiers le long de l'E40, où les migrants tentent d'embarquer à bord des camions se rendant au Royaume-Uni. "Ils utiliseront volontiers le hub pour migrants pour se reposer de leurs tentatives d'embarquement noctures", ajoute le secrétaire d'Etat. "Les transporteurs routiers internationaux quant à eux seront les dupes de l'affaire." Lire la suite sous la publication Facebook de Theo Francken

Vervoort n'envisage pas d'agir sans le Fédéral
Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort n'envisage pas que son gouvernement agisse seul sans le Fédéral, dans la controverse sur un centre d'accueil des migrants au quartier de la Gare du Nord à Bruxelles, mais il enjoint au Fédéral de prendre ses responsabilités, ressortait-il samedi midi d'une mise au point communiquée par son cabinet.

M. Vervoort (PS) a proposé vendredi à son gouvernement de dégager 500.000 euros pour financer un centre d'accueil des migrants. Son exécutif ne s'est pas encore accordé formellement sur la question. Le chef du gouvernement bruxellois disait agir dans l'urgence pour pallier l'inaction du gouvernement fédéral face à la crise humanitaire, et il affirmait son intention de lui envoyer la facture des frais exposés.

Samedi midi, Rudi Vervoort a exclu l'hypothèse de voir la Région bruxelloise avancer sans le Fédéral. "La compétence par rapport aux personnes actuellement au parc Maximilien est fédérale, c'est la raison pour laquelle le gouvernement bruxellois n'a pris aucune décision pour résoudre cette situation", commentait son cabinet. C'est au vu "de l'urgence de la situation et de l'absence totale de proposition de solution du Fédéral" que Rudi Vervoort a envisagé vendredi de discuter du problème avec son gouvernement.

"Il est urgent que le Fédéral prenne ses responsabilités", exhorte le chef du gouvernement régional. Mais "si le Fédéral ne souhaite pas les prendre, la Région ne pourra les assumer pour lui", précise-t-il.

Vincent De Wolf (MR) s'insurge

Le chef de groupe MR au parlement bruxellois Vincent De Wolf a dénoncé samedi la proposition du ministre-président bruxellois. "Le gouvernement fédéral a pris ses responsabilités et a mis en œuvre les mesures nécessaires pour éviter un Calais bis au cœur de Bruxelles. La situation était en passe d'être réglée. En créant un centre d'accueil pour personnes illégales, non seulement Rudi Vervoort met grandement à mal les mesures prises mais surtout, il crée les conditions d'un appel d'air conséquent et durable vers Bruxelles", a commenté M. De Wolf dans un communiqué.

Celui-ci se demande par ailleurs si la proposition a été concertée avec l'ensemble des partenaires de la majorité bruxelloise, de même qu'avec les riverains. "Je pense qu'au minimum, le gouvernement bruxellois doit venir s'expliquer sans délai devant le Parlement bruxellois", estime le député-bourgmestre d'Etterbeek.

Les réformateurs se disent favorables à une politique migratoire "humaine mais ferme" respectant les principes du droit européen et international. " Dès lors qu'une personne en situation illégale refuse de s'inscrire dans une procédure d'asile, seule une solution de retour, volontaire si possible, forcé le cas échéant doit s'appliquer", conclut le communiqué.