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Près de 2.800 manifestants contre l'EI à Bruxelles

VideoPrès de 2.800 personnes, selon la police locale, ont participé samedi après-midi à Bruxelles à une manifestation contre l'État islamique (EI). Elles ont notamment appelé à une solidarité internationale avec les combattants kurdes, seule alternative démocratique au Moyen-Orient, selon elles. Des manifestations similaires se tenaient le même jour dans plusieurs villes du monde.

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Les manifestants sont partis de la Gare du Nord vers 14h00 et ont marché en direction du rond-point Schuman. Ils ont notamment rappelé le cas de la ville syrienne de Kobane, située en territoire kurde à la frontière de la Turquie et qui subit depuis septembre dernier une importante offensive des jihadistes de l'EI.

"Nous appelons la communauté internationale à soutenir la lutte kurde au Rojava (ou Kurdistan syrien) dont Kobane est un canton. Des représentants kurdes, arabes, assyriens, chaldéens, arméniens et turkmènes ont proclamé de facto un gouvernement d'autonomie démocratique au Rojava en novembre 2013", a indiqué Peter Perrem, soutien du Congrès National du Kurdistan (KNK), à l'origine de la manifestation.

"Le projet du Rojava propose une vision démocratique, multi-ethnique, pluri-confessionnelle unique au Moyen-Orient, à l'opposé de celui imposé par l'EI. Rojava est organisé en trois cantons, gouvernés par un système d'assemblées populaires. Les principes qu'il défend sont principalement l'autogestion, l'émancipation des femmes, l'anti-capitalisme et l'écologie politique", a-t-il ajouté.

Gros rassemblements en Turquie
En Turquie, les manifestations organisées à l'appel du principal parti pro-kurde, le Parti démocratique du peuple (HDP) à l'occasion de la journée mondiale "Urgence Kobané", se sont déroulées dans plusieurs villes.

Le plus grand rassemblement a eu lieu à Diyarbakir, la "capitale" de la zone kurde de Turquie (sud-est) où 15.000 personnes ont participé à une marche pacifique et se sont dispersées pour la grande majorité dans le calme, a indiqué l'agence de presse Dogan.

Un petit groupe a néanmoins lancé des pierres sur la police antiémeute à la fin de la manifestation et a été dispersé par des grenades lacrymogènes, selon Dogan. À Hakkari, dans l'extrême sud-est, des manifestants cagoulés ont incendié la succursale d'une banque.

À Istanbul un millier de personnes ont manifesté dans le centre-ville, près de l'emblématique place de Taksim.

Les manifestants qui arboraient des photos du chef rebelle kurde de Turquie emprisonné, Abdullah Ocalan, et chantant des mélodies à sa gloire, ont défilé sur la rue piétonne d'Istiklal sous une importante escorte policière.

Une manifestante âgée de 49 ans, Sema, femme au foyer, s'est pour sa part indignée des atrocités commises par les extrémistes sunnites dans les zones dont ils ont pris le contrôle en Irak et en Syrie. "Comment voulez-vous que l'on réagisse autrement face à des gens qui tranchent des têtes", a-t-elle notamment dit.

"Kobané est le symbole de la résistance kurde", a déclaré Bülent, un manifestant de 51 ans, louant les efforts unis des Kurdes pour défendre cette ville située à proximité de la frontière turque.

Environ 5.000 manifestants se sont en outre mobilisés à Suruç (sud-est), ville turque située en face de Kobané, qui abrite des dizaines de milliers d'habitants de cette ville qui ont fui l'offensive des jihadistes. Des manifestations similaires ont eu lieu dans la capitale turque Ankara et Izmir (ouest).

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a prévenu samedi que "les rassemblements pacifiques seront autorisés" mais que s'ils dégénéraient, "le nécessaire sera fait", en allusion à une intervention des forces de l'ordre.

Début octobre, 31 personnes sont mortes, selon un bilan officiel, dans des émeutes pro-kurdes qui ont agité la Turquie, poussant le gouvernement islamo-conservateur turc à vouloir renforcer son arsenal législatif pour réprimer les violences lors des manifestations. Les manifestants avaient reproché à la Turquie de ne pas venir en aide militairement pour Kobané pris en étau depuis la mi-septembre.

Après deux jours d'attente en Turquie, un groupe de 150 peshmergas (combattants kurde d'Irak) équipés d'armes lourdes, est entré vendredi soir depuis la Turquie dans la ville.

Le reste de l'Europe joint ses forces
Des appels à manifester ont été lancés à travers l'Europe à l'occasion de cette journée. Environ 2.800 personnes se sont donc rassemblées dans le centre-ville de Bruxelles mais aussi dans bien d'autres villes.

À Londres, 500 personnes se sont retrouvées sur Trafalgar Square, déployant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Solidarité avec Kobané" ou "Soutenez Kobané, Soutenez la démocratie".

Un manifestant, Ari Ali (28 ans), souhaite une aide du gouvernement britannique en faveur des combattants kurdes. "C'est pour cela que les gens viennent ici, pour réveiller le gouvernement", a-t-il dit.

La Grande-Bretagne fait partie de la coalition internationale menée par les Etats-Unis contre l'EI qui frappe les positions des jihadistes par air.

D'autres manifestations ont eu lieu à Munich, Hambourg, Paris ou Lyon. Dans cette dernière ville, 300 manifestants se sont ralliés à la cause de Kobané portant un long drapeau aux couleurs du Kurdistan Ouest (en Syrie) tandis que d'autres tenaient des pancartes indiquant "Saviez-vous qu'il y a un massacre à Kobané ?".