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Le bilan de cette édition 2008 des Ardentes est très positif, la foule étant au rendez-vous et les artistes aussi! (Photos © Dominique Houcmant aka Goldo)

Putain!, putain!, c'est vachement bien, les Ardentes!

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The Cinematic Orchestra (photo © Tahon-Cuvelier)
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Alain Bashung (photo © Tahon-Cuvelier)
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Dionysos a véritablement mis le feu au public des Ardentes. (photo © Tahon-Cuvelier)
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L'édition 2009 est attendue avec impatience. (Photos © Dominique Houcmant aka Goldo)
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Contrairement à des festivals comme Dour ou Pukkelpop, les Ardentes peuvent se vivre en famille sans risquer de déborder du cadre. (Photos © Dominique Houcmant aka Goldo)
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Le temps a été idéal ce dimanche! (Photos © Dominique Houcmant aka Goldo)

Les Ardentes 2008 vivaient leur quatrième et dernière journée ce dimanche, et comme pour récompenser le courage des festivaliers qui avaient bravé la pluie des premiers jours, le soleil était au rendez-vous. Le programme de clôture était axé sur le rock et faisait la part belle aux artistes francophones, avec Arno, Dionysos et Alain Bashung, notamment.

C'est le trio « bruxellois » de Puggy qui ouvrait les festivités avec son rock acoustique entraînant, sur l'Open Air Stage. Les groupes se succèdent ensuite jusqu'en milieu d'après-midi, préparant le public à retrouver un Daniel Darc désintoxiqué, et surtout Nada Surf, dont le rock mélancolique berce la foule caressée par quelques rayons de soleil, jusqu'à ce que Popular résonne dans toutes les bouches des rescapés des nineties qui se mettent en jambes pour la suite. Et quelle suite ! Cinematic Orchestra permettait aux plus imaginatifs de vivre la bande-son de leur propre film des Ardentes 2008 en direct, accents jazzy à la clef, grâce à une prestation comme toujours excellente.

Arno, Roi des Belges et Prince de Liège
Mais il ne s'agit pas de rêver trop longtemps, car à l'autre bout du festival, Arno préparait déjà son entrée en scène. L'inclassable rockeur belge peut se targuer d'un succès incroyable auprès de tous les publics, et n'a pas fait mentir sa réputation. Dans les yeux de ma mère suscite l'émotion avant d'emmener la foule dans l'énergie de l'excellent Putain, putain et de la merveilleuse Les filles du bord de mer, empruntée à Adamo, mais que certains ne connaissent que grâce à l'Ostendais. Arno joue avec son public qu'il aime, et ça se voit !, et qu'il fait chanter, encore, et encore, et encore, « j'aurais pu danser la java »... « Vive la Belgique ! » ne résonne pas creux dans la bouche d'Arno, et ce n'est pas pour rien qu'il est probablement le Flamand le plus apprécié au Sud du pays. Le public hétéroclite n'a que faire des clivages de toutes sortes, et rend bien à ce rescapé de l'esprit rock 'n roll tout l'amour qu'il lui a offert.

Dyonisos au bord de l'émeute
Pour certains, la journée était déjà largement réussie après le passage d'Arno. Mais Dionysos monte sur scène bien décidé à en offrir encore plus au public. Les Français livrent dans la cité mosane un set exceptionnel, énergique à souhait, enflammant le public qui sait que la fin est proche. « Ta gueule le chat ! » est reprise en choeur par des milliers de gosiers au bord de l'extinction de voix, et le public applaudit à tout rompre, jusque dans le carré VIP, entre chaque chanson, pour honorer la fougue communicative du groupe et la folie de Mathias Malzieu qui n'hésite pas à se jeter dans un public ravi de porter son héros aux nues. Les organisateurs auraient d'ailleurs été bien inspirés d'offrir à Dionysos l'honneur de clôturer le festival.

Les Dandies et puis au lit!
Car après les textes et le jazz moderne de Bashung, les Américains des Dandy Warhols ont fait bien pâle figure, avec un concert mou, une absence de communication avec le public frisant le manque de respect (la barrière de la langue ne peut en aucun cas constituer une excuse valable), et une balance abominable que renierait un étudiant de première année du fonds du panier de l'IAD. Trop de basses, pas assez d'énergie, une nonchalance ridiculement soporifique achèvent de convaincre le festivalier moyen que les Dandies ne font pas l'affaire pour finir le festival en beauté, malgré des Bohemian Like You et Get Off qui font illusion quelques minutes. Mais c'est trop peu pour convaincre, bien que ce ne soit pas assez pour gâcher un très beau festival.

Malgré ce bémol de dernière minute, les Ardentes 2008 sont un grand succès, où tous les sens étaient émoustillés avant d'être rassasiés, les nourritures et les breuvages ne manquant pas de satisfaire les appétits et la soif inextinguibles du festivalier lambda, la bonne musique et les belles Liégeoises se chargeant des autres plaisirs sensuels que la vie a à nous offrir. Seul le toucher semble délaissé, bien qu'à de nombreux moments l'on semblait pouvoir effleurer la Grâce du bout des doigts en profitant de tous les délices que nous proposent la vie en bord de Meuse.

Thomas Halter