Plein écran
© reuters

Premier deuil national en Belgique depuis 2004

Le gouvernement belge a annoncé un deuil national après le tragique accident d'autocar en Suisse qui a coûté la vie à 28 personnes dont 22 enfants. Il s'agit là du premier deuil national au pays depuis 8 ans.

Toutes les grandes catastrophes ne sont pas forcément ponctuées d'une journée de deuil national, indique Vincent Dujardin, professeur d'histoire contemporaine à l'UCL. "Le deuil national est un acte symbolique décrété par le Conseil des ministres ou le Conseil des ministres restreint pour marquer le soutien du pays aux familles endeuillées lors d'un événement dramatique important", explique Vincent Dujardin, professeur d'histoire contemporaine à l'UCL.

Normalement un deuil national est décrété pour une durée allant d'un à trois jours pour des catastrophes comme celle de mardi soir ou lors du décès d'un personnage important autre qu'un membre de la famille royale tels que le décès des généraux de la première guerre mondiale, du Cardinal Mercier ou encore d'Adolphe Max. "Un deuil national, souvent de plus longue durée, est décrété lors de la mort du souverain ou de la reine", rappelle Vincent Dujardin, professeur d'histoire contemporaine à l'UCL. Le dernier deuil national de longue durée qu'a connu le pays reste celui provoqué par le décès du roi Baudouin 1er. Le deuil national a commencé le 1er juillet 1993 et s'est terminé le 9 août 1993, date de la prestation de serment du roi Albert II.

Lors d'un deuil national, les drapeaux sont en berne sur tous les bâtiments des ministères fédéraux, régionaux ou communautaires voire également sur les infrastructures communales et provinciales. Les festivités prévues doivent être supprimées ou reportées. Si un membre de la famille royale ou du gouvernement ne peut échapper à une séance protocolaire, il devra s'y rendre vêtu de noir.

La Belgique a connu quelques journées de deuil importantes:

Le 4 août 2004, le gouvernement de Guy Verhofstadt décrétait une journée de deuil national suite à la catastrophe de Ghislenghien. Le 30 juillet 2004, une explosion de gaz dans le zoning industriel de Ghislenghien coûtait la vie à 24 personnes.

Le 14 avril 1995, jour où les dépouilles des dix casques bleus belges assassinés au Rwanda ont été rapatriées en Belgique, était également déclaré jour de deuil national.

Le 22 mai 1967, un jour de deuil national était annoncé à la suite de l'incendie de l'Innovation qui coûta la vie à 325 personnes.

Le 13 août 1956, un jour de deuil national était déclaré à la suite de la catastrophe du Bois du Cazier. Cette catastrophe minière, la plus grande qu'ait connu la Belgique, a fait 262 victimes.

D'autres catastrophes, graves et générant également une grande émotion n'ont pourtant pas été ponctuées d'un deuil national, indique Vincent Dujardin. "Il y a plusieurs manières de montrer son soutien à la population pour le chef de l'Etat ou les membres du gouvernement."

Aucune journée de deuil n'avait été décrétée à l'occasion des récents drames à Liège ou encore à Buizinghen. Néanmoins, dans de telles situations, les autorités peuvent manifester leur soutien en se déplaçant sur les lieux, en organisant une cérémonie d'hommage ou des funérailles nationales.