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Les élèves du secondaire ont pu poser quelques questions aux représentants des partis politiques. © belga

Quand les jeunes piquent les politiques au vif

Après avoir écouté sagement les mesures pour le climat proposées par les différents partis, les élèves du secondaire, réunis en masse mercredi après-midi dans un auditoire de l'université de Namur, ont pu interpeller les responsables politiques. Morceaux choisis.

À force d'entendre les jeunes clamer haut et fort qu'ils sont "plus chauds que le climat", on pouvait imaginer un débat bouillant avec des responsables politiques qu'ils accusent régulièrement de ne pas prendre le problème du dérèglement climatique à bras le corps. Mais hormis quelques huées par-ci par-là et un recadrage de certains élèves par la ministre Marie-Martine Schyns, la rencontre initiée par cette dernière s'est déroulée dans une ambiance bon enfant.

Cela étant, un élève a tout de même posé la question qui fâche: "Êtes-vous vraiment conscients de l'urgence climatique?", a-t-il demandé aux différents représentants de partis. "Si vous l'étiez vraiment, vous n'auriez pas attendu qu'on descende dans la rue", a-t-il poursuivi. Inutile de préciser que le jeune homme a reçu les applaudissements nourris de l'ensemble de ses camarades.

Crucke: "C'est faux de dire que rien n'a été fait"
Les principaux intéressés ne se sont pas débinés pour autant. En charge de l'Environnement et de la Transition écologique en Wallonie, Carlo Di Antonio (cdH) assure que les ministres compétents sont bien conscients du problème. Il regrette cependant qu'on ne lui a pas toujours facilité la tâche. "À  l'époque, j'ai mis trois ans pour interdire les sacs plastique dans les supermarchés. Aujourd'hui, une telle mesure serait approuvée en quinze jours. Le vent a tourné, il est désormais plus facile de faire avancer les choses", constate le ministre humaniste. "Mais je me fais régulièrement insulter sur les réseaux sociaux suite à ma décision d'interdire progressivement les véhicules les plus polluants de circuler en Wallonie", déplore-t-il.

De son côté, Jean-Luc Crucke réfute l'accusation selon laquelle rien n'a été fait pour le climat. "La Wallonie est la seule région du pays à atteindre ses objectifs pour 2020. Depuis que je suis ministre, nous avons quadruplé les bornes de recharge pour les voitures électriques et la Wallonie a doublé son budget alloué aux pays pauvres qui subissent déjà de plein fouet les effets du dérèglement climatique."

Citation

"Comment vivez-vous le fait d'être le seul parti qui distribue des tracts lors de nos manifesta­ti­ons?"

Un élève à Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB

Ecolo, qui se "sent désormais moins seul" face au combat pour le climat, appelle à l'unité. "Aujourd'hui, nous avons besoin de tout le monde, que les responsables politiques bossent et qu'ils se montrent surtout ambitieux", a appelé Sarah Schlitz.

Le PTB pris en flagrant délit de récupération politique?
Avec son franc-parler et son accent prononcé, Raoul Hedebouw a séduit une bonne partie de son jeune public. Néanmoins, c'est bel et bien le PTB qui a dû encaisser l'attaque la plus virulente de la part d'un élève. "Comment vivez-vous le fait d'être le seul parti qui distribue des tracts lors de nos manifestations?", lance sans détour un jeune homme au Liégeois. "Nous sommes apolitiques!", hurle un autre.

Le PTB pris en flagrant délit de récupération politique? "On assume qu'à l'instar des jeunes Ecolo, les jeunesses PTB soient présentes dans le mouvement. En tant que parti de lutte, c'est notre rôle d'être présent au combat mais aussi de respecter le pluralisme, et pas l'apolitisme, du mouvement", s'est défendu Raoul Hedebouw.

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